Big teams, big tests

Une collaboration et des essais de grande envergure

Plus de 200 chercheurs du Centre de recherche sur les infrastructures en béton (CRIB) développent et mettent à l’essai l’infrastructure de grande envergure dans des conditions environnementales véritables
29 mai 2014

Les ingénieurs de structure trouvent toujours de nouveaux moyens de construire l’infrastructure. En fait, c’est ce qu’ils font de mieux. Toutefois, lorsqu’ils collaborent avec des spécialistes du génie des matériaux, qui travaillent à l’échelle de la microstructure pour créer des matériaux de construction plus durables, ils peuvent faire des merveilles.

C’est ce type de collaboration fructueuse qui a donné l’impulsion nécessaire à la fondation du Centre de recherche sur les infrastructures en béton (CRIB). En mettant en relation des chercheurs provenant d’universités partout au Québec, le CRIB favorise les efforts menés en collaboration en mettant à leur disposition un lieu central où plus de 200 chercheurs — qu’il s’agisse d’ingénieurs civils ou géologues, ou encore de chimistes ou d’analystes du cycle de vie — peuvent élaborer ensemble de nouveaux outils visant à accroître l’espérance de vie de l’infrastructure ainsi que de nouvelles méthodes pour tester la durabilité à long terme.

Le CRIB héberge une installation d’essais de grande envergure à l’Université Laval, soit le laboratoire d’étude de la durée de vie des infrastructures. Ce laboratoire comporte trois salles distinctes pour simuler des conditions environnementales véritables, en particulier le cycle gel-dégel et l’exposition au sel qui affaiblissent le béton au cours d’un hiver typique canadien.

« Pour augmenter la durée de vie utile de ces structures, il faut étudier des échantillons de vastes dimensions, avance Marc Jolin, directeur du CRIB et professeur de génie civil à l’Université Laval. Même en examinant un très grand nombre de modèles, on doit, à un moment ou à un autre, comparer ces connaissances à des données expérimentales. »

L’installation est équipée de vérins et d’une presse tout usage pouvant supporter d’imposantes structures pendant que les chercheurs observent et surveillent les matériaux dans un environnement contrôlé. Selon M. Jolin, il importe de faire des tests concrets afin d’être en mesure de comparer les modèles et les données recueillies à partir des structures existantes avec les résultats provenant des expériences. « Pour connaître la charge maximale supportée par un pont, il suffit de monter la structure sur la presse et de faire un test », conclut le chercheur.

Cette approche pragmatique sous-tend toutes les recherches menées au CRIB. Elle reflète les multiples facettes qui caractérisent la plupart des projets d’infrastructure de grande envergure qui, pour réussir, doivent être abordés à partir d’une perspective multidisciplinaire et intimement liés à l’industrie pour répondre aux besoins concrets de celle-ci. En outre, le CRIB travaille en étroite collaboration avec Transports Québec en vue de tester et d’élaborer de nouvelles stratégies d’évaluation et de restauration de l’infrastructure. Ainsi, le Centre ne permet pas uniquement de promouvoir les innovations de grande qualité en matière d’infrastructure, il représente également un premier pas important vers une mise en commun de ces innovations avec des partenaires industriels.