Getting ready for the big one

Se préparer au pire

L’étude des séismes survenus antérieurement aide les habitants de la Colombie-Britannique à se préparer en vue des prochaines catastrophes naturelles
9 janvier 2013

Bien que le tremblement de terre d’une magnitude de 7,5 qui a frappé la côte de l’Alaska le 4 janvier le 4 janvier 2013 n’ait généré que de faibles ondes de tsunami, le chercheur John Clague sait que ce même type de catastrophe naturelle pourrait frapper de nouveau, et de façon encore plus importante.

M. Clague, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les risques naturels et géologue à l’Université Simon Fraser, à Vancouver, affirme que des séismes de magnitude importante créant un immense tsunami, comme celui du Japon, sont survenus de façon récurrente tous les 500 à 600 ans, au cours des 10 000 dernières années. Le dernier grand tremblement de terre ayant ravagé la Colombie-Britannique s’est produit en 1700, ce qui signifie que le prochain séisme désastreux pourrait survenir à tout moment.

« Il y a de fortes chances qu’un tel phénomène se produise d’ici les 200 prochaines années, avance-t-il. Nous sommes incapables de prévenir les tremblements de terre et les tsunamis. Nous pouvons seulement élaborer des stratégies visant à mettre les gens à l’abri. »

M. Clague affirme que pour élaborer ces stratégies, il est essentiel de connaître l’ampleur des catastrophes naturelles qui se sont succédé. Les recherches menées par M. Clague s’apparentent au travail d’un détective. Il s’agit de trouver des indices sur les séismes et les tsunamis qui sont toujours « archivés » dans le sol. En effet, des traces des anciens tsunamis ont été préservées lorsque des vagues de sédiments océaniques ont déferlé sur les terres, notamment dans les lacs d’eau douce de basse altitude qui jalonnent la côte de la Colombie-Britannique. En creusant dans les sédiments, le chercheur et ses étudiants ont trouvé des couches de sable océanique renfermant des fossiles marins — une preuve irréfutable qu’une imposante vague océanique a un jour atteint ce lac. Ils ont ensuite pu déterminer à quel moment avait eu lieu la catastrophe en situant les fossiles dans le temps grâce à une technique de datation par le carbone.

« En rassemblant un nombre suffisant de renseignements de ce genre en provenance de partout sur la côte, il est possible de commencer à entrevoir l’empreinte laissée par le tsunami sur le paysage », avance le chercheur.

Fort de cette information, M. Clague tente de combler le fossé qui sépare les scientifiques et le reste de la société. « L’écart entre les connaissances détenues par les spécialistes des sciences physiques et le moyen de les mettre en œuvre dans le processus de prise de décision a toujours existé », observe le chercheur.

Le Centre for Natural Hazard Research de l’Université Simon Fraser organise donc tous les ans des ateliers destinés aux décideurs municipaux, régionaux et provinciaux afin de les « inciter à planifier », ajoute-il.

M. Clague, qui a immigré au Canada à la fin des années 1960 en provenance de sa Californie natale, a commencé à s’intéresser particulièrement aux tremblements de terre historiques alors qu’il travaillait à la Commission géologique du Canada. À l’époque, les scientifiques commençaient tout juste à se rendre compte que la probabilité que des séismes de magnitude importante surviennent sur la côte sud de la Colombie-Britannique était plus élevée que celle évoquée précédemment.

Le chercheur espère se concentrer davantage sur la prévention des menaces liées aux séismes de moindre magnitude – mais qui peuvent également s’avérer mortels – qui surviennent à proximité de la côte de la Colombie-Britannique, semblables au tremblement de terre qui a touché Christchurch, en Nouvelle-Zélande, l’année dernière. M. Clague affirme que de nombreuses petites lignes de faille géologique dans la région du Nord-Ouest du Pacifique demeurent inexplorées.

Selon le chercheur, « le prochain défi consiste à examiner attentivement les failles existantes afin de déterminer si elles contiennent une tension géologique qui pourrait être libérée à l’occasion d’un futur tremblement de terre. »