Forest station

Une station forestière

Des chercheurs étudient la forêt pour dépister les signes de graves problèmes
1 décembre 2002

Des chercheurs étudient la forêt de C-B pour dépister les signes de graves problèmes environnementaux.

Au moment où les Canadiens s'intéressent davantage au Protocole de Kyoto, des chercheurs de Colombie-Britannique grimpent aux arbres d'une forêt pluviale tempérée obtenir une meilleure perspective.

Il ne s'agit pas d'une activité récréative: ces scientifiques des Universités de Victoria et de la Colombie-Britannique tentent plutôt de comprendre la nature des problèmes environnementaux causés par le changement climatique. En fait leur travail dans les arbres et au sol aide les scientifiques du monde entier à mieux comprendre les effets de ce grave problème environnemental.

Les chercheurs tentent de déterminer le potentiel des forêts à agir en tant que puits de carbone, c'est-à-dire d'emmagasiner le carbone contenu dans le dioxyde de carbone (CO2) au cours du processus de photosynthèse. L'étude de ce phénomène est essentielle à la compréhension du changement climatique parce que le CO2 est le plus important gaz à effet de serre (GES) relié au changement climatique.

«Nos installations intéressent une gamme de scientifiques, d'environnementalistes et de gestionnaires forestiers qui désirent comprendre comment l'environnement forestier réagit à ces changements », explique le directeur du Centre de biologie forestière de l'Université de Victoria, Nigel Livingston. « Ces installations nous permettent aussi d'étudier le rôle que la forêt peut jouer dans le ralentissement du changement climatique en absorbant une partie du CO2 contenu dans l'atmosphère.»

Niché dans une forêt pluviale tempérée, le laboratoire forestier est situé près de Campbell River, à quelques heures de route au nord de Victoria. Cette forêt est le coeur d'un riche écosystème qui abrite une variété d'organismes vivants bien supérieure à ce qu'on retrouve dans les autres forêts du Canada. Sa situation géographique en fait un lieu de travail facile d'accès pour l'équipe de collaborateurs de Nigel Livingston, dont fait partie Andrew Black, du Groupe de biométéorologie et de la physique des sols de l'Université de la Colombie-Britannique.

Andrew Black étudie les mécanismes qui régissent le mode d'utilisation du carbone par la forêt. En collaboration avec d'autres chercheurs, il amasse des données à partir de trois stations microclimatologiques hautes de cinq à quarante-deux mètres.

Ces données sont aussi essentielles au développement de normes relatives aux «crédits de carbone», un concept selon lequel la production totale de carbone d'un territoire est calculée en tenant compte-entre autres facteurs-du niveau de carbone emmagasiné dans ses forêts. Ceci pourrait éventuellement aider les pays à développer des modèles de gestion et d'échange d'émissions de CO2 reliées au GES, tel que prévu dans le Protocole de Kyoto.

Les installations de Campbell River ont aussi l'avantage de permettre le prélèvement des données dans des zones forestières correspondant à différentes étapes de croissance: coupes à blanc, forêt âgée de 10 ans et forêt âgée de 50 ans. La capacité d'une forêt à absorber le CO2 varie selon son niveau de maturité. De façon générale, on peut dire que plus elle est ancienne, meilleure est sa capacité d'emmagasiner le CO2.

La richesse et la diversité biologique de ce laboratoire naturel est parfaitement exploitée grâce à des installations à la fine pointe du progrès auxquelles va bientôt s'ajouter un laboratoire mobile déplacé par un camion-remorque. Les chercheurs gagnent déjà un temps énorme en analysant sur place leurs échantillons au lieu de les expédier aux laboratoires de l'Université, comme c'était le cas au début des travaux.

Au fil des ans, le niveau de confort des chercheurs s'est aussi grandement amélioré. Une ferme-laboratoire, située à proximité et gérée par l'Université de la Colombie-Britannique, offre aux chercheurs la possibilité de passer une nuit confortable après une longue journée passée à grimper aux arbres.

Retombées

Les membres du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat des Nations Unis s'entendent pour dire que les gaz à effet de serre (GES), produits par la combustion de carburants fossiles comme le mazout et le charbon, ont largement contribué à l'augmentation de la température terrestre au cours du dernier siècle. Ce phénomène qu'on appelle changement climatique risque d'affecter nos conditions de vie de manière aussi radicale qu'imprévisible.

Le rejet de CO2 dans l'atmosphère est la plus importante cause de GES responsables du changement climatique. Les scientifiques et les décideurs qui examinent les moyens de gérer le CO2 pour ralentir ce changement climatique se heurtent cependant à un sérieux problème. «Il nous est impossible de mesurer la totalité du carbone présent dans le cycle global du carbone», affirme le directeur du Centre de biologie forestière de l'Université de Victoria, Nigel Livingston. Avec son équipe, il étudie le rôle que joue la forêt en tant que puits de carbone dans le cycle global du carbone.

Ces travaux pourraient être extrêmement utiles aux pays qui ont signé le Protocole de Kyoto. Cet accord international prévoit notamment l'allocation de crédits d'émissions de CO2 aux pays qui adoptent des mesures-comme le maintien des forêts ou le reboisement-visant à réduire leurs émissions totales de CO2. Mais puisqu'on ne comprend pas encore parfaitement le fonctionnement des puits de carbone, le système d'allocation de crédits reste en suspens. Les travaux effectués dans la forêt de Campbell River pourraient donc aider à combler cette lacune.

Partenaires

Le nouveau centre de recherche en bioarchéologie de l'Université Western Ontario est cofinancé par la Fondation canadienne pour l'innovation et le Fonds pour l'innovation de l'Ontario. Mis sur pied en 1999 par le gouvernement ontarien, ce fonds assure la disponibilité de capital de recherche destiné aux universités, hôpitaux, collèges et aux autres institutions de recherche de la province. L'Association des diplômés de l'Université Western Ontario participe également au financement du Centre par la voie d'une campagne de souscription.

La FCI et le Fonds pour l'innovation de l'Ontario ont pour but d'attirer et de garder dans les institutions de recherche des chercheurs compétents et visionnaires. Le nouveau centre de bioarchéologie permettra de créer une synergie entre les chercheurs, ce qui en fera un centre à l'avant-garde, sur le plan mondial, dans le secteur de la recherche en archéologie et en anthropologie.

«Le Conseil d'administration du Fonds pour l'innovation de l'Ontario est fier de soutenir des travaux de recherche aussi uniques et novateurs que ceux du Centre de recherche en bioarchéologie de l'Université Western Ontario», souligne le président du Fonds, M. Ken Knox. «Nous sommes particulièrement impatients de savoir ce que les résultats des recherches sur les civilisations passées vont nous apprendre sur la santé des populations du futur. En bénéficiant d'une infrastructure de pointe, de l'encadrement du Dr Nelson, d'une expertise internationale et des nombreuses autres ressources dont dispose le Centre, les chercheurs auront les atouts nécessaires pour déterminer l'importance de l'influence de l'environnement et de la nutrition sur la santé», conclut-il.

Pour en savoir plus:

http://www.biocap.ca//ngm/0205/feature5/zoom1.html (site anglophone)

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