The great hope

Un grand espoir

Le jeune Sami Obaid, 17 ans, est monté sur le ring de la recherche dans l'espoir de mettre K.-O. la maladie de Parkinson et une foule d'autres maladies dégénératives
1 juillet 2005
 

Quand Sami Obaid a vu Christopher Reeves dans un fauteuil roulant pour la première fois, il s’est demandé comment Superman avait bien pu se retrouver dans une telle situation.

Plus tard, Sami s’est posé la même question en voyant le grand boxeur Muhammad Ali — celui qui « volait comme un papillon mais piquait comme la guêpe » — atteint par les effets débilitants de la maladie de Parkinson.

Grâce à sa curiosité sans borne et à l’aide du programme Expo-sciences de son école, le collège Regina Assumpta, à Laval, au Québec, ce jeune de 17 ans est monté sur le ring de la recherche dans l’espoir de mettre hors de combat la maladie de Parkinson et les troubles dégénératifs qui avaient vaincu ses idoles et affectent des millions de personnes dans le monde entier.

La maladie de Parkinson provoque des tremblements, une rigidité musculaire, des troubles de l’élocution et elle est parfois accompagnée de confusion mentale ou de démence. Elle est causée par une dégradation des neurones producteurs de dopamine. La dopamine est une substance neurotransmettrice (c’est-à-dire qui transmet les signaux du cerveau) du système nerveux qui entre en jeu dans les neurones responsables du contrôle des mouvements du corps. La maladie de Parkinson se caractérise par un déficit en dopamine dans le cerveau, ce qui se manifeste par des troubles moteurs.

Dans ce combat contre les maladies dégénératives, l’enjeu pour Sami était de trouver un angle d’attaque différent. Beaucoup de recherche a été et continue d’être menée sur ce phénomène. Il lui fallait donc trouver une approche innovatrice qui distinguerait ses travaux. Il l’a trouvée dans les écrits de la Chine antique. C’est en effet en consultant un livre sur les cellules souches qu’il est tombé sur une maxime chinoise vieille de plusieurs siècles : « Le cerveau est une mer de moelle. »

Après mûre réflexion, le jeune chercheur s’est attelé à trouver une façon d’atténuer les symptômes du syndrome parkinsonien en utilisant de nouveaux neurones provenant d’une source abondante : la moelle osseuse. Les Chinois avaient raison! On a déjà réalisé des études sur la production de neurones à partir de la moelle osseuse, mais l’aspect innovateur des travaux de Sami provient du fait que les neurones extraits de la moelle osseuse produisent de la dopamine.

Les recherches de Sami sont fort prometteuses et lui ont valu maintes distinctions. En 2005, son expérimentation « À la rescousse du Parkinson! » a franchi toutes les étapes de l’Expo-sciences pancanadienne. Il a représenté le Canada à Phoenix, en Arizona, en mai 2005 dans le cadre de l’Intel International Science and Engineering Fair où il a obtenu la deuxième place dans la catégorie médicale. Il a également remporté le premier prix du Défi Biotech Aventis à Montréal. En 2004, grâce à une autre expérience, il avait déjà gagné de nombreux prix dans le cadre du Défi Biotech Aventis et de l’Expo-sciences pancanadienne. De plus, il fait partie de l’équipe canadienne de l’Expo-sciences internationale au Chili en juillet 2005.

Bon nombre d’universités l’attendent à bras ouverts lorsqu’il aura terminé ses études secondaires. Il a en effet reçu des bourses de l’Université de Montréal, de l’Université Western Ontario et de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Cependant, Sami envisage des études à l’Université McGill. Depuis deux ans, ses recherches sur le Parkinson et les neurones ont été menées à l’Institut neurologique de Montréal, un centre de recherche de l’Université McGill, dans le laboratoire de la Dre Josephine Nalbantoglu, sous la supervision du Dr Nicolay Ferrari. « Je souhaite poursuivre mes études dans cet établissement, précise Sami. J’ai été très bien reçu à McGill. » Le Dr Ferrari espère que son protégé poursuivra ses études à McGill : « Un CV comme le sien ouvre toutes les portes. »

Sami est à ce point passionné par la science que lorsque le Conseil de développement du loisir scientifique du Québec lui a demandé de devenir coordonnateur du programme de promotion des sciences SMARTS (Student Mentorship Association Regarding Technology & Science), il a accepté sans hésiter. « Cette mission, je vais y faire honneur, raconte Sami. J’ai toujours voulu communiquer ma passion et initier d’autres jeunes Canadiens à la science. » Son travail consiste à aider les chercheurs en herbe québécois à trouver des laboratoires pour réaliser leurs projets de recherche.

Cependant, si vous croyez que Sami consacre tout son temps aux travaux de l’esprit, détrompez-vous : la culture physique et le sport occupent également une grande place dans sa vie. En plus de passer quelques heures par jour au laboratoire de la Dre Nalbantoglu, Sami est ceinture noire et médaillé d’or panaméricain en taekwondo, meilleur marqueur de son équipe élite de soccer et il pratique le golf et le tennis. C’est le sport qui l’a motivé à poursuivre ses recherches scientifiques au plus haut niveau possible.

Lorsqu’on lui demande comment il trouve le moyen d’exceller dans tout ce qu’il entreprend, il explique que la gestion du temps est la clef. « Je dois m’organiser à la minute près. » Il reconnaît que ses parents lui ont permis de maintenir ce rythme effréné en assurant son transport aux lieux où se déroulent les multiples activités auxquelles il participe. Ses parents jouent d’ailleurs un rôle primordial dans la poursuite de ses objectifs. La famille Obaid place l’éducation au centre de ses priorités. Sami et sa sœur peuvent compter sur le soutien inconditionnel de leurs parents lorsqu’il s’agit d’éducation. « Ils me disent souvent que l’éducation est le seul héritage qu’ils me lègueront. »

Parions que Sami Obaid saura tirer profit de cet héritage. Étant donné que de nombreuses universités canadiennes sont prêtes à l’accueillir, le jeune chercheur aura tout le temps de choisir l’environnement le plus approprié pour poursuivre ses recherches et peut-être un jour atteindre son objectif ultime : « Réaliser quelque chose de grand pour l’humanité. »