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Une mise au point pour les organismes d’accueil canadiens

Étudier les services d’immigration du pays pour trouver de nouvelles façons d’aider les immigrants à s’adapter
23 mai 2014

Tous les ans, plus de 250 000 personnes quittent une patrie éloignée pour immigrer au Canada. Pour bon nombre d’entre elles ‒ en particulier celles qui viennent des trois principaux pays d’origine, soit les Philippines, l’Inde et la Chine ‒ le Canada s’avère un endroit déroutant et étonnant. « Bien souvent, les immigrants n’obtiennent pas l’information ni les services nécessaires pour les aider à s’établir avec succès », affirme Victoria Esses, psychologue et directrice du Centre for Research on Migration and Ethnic Relations à la Western University, à London, en Ontario. « En remédiant à cette situation, nous pourrions les aider grandement à s’installer et à intégrer la société. »

Pour examiner de plus près les questions de l’établissement et de l’intégration, Mme Esses et ses partenaires de recherche ont créé le projet Voies vers la prospérité, en collaboration avec le Conseil de recherches en sciences humaines, et sont en train de mettre en place un laboratoire de pointe de 1000 pieds carrés. Lorsque ce sera fait, cet espace pourra héberger un équipement permettant de mener et d’enregistrer des entretiens avec des immigrants et des fournisseurs de services du pays et d’analyser ces données confidentielles. Le laboratoire sera également doté de caméras vidéo et d’applications de production d’images professionnelles afin de réaliser des vidéos de grande qualité qui serviront à déterminer comment les immigrants répondent à différents types de messages.

La chercheuse et son équipe vont ainsi créer des vidéos contenant de l’information et des messages semblables à ceux produits par les organismes gouvernementaux et les services d’établissement pour aider les immigrants à s’adapter au mode de vie canadien. Ces vidéos diffèreront par un seul aspect : la formulation ou la transmission de l’information (par exemple, à partir de mots ou d’images). En présentant ces vidéos à des groupes d’immigrants de cultures différentes de la collectivité, il sera possible de mesurer leur efficacité.

« Dans le cas d’un projet comme celui-ci, l’équipement joue un rôle fondamental, explique Mme Esses. Il ne s’agit pas d’évaluer une théorie, mais des procédés très pratiques qui auront d’importantes implications dans la réalité. »

Mme Esses se penche sur des enjeux relatifs à l’immigration depuis plus de vingt ans. Elle a d’abord analysé les attitudes des Canadiens à l’égard des nouveaux venus avant de passer à des projets de recherche appliquée en vue de déterminer ce qu’on pourrait faire pour faciliter l’établissement et l’intégration en sol canadien.

La réussite de cette étude est importante pour l’ensemble du pays, avance la chercheuse, et en particulier pour certaines collectivités canadiennes. « Les immigrants doivent répondre aux besoins du marché du travail et remplacer la population dans divers centres, surtout les petites collectivités qui ont de la difficulté à attirer les gens. Il importe aussi de garder ces personnes chez nous. Il faut donc leur fournir les services dont elles ont besoin pour se sentir intégrées à notre société. »

Lorsqu’il est question d’immigration et d’établissement, Mme Esses et son équipe sont considérées comme des chefs de file dans la définition des facteurs qui donnent ou non les résultats escomptés. Les gouvernements du pays se fondent sur leurs conclusions pour évaluer les programmes actuels et en concevoir de meilleurs. En effet, le centre a récemment produit un rapport pour le compte de Citoyenneté et Immigration Canada portant sur les caractéristiques d’une collectivité accueillante, qui a été utilisé par le gouvernement fédéral et de nombreux organismes provinciaux d’immigration.

Selon la chercheuse, « les gouvernements investissent des sommes considérables dans les services d’établissement qui peuvent avoir des mandats différents. Jusqu’à maintenant, il n’existait aucun mécanisme pour évaluer ces services et cerner les facteurs essentiels à leur réussite. »

Grâce au nouveau laboratoire du centre, il sera possible de répondre à cette question qui compte aux yeux du gouvernement puisque le Canada doit rivaliser avec des pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour attirer les immigrants. « Nous devons trouver ce que nous pouvons améliorer, explique Mme Esses. La Nouvelle-Zélande et l’Australie possèdent des sites Web très détaillés pour aider les immigrants. Des études indiquent que ces derniers savent très bien se servir d’Internet. Nous analyserons donc les sites des provinces canadiennes et du gouvernement fédéral pour savoir ce qu’ils font pour transmettre de l’information aux immigrants. »

Premier affichage : 2 avril 2014