Kicking butts

À vos marques, prêts, écrasez!

Un laboratoire d'exercice de l'Université Western Ontario espère aider les fumeurs à troquer le besoin de nicotine contre l'activité physique
1 janvier 2008
Des quelque cinq millions de fumeurs canadiens, nombreux sont ceux qui prendront la résolution de s’arrêter de fumer pour le Nouvel An. Pour la plupart, l’objectif sera extrêmement difficile à atteindre et, selon Santé Canada, il leur faudra environ trois tentatives avant de cesser pour de bon.
 

Que faire pour faciliter l’abandon du tabagisme ? kinésiologie à l’Université Western Ontario, à London, croit que remplacer cette mauvaise habitude par une autre plus saine, comme l’exercice, pourrait être la solution.

« Même les petites doses d’exercice aérobique contribuent à réduire le besoin de nicotine  », explique M. Prapavessis. Cela signifie que les fumeurs qui veulent « écraser » doivent élaborer un plan d’action comprenant des séances d’exercice régulières. Les travaux de M. Prapavessis montrent que la première étape consiste à commencer à faire de l’exercice avant même d’essayer de cesser de fumer. Il suggère que la date d’abandon soit prévue de quatre à six semaines après le début d’un programme d’exercice régulier supervisé. Il recommande également de combiner exercice, timbres de nicotine et services de consultation.

À l’Université Western Ontario, ces travaux de recherche sont actuellement appuyés par l’Exercise and Health Psychology Laboratory, un centre de 1 800 pieds carrés doté d’un gymnase qui ferait l’envie de n’importe quel club de santé. Le laboratoire comprend aussi cinq salles où les chercheurs peuvent observer et étudier la composition corporelle, l’activité physique et les données sur la condition physique, entreposer des échantillons de sang et de salive et mener des séances de consultation auprès des participants aux essais cliniques.

Les séances de consultation font partie intégrante du processus d’abandon du tabac. « Elles sont à la base des principes de modification du comportement, indique M. Prapavessis. Elles donnent aux participants les outils qu’il leur faut pour cesser de fumer et ne pas recommencer. »

Une autre stratégie d’adaptation importante consiste à éviter de considérer les rechutes comme des échecs. Les participants aux essais cliniques sont plutôt encouragés à en comprendre les causes et à canaliser leurs efforts pour revenir sur la bonne voie. Le stress est l’une des principales causes de rechute et l’exercice est un moyen bien connu pour combattre le stress. En associant l’exercice à la vie sans tabac, M. Prapavessis espère que les gens arriveront à remplacer le besoin de cigarettes par de petites doses d’activité physique, comme une courte marche à bonne allure.

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Le laboratoire mènera une étude sur l’exercice et l’abandon du tabagisme auprès de 60 femmes enceintes au printemps et, l’été suivant, auprès de 375 femmes n’attendant pas de bébé. « Le travail auprès des femmes enceintes montre à quel point la cigarette crée une forte dépendance. La plupart de ces femmes sont déterminées à cesser de fumer lorsqu’elles deviennent enceintes, mais, pourtant, bon nombre d’entre elles n’y arrivent pas », constate Therese Harper, étudiante au doctorat, qui collaborera à l’étude sur les femmes enceintes.

Ultimement, M. Prapavessis veut agir au-delà des programmes d’abandon du tabagisme assistés par l’exercice. « Nous allons effectuer une étude à long terme pour déterminer comment inciter les gens à commencer à faire de l’exercice, mais aussi comment les amener à continuer – ce qui pourrait se traduire par un abandon durable. »

En moyenne, toutes les 11 minutes, un Canadien meurt des suites d’une maladie liée au tabagisme. Fait tout aussi troublant, toutes les 10 minutes, deux jeunes Canadiens commencent à fumer.

Retombées

Selon Santé Canada, les fumeurs meurent en moyenne huit ans plus tôt que les non-fumeurs. En outre, la fumée secondaire tue chaque année un millier de Canadiens qui ne fument pas. Cela revient à dire que le tabagisme causera le décès prématuré de plus de 37 000 personnes cette année au Canada. En fait, les fumeurs courent deux fois plus de risques de mourir prématurément (avant 70 ans) que les personnes qui n’ont jamais fumé.

Des données scientifiques concluantes ont établi des liens entre la cigarette et quelque 25 maladies et problèmes de santé comme les crises cardiaques, l’hypertension artérielle et divers cancers. Pourtant, malgré les coûts exorbitants du tabagisme à l’échelle individuelle et nationale, nous n’avons toujours pas réussi à trouver un moyen infaillible d’aider les gens à cesser de fumer.

Heureusement, les conclusions initiales des recherches de Harry Prapavessis sont encourageantes et montrent que l’exercice pourrait effectivement aider les gens à cesser de fumer. Dans le cadre d’une récente étude qui a duré trois ans, M. Prapavessis et une équipe de chercheurs de l’Université d’Auckland et de l’Université Western Australia ont travaillé avec 142 fumeuses inactives de Nouvelle-Zélande. Dans cette étude, les femmes suivaient l’un des quatre programmes d’abandon du tabagisme suivants : exercice et timbre de nicotine, exercice seulement, consultation et timbre de nicotine, et consultation seulement.

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Le groupe qui faisait de l’exercice et utilisait des timbres de nicotine a obtenu les meilleurs résultats : 27 % des participantes étaient encore des non-fumeuses un an après la date d’abandon de la cigarette. Les données ont également révélé que l’exercice sans timbres de nicotine était l’approche la moins efficace ; la combinaison exercice et timbres de nicotine semble donc la plus prometteuse pour les recherches futures.

Ces résultats incitent les chercheurs de l’Université Western Ontario à poursuivre leur investigation afin d’établir, une fois pour toutes, la meilleure façon de cesser de fumer et de ne pas recommencer. « Ma grand-mère est morte à cause de la cigarette, et je veux être en mesure de donner quelque chose en retour aux personnes qui veulent s’arrêter de fumer », raconte Therese Harper, qui dirigera bientôt à l’étude de l’Exercise Health and Psychology Laboratory. Elle assistera M. Prapavessis dans un essai portant sur des femmes enceintes et visant à déterminer si l’exercice peut contribuer à réduire les symptômes de sevrage de la nicotine. Therese Harper, qui vit actuellement en Nouvelle-Zélande, a obtenu l’une des prestigieuses bourses de doctorat du pays appelées Bright Future Top Achiever Doctoral Scholarship. Elle souligne que le laboratoire d’exercice de l’Université Western Ontario est l’un des seuls du genre au monde. Elle a choisi d’y mener ses recherches parce qu’elle y disposait d’équipement et de ressources de pointe.

Ce laboratoire possède notamment un scanneur à absorptiométrie double énergie à rayons X qui permet d’analyser par balayage le corps d’une personne pour déterminer les proportions de gras et de masse maigre ainsi que la densité osseuse. Ces informations peuvent ensuite servir à mesurer les effets de l’exercice et de l’abandon du tabagisme sur la prise de poids et l’ostéoporose.

En attirant de brillants chercheurs comme Therese Harper, le laboratoire de l’Université Western Ontario se fait connaître et permet au Canada de rester à l’avant-plan de la recherche sur l’abandon du tabagisme. Étant donné que cesser de fumer peut réduire considérablement et même annuler les effets négatifs de la cigarette, les travaux menés dans ce laboratoire pourraient sauver de nombreuses vies.

Partenaires

L’Exercise and Health Psychology Laboratory de l’Université Western Ontario a des partenaires au Canada et en Nouvelle-Zélande. Monsieur Prapavessis a collaboré avec la Clinical Trial Research Unit de l’Université d’Auckland, dont les travaux portent sur les causes, la prévention et le traitement d’importants problèmes de santé, notamment les maladies et les troubles liés au tabagisme.

Au Canada, les membres du laboratoire de l’Université Western Ontario collaborent avec les chercheurs du Centre for Health Promotion and Rehabilitation de l’Université McMaster, qui apprennent comment aider les personnes ayant subi une lésion de la moelle épinière à rester actives physiquement. Monsieur Prapavessis pourra utiliser certaines de leurs conclusions pour aider les ex-fumeurs à continuer de faire de l’exercice après la fin de l’essai clinique.

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D’autres partenariats ont été établis, notamment avec l’Exercise Psychology Unit de l’Université de Toronto et, au sein de l’Université Western Ontario, avec le Canadian Strategic Training Program in Cancer Research and Technology Transfer et avec l’Exercise and Pregnancy Laboratory de la fondation R. Samuel McLaughlin.

Pour en savoir plus

Découvrez la mine de ressources et d’informations sur le tabagisme offertes par Santé Canada.

Appelez la ligne de renoncement au tabagisme de votre province.

Lisez le point de vue de l’Association pulmonaire du Canada sur le tabagisme et la santé.

Profitez du centre de ressources pour les campagnes médiatiques de lutte contre le tabac des U.S. Centers for Disease Control and Prevention (Site anglophone).