Les supergrappes : un jeu qui profite à l’économie canadienne

11 septembre 2017

Tandis que la saison de baseball entre dans sa pause de la septième manche, le moment est parfait pour tirer quelques leçons de ce jeu estival. Il est bien connu que la victoire nécessite une stratégie claire et un excellent esprit d’équipe. Pour gagner, il faut que chaque joueur exploite ses habiletés uniques sur le terrain, que chacun y mette son savoir-faire particulier, mais que tous travaillent à atteindre un même but.

L’initiative canadienne des supergrappes cherche à faire la même chose. Il s’agit d’un investissement audacieux de 950 millions de dollars dans des foyers d’innovation à grande échelle dirigés par l’industrie. Encourager les entreprises à investir en recherche et développement est une mesure à la fois intelligente et stratégique qui saura sans aucun doute attirer des chercheurs de talent, rassembler un nombre suffisant de partenaires ayant les mêmes objectifs et établir des relations de collaboration efficace entre la communauté de chercheurs et l’industrie,  et ce, tout en stimulant la croissance économique. Mais avant même de connaitre les résultats, il est primordial de dire clairement que la collaboration, la rigueur et la vigueur engendrées par cette initiative importante se poursuivront.

Presque tous les pays et la plupart des grandes entreprises comprennent qu’il faut soutenir l’innovation. De plus en plus, les équipes de direction adoptent l’innovation alors que les conseils d’administration commencent à en parler. Le Canada a bien fait d’accorder un poste à l’innovation dans son budget, un engagement qu’il a confirmé notamment par l’initiative des supergrappes.

Pour de nombreux groupes, le concours a été l’occasion de collaborer pour déterminer leurs forces et leurs besoins, dans l’optique d’atteindre de meilleurs résultats. Les participants placent la barre plus haut que jamais et tous les secteurs se rassemblent afin de mobiliser une expertise appréciable. Des réseaux de collaboration se tissent partout au pays. Bref, le Canada est déjà gagnant, sans que l’on connaisse les vainqueurs du concours.

Et même si tous les projets ne sont pas retenus,  l’important processus de soumission qui consiste à trouver des moyens de viser plus haut et à améliorer la collaboration est une réussite en soi, autant pour les établissements que les communautés concernées. Ceux qui ne reçoivent pas le financement demandé ne devraient pas perdre de vue les résultats attendus et plutôt poursuivre sur la lancée qui les a menés à former une grappe d’innovation.

Certains groupes ou certaines régions n’ont pas présenté de demande parce qu’ils n’avaient pas la taille suffisante ou n’avaient pas les ressources industrielles requises pour respecter les engagements financiers demandés. Ils ont toutefois le talent, l’imagination et les connaissances pour être des micrograppes. Des études et des rapports récents sur la reprise économique dans les régions en difficulté montrent que lorsqu’une communauté veut sortir de ce ralentissement économique, que le gouvernement offre des incitatifs, que des investisseurs locaux soutiennent collectivement un plan de développement et qu’une université, un collège, un institut de recherche ou un hôpital se met de la partie, il est possible d’attirer des investissements et de renverser la tendance. Chaque province et municipalité devraient faire appel à ses talents et à ses atouts pour renforcer les économies locales et régionales.

La voie la plus sure au succès national est l’augmentation du montant total investi dans la recherche et l’harmonisation de ses retombées avec les besoins de la société et les forces du Canada. C’est l’élément essentiel de la réussite des regroupements et des personnes, aux échelles municipale, régionale et nationale. Il faut aussi maintenir un climat pour que le meilleur talent de recherche du monde entier veuille se joindre à nos brillants chercheurs canadiens.

Par son initiative des supergrappes, le gouvernement du Canada définit le cadre de collaboration avec l’industrie et le financement accordé par cette dernière. Bientôt, tous les intervenants – provinces, municipalités, petites et moyennes entreprises et communauté de chercheurs – devront examiner les moyens d’atteindre la même vigueur et les mêmes résultats positifs partout au pays. Lorsque ce sera fait, les buts seront remplis et le Canada, prêt pour le grand coup.

Roseann O’Reilly Runte
Présidente-directrice générale
Fondation canadienne pour l’innovation

Cet article d’opinion a été publié sur le site Web du journal Ottawa Citizen le 6 septembre 2017.