A stargazer's guide to the universe

Un guide de l'univers pour les astrologues

Des chercheurs de l'Université de Western Ontario révolutionnent l'observation des météores
13 août 2008
Attrapez une étoile filante et glissez-la dans votre poche… pas pour aujourd’hui, mais peut-être demain! Pour l’instant, le Meteor Physics Group de l’Université de Western Ontario (UWO) poursuit un ambitieux projet, celui d’enregistrer la moindre particule de poussière, le moindre grain de sable ou morceau de roche entrant dans l’atmosphère au-dessus du sud-ouest de l’Ontario, en vue de cartographier l’environnement météorique. Pour y arriver, le groupe utilise des technologies de pointe qui lui permettent de recueillir des données inédites – et qui pourraient lever le voile sur l’origine des planètes.
 

Quand des météores entrent dans l’atmosphère terrestre, ils voyagent à une telle vitesse qu’ils se désintègrent, ne laissant qu’une brève traînée d’électrons. Le Canadian Meteor Orbit Radar (CMOR) du groupe d’astronomes de l’UWO observe quelques milliers de traînées météoriques chaque jour. Bien que le radar ne voie pas vraiment les météores, il peut déceler leurs traînées, donnant ainsi aux scientifiques des données détaillées sur leur orbite, le lieu éventuel de leur écrasement au sol et leur composition.

Comme les météores sont des fragments de comètes et d’astéroïdes, ils contiennent des traces parfaitement conservées du système solaire depuis sa formation. Par conséquent, les données météoriques fournissent un aperçu précieux de la constitution de l’univers des temps anciens. « Les comètes et les astéroïdes sont les corps les moins altérés du système solaire, indique Peter Brown, chercheur principal en science des météores à l’UWO. Mais il est difficile d’aller dans l’atmosphère et de les étudier directement. Les engins spatiaux coûtent cher. Toutefois, on peut considérer les météores comme des échantillons de ces corps principaux. »

Jusqu’à tout récemment, il était impossible d’analyser un météore avant qu’il ne se désintègre. Maintenant, grâce à l’idée de génie du groupe de l’UWO qui a combiné une caméra vidéo haute résolution, un miroir et un télescope, ces chercheurs sont en mesure de recueillir des images absolument sans précédent des météores. Chaque seconde, la caméra enregistre 100 images du ciel, transmises à partir du miroir. Lorsque la caméra décèle un météore, elle déplace le miroir de sorte que le télescope puisse en faire un gros plan en quatre images – plus vite qu’il n’en faut pour cligner des yeux.

«Avec un télescope traditionnel, vous êtes chanceux si vous captez une occurrence par nuit, alors que nous enregistrons de 20 à 30 occurrences à l’heure, explique Margaret Campbell-Brown, spécialiste de la recherche sur les météores au sein du groupe UWO. Avec une telle quantité de données, enregistrée automatiquement, nous allons assister à une révolution dans notre façon d’observer les météores. »

« En réalité, nous pouvons entreprendre une mission de retour d’échantillons, sans avoir besoin de dépenser pour un astronef », poursuit Margaret Campbell-Brown.

Les échantillons de poussières météoriques peuvent aussi nous dévoiler des renseignements précieux sur le développement de notre planète et, peut-être même, sur les origines de la vie sur Terre.

« Bien des gens adhèrent à l’hypothèse selon laquelle les plus petites particules de poussière planétaires seraient la source principale des molécules organiques de la Terre, de déclarer Peter Brown. Ces particules formées il y a des milliards d’années peuvent maintenant être observées dans les météores. Si vous voulez étudier l’origine de la vie, vous devez comprendre l’incidence du bombardement de météorites sur la Terre », dit-il.

La compréhension de l’environnement météorique rejoint également des préoccupations plus immédiates comme la sécurité des aéronefs. Grâce aux données recueillies, l’UWO développe des modèles de la densité spatiale des particules météoriques et de la taille des météores dans l’espace, modèles que la NASA utilise ensuite dans la conception de ses aéronefs. « Les météores constituent, pour un véhicule aérospatial habité, le plus grand risque en orbite comparativement à tout autre facteur environnemental, fait valoir Bill Cooke, chercheur principal au Meteoroid Environment Office de la NASA, à Huntsville, Alabama. L’UWO est la seule ressource en Amérique du Nord possédant la compétence dont nous avons besoin. »

Bien que le nombre de météorites frappant la Terre ait beaucoup diminué comparativement à il y a plusieurs éons, notre planète continue d’être percutée régulièrement par un grand nombre de ces corps lors d’une pluie de météores. Les modèles d’environnement météorique de l’UWO ont permis de faire des prévisions de pluie beaucoup plus fiables. En fait, les prévisions de crêtes se calculent maintenant en minutes et non plus en heures, au plus grand plaisir des astrologues du monde entier qui peuvent dorénavant profiter pleinement du spectacle.