Auto stress

Un secteur sous tension

Deux chercheurs de l'Université de Windsor mesurent l'ampleur du stress que peuvent subir les travailleurs de l'automobile
27 mai 2009

(Article fourni gracieusement par l’Université de Windsor)

Lorsque Chrysler a annoncé en mars la fermeture du troisième quart de travail à l’usine de fourgonnettes de Windsor et la mise à pied de 1 200 travailleurs, ce n’était qu’une mauvaise nouvelle de plus parmi l’avalanche qui s’est abattue sur la ville, où le taux de chômage atteint les deux chiffres.

Windsor est en quelque sorte à l’épicentre des déboires de l’industrie manufacturière ontarienne. Les travailleurs de l’automobile y vivent dans la crainte du lendemain depuis quelques années déjà.

Or, deux chercheurs de l’Université locale viennent de lancer une étude sur les effets psychologiques et physiologiques que pareille inquiétude peut causer à la longue, et sur la façon dont les gens s’en tirent.

Greg Chung-Yan et Fuschia Sirois ont mis en ligne un sondage afin de mesurer comment le stress affecte la santé et le bien-être des travailleurs chez les trois grands constructeurs. Ils espèrent obtenir la participation de 300 personnes environ, après quoi ils inviteront des volontaires à l’Université afin de pousser plus loin l’étude des effets physiologiques relevés.

Selon Fuschia Sirois, qui dirige le laboratoire de santé et de mieux-être de l’Université, le stress à forte dose peut engendrer divers problèmes comme l’insomnie, la dépression, les maladies cardiovasculaires. Chronique, il mine aussi la capacité de fonctionner au jour le jour parce que les victimes ont tendance à négliger les comportements salutaires, comme l’exercice et une saine alimentation, qui les aideraient justement à échapper à bon nombre de ces problèmes.

« Le stress perpétue un cercle vicieux, dit-elle. On voit de nombreux cas de surmenage, les gens commencent à se désintéresser du travail, de leurs collègues, de leurs passe-temps même. »

S’ils espèrent se faire une idée du genre de problèmes qui frappent les travailleurs, les deux chercheurs veulent aussi comprendre comment les plus anciens composent avec le stress inéluctable dans une industrie cyclique comme celle de l’auto.

« Certains d’entre eux doivent s’en tirer très bien, ajoute la chercheuse. Il sera utile de savoir quelle sorte de stratégies mentales ils emploient pour continuer de fonctionner normalement. Plus nous en saurons à ce sujet, mieux nous pourrons aider les autres qui s’en tirent moins bien. »