PET project for Parkinson’s

Un projet de TEP favori sur la maladie de Parkinson

L’importance de l’imagerie cérébrale s’accroît alors que les traitements des maladies neurodégénératives comme le Parkinson sont sur le point de devenir réalité
27 janvier 2014

Matthew Farrer, professeur de la University of British Columbia (UBC) et titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la neurogénétique et les neurosciences translationnelles, craignait l’accueil que réserverait une famille mennonite élargie de descendance néerlandaise, allemande et russe, à son exposé sur la biologie génétique et les mutations de l’ADN, en 2011, en Saskatchewan. Après sa présentation, les participants n’ont pas hésité à retrousser leurs manches pour lui donner des échantillons de sang. La collaboration de ce groupe ‒ et celle d’anciens mennonites de partout au Canada ‒ a permis de recueillir des données menant à une découverte fondamentale. La maladie de Parkinson, étonnamment élevée chez les mennonites, est causée par la mutation du gène DNAJC13.

Depuis, les mennonites ont contribué à faire progresser les travaux sur le Parkinson réalisés par M. Farrer en se rendant à la UBC pour se soumettre à une tomographie par émission de positons (TEP) qui produit une image tridimensionnelle du cerveau. Jon Stoessl, directeur du Pacific Parkinson’s Research Centre, et Vesna Sossi, physicienne et directrice de l’imagerie du programme de TEP de la UBC, ont également pris part à ces travaux qui visaient à trouver les causes du Parkinson et à développer un traitement. Ali Rajput, professeur émérite de neurologie de la University of Saskatchewan, a aussi joint ses efforts à ceux de ses collègues. Les chercheurs ont ainsi découvert d’autres mutations à l’origine du Parkinson, une maladie dont la prévalence s’accroît généralement dans une population vieillissante, selon M. Farrer.

La TEP constitue un outil important dans l’étude du Parkinson, une maladie incurable qui perturbe la production de dopamine, un neurotransmetteur du cerveau. Cette insuffisance entraîne de la raideur, des tremblements, de la difficulté à marcher, de la catatonie et des symptômes de dépression clinique. L’hôpital de la UBC est dotée de deux TEP conçues pour le cerveau humain ‒ dont l’un a été financé par la Fondation canadienne pour l’innovation ‒ de même qu’un micro-tomographe pour examiner le cerveau des rongeurs présentant des symptômes du Parkinson. La TEP est particulièrement utile à l’étude longitudinale du Parkinson, car elle permet aux chercheurs d’examiner la progression de la maladie chez les personnes asymptomatiques dont la production de dopamine dans le cerveau est atypique, un facteur qui indique la présence de la maladie. Ces connaissances vont nous aider à mieux comprendre la progression du Parkinson, affirme M. Farrer.

En conjuguant des données génétiques et l’imagerie médicale, les chercheurs peuvent également déterminer les autres systèmes de l’organisme touchés par le Parkinson et cerner les premiers processus neurochimiques atteints par la maladie, ce qui fournit des renseignements sur son origine. Selon Mme Sossi : « Il existe une synergie incontestable entre l’imagerie par TEP et la recherche en génétique. »