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De la recherche au développement économique : la recette du succès

Il est maintenant temps pour le Canada de redoubler d’efforts et de se concentrer sur la croissance économique

La recette du succès n’a rien d’un secret à vrai dire. Ses ingrédients sont bien connus : du talent, des outils et des conditions propices. Heureusement, le Canada possède les trois.

Le monde entier est dans une course pour le premier ingrédient, le talent. Mais c’est une compétition que le Canada peut gagner haut la main. Cette année, c’est un nombre record de diplômés hautement qualifiés qui ont reçu leur diplôme d’une université, d’une école polytechnique ou d’un collège du Canada. Voilà qui constitue en soi un formidable atout pour le pays. Comme les baby-boomers quittent le marché du travail en grand nombre, toutes les entreprises s’arracheront ces diplômés hautement qualifiés.

Le talent, cependant, est nourri par l’instruction, et l’instruction ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Il faut des années de travail acharné et d’études sérieuses pour atteindre ses rêves. Il faut des investissements à long terme de la part des familles, des collectivités, des provinces et du pays. Nous sommes choyés de pouvoir compter sur des établissements réputés et dynamiques, des enseignantes et enseignants dévoués et des étudiantes et étudiants très motivés. Nous devons cultiver sans relâche cette ressource qui s’est enrichie au fil du temps.

Qui plus est, le bassin de cerveaux du Canada est bien profond et de grande qualité. Notre population est diversifiée et justement, notre potentiel augmente lorsque nous attirons des personnes de talent du monde entier qui apportent leurs points de vue et leur énergie à nos communautés et milieux de travail.

Également indispensables sont les outils, notamment les laboratoires, bibliothèques, incubateurs, fermes expérimentales, navires de recherche et banques de données. Les étudiants de premier cycle, les diplômés et les postdoctorants ont besoin d’équipement de pointe pour acquérir les compétences qu’elles et ils injecteront aux entreprises canadiennes qui se font concurrence sur les marchés nationaux et internationaux. Cette année seulement, 2238 postdoctorantes, postdoctorants, étudiantes et étudiants des cycles supérieurs, ont utilisé une infrastructure de recherche financée par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Il ressort aussi que 79 pour cent ont trouvé un emploi au Canada, dont 67 pour cent dans le secteur privé. 

Le Centre des sciences et technologies des microsatellites offre un bel exemple d’utilisation de ces bons outils pour favoriser la collaboration entre des chercheurs, chercheuses, étudiantes et étudiants et le secteur privé. Situé à l’Institut d’études aérospatiales de l’Université de Toronto, le centre s’est associé à GHGSat Inc., chef de file international dans son secteur. Cette société exploite une flotte de satellites de haute technologie qui suivent les émissions de gaz à effet de serre depuis l’orbite terrestre et fournissent des renseignements essentiels à la lutte contre les changements climatiques.

Parlons enfin des conditions propices au succès. Ce sont des milieux innovants qui inspirent de nouvelles façons de penser et de résoudre les problèmes. La zone DMZ de l’Université métropolitaine de Toronto en est un bon exemple. Elle rassemble des enseignantes et enseignants et des étudiantes et étudiants talentueux, ainsi que des entrepreneurs en quête de nouvelles idées.

Des installations comme les établissements du Réseau pour l’innovation dans la fabrication de pointe du Sud de l’Ontario (SONAMI), où les petites et moyennes entreprises de la province collaborent avec des équipes de recherche à la commercialisation d’innovations, servent également de modèles. 

À l’Université de Calgary, ce même esprit d’entrepreneuriat a attiré 504 millions de dollars en revenus de recherche l’an dernier, soit une augmentation de plus de 10 pour cent en une seule année. C’est dire à quel point la combinaison de personnes de talent, d’outils et de conditions propices produit des résultats importants.

Nous devons continuer à créer des espaces où les idées fusionnent pour générer de nouveaux modes de production et nouveaux produits, faire des affaires de façon inusitée et revitaliser nos communautés. Les entreprises et le secteur industriel doivent être intégrés aux espaces de recherche, et les chercheurs et chercheuses doivent être ancrés dans les communautés. S’il est une ressource qui peut faciliter ces connexions, c’est bien le Navigateur d’installations de recherche de la FCI. Consulté en moyenne 70 000 fois par année, ce répertoire en ligne comprend des installations réparties dans 28 secteurs d’activité. Il s’agit d’installations où il est possible, en lançant une idée, de tester des échantillons ou de mettre au point des prototypes.

La recherche et l’innovation ont mené et mènent toujours à la commercialisation et au développement technologique dont notre pays a besoin. Cultiver le talent, fournir des outils et des installations de pointe pour mieux enseigner et pour pouvoir expérimenter, et mettre en place les conditions favorables à l’union des milieux de la recherche et du développement économique : voilà notre recette du succès.

Cet article d’opinion de la présidente-directrice générale de la FCI, Roseann O'Reilly Runte, est paru à l’origine dans The Hill Times le lundi 9 mai 2022. Consultez le Navigateur d’installations de recherche, répertoire en ligne de la FCI qui met en relation les entreprises avec l’équipement de recherche et l’expertise dont elles ont besoin pour prospérer