Une réponse à la lutte contre les changements climatiques

Le Canada devrait se fonder sur son approche de gestion de la pandémie pour garantir un avenir plus respectueux de l’environnement
1 décembre 2020

Au cours des derniers mois, la population canadienne a démontré qu’elle était capable d’innover, de se rallier à une cause commune et de faire œuvre utile. C’est au sein même de notre milieu universitaire que ce phénomène s’est manifesté le plus fortement grâce aux chercheuses et aux chercheurs qui ont concentré sans tarder tous leurs efforts à relever les défis posés par la pandémie. Venus de partout au pays, ces professionnels de différentes disciplines ont mis leur savoir et leur équipement à disposition des uns et des autres, mais aussi des entreprises locales. Que ce soit pour concevoir et fabriquer de l’équipement de protection ou mettre au point un remède ou un vaccin prometteur, chercheurs et entrepreneurs ont réussi à créer des partenariats fructueux. Le résultat constitue un véritable modèle d’innovation. C’est pourquoi il convient d’appliquer cette approche multidisciplinaire axée sur la collaboration à une autre crise mondiale en cours : celle des changements climatiques.

Comme il est indissociable de la santé de la population, l’environnement joue aussi un rôle essentiel dans la relance économique. L’humanité se trouve au centre d’un triangle dont les trois angles représentent la santé, l’environnement et l’économie. La pérennité dans cette zone repose sur la force de chacun de ses sommets. La santé et l’environnement forment la base du triangle qui soutient à son tour l’économie et vice-versa. De la même façon que nous avons consacré nos efforts à la santé humaine, nous devons continuer à prendre soin de la population. Ce faisant, il faut toutefois se soucier davantage du sort de la planète; ce qui aura pour effet de renforcer l’économie nationale et mondiale. 

Au fur et à mesure que nous nous focalisons davantage sur la crise climatique, nous voyons déjà se dessiner à l’horizon des partenariats prometteurs. Des femmes et des hommes de tout le pays mènent des recherches et collaborent avec petites et grandes industries et entreprises pour que notre infrastructure puisse résister aux changements climatiques, concevoir des batteries de longue durée destinées aux voitures électriques, réduire notre empreinte sur le secteur agricole et ainsi améliorer la sécurité alimentaire, et mettre au point des solutions qui produisent de l’énergie propre. Des entrepreneures et des entrepreneurs canadiens ont des idées et fabriquent des produits qui valent la peine d’être validés, et ils s’aperçoivent qu’ils peuvent s’adresser à des établissements locaux pour concrétiser leur vision et mettre leurs produits sur le marché. À titre d’exemple, une entreprise québécoise de bois d’œuvre de résineux a mis au point une gamme de produits de bois d’ingénierie à valeur ajoutée en partenariat avec un institut de recherche à but non lucratif, une initiative qui a permis d’offrir de nouvelles perspectives dans les domaines de la construction et de la conception de bâtiments durables, et ainsi d’accroître les revenus et les emplois.

Réunir entreprises et chercheurs afin qu’ils puissent concentrer leurs efforts sur ces enjeux constitue l’une des grandes forces du Canada, laquelle sera essentielle à la relance économique, mais aussi à la création d’un monde durable où les générations futures pourront s’épanouir. Nous progressons et devons être fiers des avancées qui ont jalonné notre parcours jusqu’à maintenant.

Pour tirer parti de ces réussites passées et trouver des solutions aux changements climatiques, il faut mettre en place des formations rigoureuses pour les chercheuses et les chercheurs, un savoir-faire qui favorisera la recherche et son utilisation, ainsi que l’infrastructure nécessaire à l’expérimentation et aux essais. Il faut encourager la collaboration entre les milieux d’affaires, l’industrie et les collectivités afin qu’ils appuient les acteurs de la recherche et créent avec eux des alliances. Ce faisant, il convient de se concentrer sur cette question fondamentale tout en adoptant une perspective mondiale.

L’environnement transcende les frontières, et nous devons faire appel aux meilleurs talents, au pays et à l’étranger, afin que ces experts transmettent leur savoir-faire et s’attaquent à ce problème qui a une incidence sur nos activités et nos moyens de subsistance. Car c’est en mettant l’accent sur l’expertise locale tout en conservant une perspective mondiale, et en veillant au bon niveau d’instruction d’une population dotée des outils et du savoir-faire nécessaires à l’utilisation des connaissances qu’il sera possible de travailler à l’unisson avec nos homologues du monde entier et d’atteindre ainsi les objectifs que nous nous sommes fixés.

Cela dit, le moment n’a jamais été aussi propice ni la nécessité aussi grande pour le Canada de démontrer la force de son esprit d’innovation. Le temps est venu de braquer les projecteurs sur nos esprits créatifs. Forte d’une riche tradition d’innovation et d’ingéniosité, chacune de nos collectivités dispose de chercheuses et de chercheurs ainsi que de dirigeants d’entreprise exceptionnels. Ensemble, nous pouvons veiller activement au bien-être de la population et à la protection de l’environnement.

Article tiré du supplément du journal The Globe and Mail de novembre 2020.