Clear cutting costs

Une coupe à blanc dans les coûts

La Semaine nationale de l’arbre et des forêts se déroule du 23 au 29 septembre - Des économies pour l’industrie forestière
24 septembre 2012

Les dernières années ont été difficiles pour l’industrie forestière. La hausse des coûts de l’énergie, du bois et de la main-d’œuvre, l’effondrement de la demande et la remontée du dollar canadien sont venus souffler la tourmente sur plus de 300 collectivités au pays dont près de la moitié de l’économie locale dépend de cette industrie.

Selon l’Association des produits forestiers du Canada, près de 87 000 emplois liés à la foresterie ont été perdus depuis 2006. Compte tenu du salaire moyen de plus de 50 000 dollars versé dans le secteur en 2010, les collectivités ne peuvent tout simplement pas perdre ces emplois bien rémunérés.

Des modèles mathématiques conçus par l’ingénieure commerciale Sophie D’Amours de l’Université Laval viennent à la rescousse de l’industrie. Les algorithmes visent à rationaliser la chaîne d’approvisionnement pour aider les gestionnaires à prendre des décisions plus éclairées et ainsi à réduire les coûts.

« Nous collaborons beaucoup avec l’industrie des pâtes et papier pour l’aider à planifier ses investissements, l’emplacement de ses usines et ses stratégies en matière de capacité, de produits et de distribution, dit l’ingénieure. L’enjeu consiste à prendre des décisions dans un marché plein d’incertitudes. »

Ce qui est certain, par contre, c’est que le recul des mises en chantier aux États-Unis (près de 80 pour cent du bois d’œuvre canadien est destiné à la construction domiciliaire américaine) et la réduction importante de la demande en papier journal ont nui à l’industrie.

Les travaux de Mme D’Amours et de son équipe démontrent que les entreprises qui suivent leurs modèles d’affaires peuvent, dans certains cas, abaisser leurs coûts de 20 pour cent. En collaboration avec des partenaires de l’industrie comme Kruger, Maibec et Domtar, l’équipe a analysé diverses pratiques commerciales, notamment les systèmes de coupe des rouleaux de papier afin de minimiser les pertes et de réduire les coûts d’entreposage et de transport.

Ils ont également conçu une plateforme Web permettant aux entreprises de travailler ensemble en vue de réduire le nombre de grumiers vides en circulation et d’établir les circuits les plus profitables à destination et en provenance des chantiers forestiers. Mme D’Amours estime que la plateforme à elle seule pourrait faire économiser aux entreprises jusqu’à 12 pour cent en coûts de transport.

« Il n’est vraiment pas facile de leur faire accepter cette façon de faire – les entreprises sont très réticentes à collaborer les unes avec les autres, dit-elle. Nous leur présentons donc plusieurs études de cas pour étayer nos affirmations. »

La Fondation canadienne pour l’innovation a financé certaines technologies utilisées par l’ingénieure. « Ce financement s’est avéré essentiel, affirme-t-elle. Nous avions besoin des serveurs, nous avions besoin du laboratoire. Nous devions être en mesure de visualiser les problèmes et les solutions. »

Bien qu’il soit important de rationaliser les pratiques courantes, l’ingénieure et son équipe se préoccupent également de l’avenir de l’industrie, notamment de la possibilité de recentrer l’industrie des pâtes et papier sur les biocarburants et autres huiles à valeur ajoutée – plus particulièrement les huiles produites à partir de rebuts de bois et autre matière brute entrant dans la composition des produits chimiques industriels comme les nettoyants et les lubrifiants.

Entre-temps, elle croit au potentiel de l’industrie.

« Le résultat dépendra largement du leadership de l’industrie et de sa capacité à attirer les meilleurs talents pour appuyer la transformation », estime-t-elle.