Paving the way to a PAR-fect discovery

Sur la voie d'une PAR-faite découverte

Une jeune inventrice sort des sentiers battus et transforme les résidus de plastique en un matériau de revêtement routier
31 juillet 2006
 

Rares sont les jeunes de 19 ans qui possèdent une carte d’affaires affichant le titre d’« inventeur », détiennent des brevets d’invention pour des technologies de pointe et comptent le maire parmi leurs amis. Remarquez, contrairement à la plupart des adolescents, Gina Gallant n’est pas du genre à consacrer ses temps libres à magasiner au centre commercial ou à regarder Musique Plus…

Il y a six ans, alors qu’elle passait en voiture avec sa famille par Cache Creek, en Colombie-Britannique — surnommée « Trash Creek » en raison de l’immense site d’enfouissement établi dans la municipalité — Gina a eu une illumination. Elle s’est dit qu’il serait peut-être possible d’utiliser les déchets qui s’accumulent actuellement dans les décharges pour construire de nouvelles routes.

À son retour à la maison, à Prince George, toujours en Colombie-Britannique, Gina a entrepris des recherches sur les techniques de construction routière respectueuses de l’environnement et a découvert que certains essais réalisés avec le verre et le caoutchouc avaient donné des résultats décevants. Elle a alors eu l’intuition que le plastique, qui occupe le tiers des sites d’enfouissement à l’échelle de la planète, était l’ingrédient requis. « Comme le plastique et l’asphalte sont tous deux à base d’hydrocarbures, je me disais qu’une liaison naturelle s’établirait », explique-t-elle.

L’invention d’un nouveau matériau de revêtement est une entreprise ambitieuse, mais pour Gina, ce projet n’est qu’un des nombreux défis auxquels elle s’est attaquée au fil des ans. Inspirée par son père, un technicien supérieur en chimie, et animée d’une grande curiosité, Gina a commencé à concevoir des inventions dès son plus jeune âge. En cinquième année, pour empêcher les craquelins de ramollir dans sa soupe, la jeune fille a mis au point une substance hypocalorique qui permet à un produit de rester à l’état solide dans une solution liquide durant dix minutes. Gina a surnommé sa formule secrète la substance « G ». En 1998, Jordan, le jeune frère de Gina, circulait à vélo quand il a été heurté par une voiture. Heureusement, il portait un casque — une décision qui lui a sauvé la vie et a amené Gina à inventer un casque protecteur muni de diodes électroluminescentes qui s’allument lorsque le casque est placé correctement sur la tête de l’enfant.

Toutefois, c’est lorsqu’elle a imaginé de convertir des pots de lait en matériau de revêtement routier que Gina a véritablement fait son entrée dans l’univers du partenariat scientifique. « Même si, au début, les gens me regardaient comme si j’étais folle », dit Gina. Elle a continué de proposer son idée à des entreprises canadiennes jusqu’à ce que ses démarches finissent par porter leurs fruits. Au début de 2002, elle s’est associée à Husky Oil, la société d’exploitation pétrolière où travaille son père. Elle y a appris comment combiner plastique et sable, granit et bitume fluide avant d’en arriver au mélange idéal. Appelé PolyAggreRoad, ou PAR, cette matière est constituée de 3% de plastique, 6% d’asphalte et 91% de pierre concassée.

Impatiente d’utiliser le PAR dans la vraie vie, elle s’est adressée au maire de Prince George, Colon Kinsgley, pour lui suggérer de mettre à l’essai le matériau. « Cette idée me semblait novatrice, puisque la nécessité de réduire les espaces d’enfouissement est un problème permanent », affirme-t-il. Comme emplacement d’essai, le maire Kinsley a choisi un tronçon de 500 mètres de la Cranbrook Hill Road, à Prince George.

Bientôt, diverses entreprises partenaires offraient leur collaboration à Gina. Ingenia Polymers de Calgary a accepté de fournir les granules de plastique recyclé ; la société internationale AMEC Earth and Environmental a prélevé des échantillons pour évaluer l’efficacité du PAR ; et Columbia Bitulithic, une entreprise locale de revêtement routier, a construit le tronçon de la route expérimentale. « Gina est une jeune femme déterminée qui a une bonne tête sur les épaules », témoigne John Cunningham, directeur régional de Columbia Bitulithic, à Prince George. « Nous lui avons dit que nous l’aiderions pour les travaux matériels, mais qu’elle devait guider nos employés tout au long du processus. Elle s’est montrée tout à fait à la hauteur de la tâche. Nous étions très impressionnés. »

Encore aujourd’hui, Gina continue de recevoir de nombreux honneurs de la part de la communauté scientifique pour son invention brevetée PAR : elle a remporté la médaille d’or de la Central Interior Science Exhibition en 2003, un prix de la Société des Canadiennes dans la science et la technologie et une troisième place en génie à la Intel International Science and Engineering Fair de 2003. Mais pour Gina, la vraie récompense réside dans le fait que trois ans après sa construction, son revêtement routier tient le coup sans aucun signe d’usure. De toute évidence, l’ingéniosité, la persévérance et des partenariats fructueux ont mis Gina sur la voie du succès scientifique.

Pour en savoir plus

Apprenez-en plus au sujet des inventions et récompenses de Gina Gallant :

« Science Hero: Gina Gallant » (Site anglophone)

« Teen Paves Way for Conservation » (Site anglophone)

« Street Smart: Inventor paves way to the future… » (Site anglophone)

Prix d’innovation Manning (Site anglophone)