Subir le temps qu'il fait ou agir ?

Subir le temps qu'il fait ou agir ?

Alysia Garmulewicz prescrit une bonne dose d'action et d'optimisme pour lutter contre les changements climatiques
1 mars 2007
À 16 ans, âge où la plupart des jeunes se préoccupent d’obtenir leur permis de conduire, Alysia Garmulewicz s’inquiétait plutôt des émissions produites par les automobiles et de leur effet sur le climat mondial. De nombreux jeunes Canadiens partagent cette inquiétude, mais ce qui distingue Alysia, c’est son optimisme résolu joint à la certitude qu’elle peut vraiment faire quelque chose pour améliorer le sort de la planète.
 

« Mon approche est passablement différente de celle du mouvement des jeunes écologistes actuel, dit-elle. Il ne suffit pas de se taper la tête contre les murs en accusant l’industrie pétrolière ou de lancer des pierres aux pouvoirs en place. Le vrai pouvoir commence lorsqu’on se dote de nouveaux modèles d’action, c’est là que ça devient passionnant. Il s’agit de se demander quel avenir nous voulons et comment nous pouvons l’obtenir, ensuite la créativité et l’innovation serviront de motivateurs. »

Cette approche a conduit Alysia à mettre sur pied la Changing Climates Environmental Society, un organisme à but non lucratif qui se consacre à cultiver de nouvelles attitudes envers les questions environnementales et qui pourrait bien modifier en profondeur les systèmes politique, économique et social en place. Pour elle, les jeunes doivent aller au-delà des gestes élémentaires, comme éteindre les lumières pour économiser l’électricité, et se lancer dans des projets de plus grande envergure.

Maintenant âgée de 19 ans et inscrite à un programme interdisciplinaire en sciences et en politiques de l’environnement à l’Université Carleton d’Ottawa, Alysia poursuit son travail à Changing Climates. Le groupe met en avant des concepts d’avant-garde dans des domaines tels que l’architecture et le design, où les effets peuvent être durables et avoir une grande portée.

Alysia insiste sur le fait que ces projets ne sont pas simplement des suggestions de débat; ils offrent un cadre pour un mode de vie que les jeunes d’aujourd’hui peuvent choisir en toute conscience. « L’attitude fondamentale est que le système dans lequel nous vivons n’est pas coulé dans le béton », ajoute-t-elle. Pour illustrer les possibilités, Changing Climates a organisé, en juillet 2005, la Conférence jeunesse sur les changements climatiques (YC3), à l’Université Royal Roads de Victoria, en Colombie-Britannique. En tout, 85 délégués de 14 à 23 ans sont venus y confronter leurs visions de l’avenir.

L’événement faisait suite à deux années de préparation de la part d’Alysia et du comité qu’elle avait formé. Avec l’appui de partenaires tels que Bell Canada, Environnement Canada, BC Hydro, Mountain Equipment Co-op, la Fondation David Suzuki et la Société géographique royale du Canada, les jeunes délégués de sept provinces et territoires canadiens, du pays de Galles, d’Écosse et des États-Unis ont passé trois jours à travailler avec un groupe de 20 conférenciers et mentors.

Plusieurs des participants ont quitté la conférence avec l’intention bien arrêtée de changer plusieurs aspects de leur vie, allant même jusqu’à détailler leurs divers engagements sur le site Web de YC3. Un jeune délégué a par la suite créé à Vancouver Eonfire, un réseau d’entrepreneuriat social animé par des étudiants. Eonfire a pour mission de rassembler des organismes sociaux et des chefs de file, et de sensibiliser le public par la présentation de documentaires et la publication de rapports de recherche.

Pour Alysia, un tel résultat vient concrétiser un objectif personnel qu’elle s’était fixé à l’âge de 15 ans au milieu de l’immensité glacée de l’Antarctique. C’est là qu’elle a pris conscience, avec d’autres étudiants de plusieurs pays, de la dure réalité des changements climatiques. Les experts avaient clairement établi que même une région aussi isolée que l’Antarctique pouvait être transformée pour toujours par les activités humaines. Elle a tiré de cette expérience une connaissance sensible des processus naturels touchés par le réchauffement climatique qui n’est pas près de s’effacer.

« L’Antarctique m’a complètement bouleversée, se souvient-elle. L’environnement qui vous entoure est tellement vaste, intact et merveilleux. De savoir que le réchauffement climatique était en train de transformer tout ça, et qu’un endroit aussi magique allait éventuellement disparaître, c’était vraiment dur à prendre. Dans ce sens, ce fut une expérience très motivante. »

C’est précisément pourquoi Alysia se consacre à mettre de l’avant des solutions réalistes, en s’attardant non pas à ce que conteste le mouvement écologiste, mais plutôt à ce que chacun d’entre nous peut faire. « Il nous faut vraiment définir ce combat en termes positifs, dit-elle. Il s’agit surtout de tendre la main, puis de trouver un terrain d’entente. »

Alysia puise de nouvelles énergies dans le lancement prochain de l’Année polaire internationale, pendant laquelle un comité aura pour principal objectif de susciter la participation des jeunes. Elle s’active déjà à aider ce comité à préparer une Conférence internationale de la jeunesse sur les pôles pour 2008, un rassemblement qui, espère-t-elle, permettra de bâtir de nouveaux ponts entre les chercheurs et les décideurs.

Pour en savoir plus

Pour découvrir le capitalisme naturel. (Site anglophone)