Let it snow

Montagnes enneigées avec un lac à l’avant-plan

Ah! la neige...

Quel temps affreux! Affreusement chaud, en fait, selon des chercheurs de la University of Northern British Columbia qui étudient les précipitations neigeuses et les températures dans les monts Cariboo, en Colombie-Britannique.
29 novembre 2017

Pour bien des Canadiens qui s'apprêtent à affronter un autre hiver, une journée douce à 10 degrés Celsius en janvier est la bienvenue, mais à haute altitude, c'est le présage d'un effet inquiétant des changements climatiques. Voilà ce que Stephen Déry, atmosphériste à la University of Northern British Columbia, et son équipe ont observé sur un site isolé en 2007. Pourtant, la technologie dont se sert le chercheur pour mettre au jour des phénomènes météorologiques de ce genre pourrait aussi contribuer à en atténuer les conséquences.  

Avec son équipe, il a installé six stations météorologiques dans le bassin versant de la rivière Quesnel dans les monts de la chaine Cariboo, au centre nord de la Colombie-Britannique, pour mesurer la température de l'air, l'humidité relative, l'épaisseur de la couverture neigeuse, les précipitations et le vent. Peu après l'installation des quatre premières stations en 2006, une inquiétante tendance au réchauffement a commencé à se dessiner. Après avoir ajouté deux autres stations en 2010 et recueilli des données pendant plus de 10 ans, ils constatent que ces tendances se maintiennent, voire qu'elles s'aggravent.

*

À LIRE : Où s'en va la neige?

À la veille des Jeux olympiques d'hiver de 2010, un spécialiste de la neige sonne l'alarme depuis les sommets de la Colombie-Britannique.

24 février 2010

*

« Les épisodes de sècheresse se prolongent, et les vents forts, les tempêtes et des conditions généralement plus chaudes sont plus fréquents », explique le professeur Déry, qui a également constaté une diminution spectaculaire des précipitations neigeuses au cours des derniers hivers. « À la deuxième semaine d'avril, l'an dernier, il n'y avait plus de neige dans les vallées montagneuses à l'est de Prince George, dit-il. Normalement, c'est à cette période de l'année qu'il y a le plus de neige; il aurait dû y avoir quelques mètres au sol. »

Moins de neige dans les montagnes, explique-t-il, signifie moins d'eau de fonte dans les ruisseaux et les rivières, et comme la rivière Quesnel est l'un des principaux affluents du plus grand cours d'eau de la Colombie-Britannique, le fleuve Fraser, les conséquences sont lourdes. En outre, le fait que le sol exposé absorbe la chaleur du soleil, qui se serait normalement reflétée sur un tapis blanc, aggrave encore davantage l'effet d'une couverture de neige réduite. Le réchauffement est donc encore plus grand.

Les conséquences se font sentir sur les animaux, notamment sur les précieuses montaisons de saumons, le risque de feux de forêt augmente à cause de la sècheresse et de la foudre, et la qualité de l'eau pourrait être en péril si le volume d'eau diminue. D'autres changements météorologiques en haute montagne, comme des épisodes de pluie sur neige plus fréquents, augmentent le risque d'inondations soudaines, et les variations de température modifient les modèles d'avalanches.

La plupart des stations météorologiques étant installées dans des vallées et à proximité d'aéroports, les zones alpines ont longtemps été oubliées. Les stations de Stephen Déry financées par la FCI contribuent à combler cette lacune dans notre compréhension des changements climatiques en haute altitude.

En communiquant les données des stations météorologiques, l'équipe du professeur Déry renseigne les groupes chargés de la gestion des cours d'eau, de la gestion des incendies de forêt et de la prévision des risques d'avalanche. L'été dernier, pour élargir encore la portée de ces renseignements, son équipe a rendu les données de trois stations consultables en ligne en temps réel.