Beyond the physical

Un enfant botte un ballon de soccer vers un filet

Au-delà de l’activité physique

Des chercheurs de l’Université de Nipissing enregistrent les conversations de jeunes athlètes pendant la pratique de leur sport et à d’autres moments pour mesurer les effets du sport sur leur développement
9 septembre 2019

Le sport fait partie de la vie de nombreux jeunes Canadiens et Canadiennes, que ce soit dans un contexte récréatif ou compétitif. En fait, les trois quarts d’entre eux pratiquent un sport organisé, pour la plupart dans une équipe. Mais quels sont les effets des sports d’équipe sur le développement personnel et social des adolescents?
    
C’est la question à laquelle tâche de répondre le chercheur Mark Bruner, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement des jeunes par le sport et l’activité physique et à la tête d’une équipe au laboratoire Groups for Youth Development (G4YD) de l’Université de Nipissing, à North Bay (Ontario). Avec son équipe, il tente de déterminer dans quelle mesure l’identité d’un jeune repose sur l’équipe sportive dont il fait partie, ainsi que la manière dont cette expérience façonne ses comportements, ses pensées et son développement. Pour trouver la réponse, Marc Bruner et ses chercheurs font appel à la puissance de la technologie.

Obtenir un portrait de la dynamique d’une équipe avec la technologie

Grâce au financement de la FCI, les chercheurs du laboratoire G4YD se sont procuré des iPod touch, des caméras et du matériel d’enregistrement, qu’ils utilisent pour mieux comprendre les interactions des athlètes avec leurs coéquipiers, leurs entraîneurs et leurs parents lors d’échanges sur le sport dans divers contextes sociaux. Pour le moment, les chercheurs ont fait l’essai de cette méthode auprès de sportifs et d’entraîneurs aux niveaux mineur et universitaire.

En octobre 2017, par exemple, ils ont utilisé leur matériel pour recueillir des données de joueurs (et d’entraîneurs) d’équipes de hockey peewees (11-12 ans) et bantams (13-14 ans), qui participaient à un tournoi à North Bay. Les trois joueurs ayant le plus fort sentiment d’appartenance à leur équipe et les trois joueurs ayant le plus faible sentiment d’appartenance ont reçu un iPod touch à garder sur eux toute la fin de semaine du tournoi. 

Une application installée sur les appareils a enregistré des bribes de conversations en route vers le tournoi, sur le banc pendant les matchs et sur le chemin du retour à la maison. Les chercheurs ont aussi filmé certaines séquences pendant le tournoi pour les comparer aux extraits audio.

« Les chercheurs s’appuient souvent sur des autoévaluations, des sondages ou des entretiens avec les athlètes après les événements, explique M. Bruner. Grâce à la technologie, on peut discrètement recueillir des données en temps réel qui nous permettent de mieux comprendre les interactions. »

Comprendre le rôle du sport dans le développement de l’identité sociale

Les recherches de M. Bruner reposent sur la théorie de l’identité sociale et observent l’influence de l’identité que les jeunes associent à leur équipe sur leur développement, leurs expériences et leurs comportements envers leurs coéquipiers et leurs adversaires. Les données recueillies par l’équipe de recherche auprès d’athlètes comme les participants au tournoi de North Bay s’inscrivent dans un vaste programme pour la promotion d’interventions qui, selon M. Bruner, « renforcent l’identité sociale et le sens moral ».

« D’après nos travaux, affirme le chercheur, le fait d’avoir une identité sociale forte au sein d’une équipe peut réellement entraîner des interactions et des comportements sociaux positifs. Toutefois, avant d’offrir des conseils aux entraîneurs, je crois que nous devons bien comprendre le milieu et déterminer les stratégies les plus efficaces pour offrir une expérience de développement vraiment positive aux jeunes. »

Donner aux entraîneurs et aux organismes sportifs des outils pour créer des expériences positives

John Couch est entraîneur au sein de l’Association de hockey des Trappers de North Bay et du district. Son équipe a participé à l’étude. Entraîneur depuis 25 ans, il affirme avoir toujours cru que le hockey ne se limite pas à ce qui se passe sur la glace. Il espère donc que les travaux de Marc Bruner élargiront les connaissances et entraîneront des changements positifs pour son sport de prédilection.

« Peut-être que nous serons plus conscients des raisons qui poussent les enfants à jouer au hockey et de l’importance d’en faire une activité amusante et créative, plutôt qu’une obligation imposée par les parents, explique M. Couch. Cette étude devrait nous amener à réaliser qu’en tant qu’entraîneurs, notre rôle ne se borne pas à enseigner le hockey sur la patinoire. »