Science savvy

Les sciences à l'honneur

Parlons sciences met les élèves au défi pour leur donner la piqûre des sciences
24 juin 2009
Dernier tour de questions à
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Dernier tour de questions à l'Université Carleton
Isabel Deslauriers

Comment appelle-t-on une molécule d’ADN circulaire? Quelles sont les quatre interactions auxquelles sont sensibles les fermions? Pouvez-vous nommer le grand muscle qui, chez la tortue, exerce une pression sur les poumons? Et en quoi consistent exactement les fermions? Voici quelques-unes des questions auxquelles ont dû répondre les élèves de la sixième à la huitième qui se sont rassemblés en mai à l’Université Carleton, à Ottawa, pour participer au Grand défi scientifique.

L’organisme sans but lucratif Parlons sciences, qui vise à développer les habiletés scientifiques des enfants, organise cette rencontre pour initier les élèves aux merveilles des sciences et les motiver à choisir un jour une carrière dans ce domaine. Cette année, l’événement s’est déroulé dans sept universités à la grandeur du pays.

Au cours de la rencontre d’une journée qui a eu lieu le printemps dernier, 17 équipes composées d’un maximum de quatre élèves issus d’écoles primaires d’Ottawa ont pris part à plusieurs tours de questions – portant aussi bien sur la biologie que la psychologie, la chimie et les mathématiques – ainsi qu’à des concours d’activités. « Dans un premier bâtiment, nous devions affronter différentes équipes et répondre à des questions, puis nous nous sommes rendus dans un autre édifice pour réaliser des activités pratiques, raconte Rowan, 12 ans, de l’école publique Broadview. Nous avons particulièrement aimé fabriquer un appareil utilisant le code Morse. »

Au dernier tour, un meneur de jeu posait des questions aux dix équipes finalistes, dont les membres pouvaient se consulter avant de donner la réponse. C’est l’école élémentaire Henry Larsen qui a gagné grâce à sa connaissance de la profondeur moyenne des océans (réponse : 3,8 kilomètres).

« J’aime bien les applications pratiques des sciences et on s’aperçoit que la science, c’est amusant », ajoute Teddy, 12 ans, de l’école Broadview. C’est exactement le genre de commentaire que souhaite entendre Parlons sciences, puisque l’organisme compte faire du Grand défi scientifique un événement national au cours des prochaines années.

L'equipe gagnant avec enseignante à
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L'equipe gagnant avec enseignante à l'École Henry Larson Sally Speck
Isabel Deslauriers

Isabel Deslauriers, coordonnatrice nationale adjointe pour le Programme de partenariat Parlons sciences, indique que l’un des principaux objectifs de l’organisme est de rejoindre les enfants qui ne sont pas portés vers les disciplines scientifiques. « Cette manifestation s’adresse à tous les élèves, dit-elle, et notre mandat consiste principalement à montrer aux jeunes que la science constitue une composante importante de leur vie, qu’ils étudient ou non en sciences. »

Et les enseignants comme Sally Speck de l’école Henry Larsen, contribuent à transmettre ce message aux élèves. Avec ses collègues, cette prof de français et de sciences a déjà commencé à chercher des idées pour incorporer des activités scientifiques similaires dans le programme scolaire. « Nous voulons montrer aux élèves que la science est partout, explique-t-elle. Nous allons travailler fort pour intégrer les sciences dans d’autres matières, comme l’art et l’histoire. »

Durant le tour d’élimination, Kimberly Matheson, professeure de psychologie et vice-présidente, Recherche et International, à Carleton, a ressenti une grande humilité devant les connaissances des élèves et elle a avoué n’avoir pu se rappeler la réponse à l’une des questions en psychologie.

« Cela m’attriste de voir que tant d’universités ont du mal à attirer des étudiants dans leurs programmes de sciences », précise-t-elle. Toutefois, le Grand défi scientifique lui donne un regain d’optimisme à l’égard de l’avenir de la science au Canada, et elle croit que les choses sont en train de changer. « C’est un événement formidable. Il est si agréable de voir des jeunes s’intéresser aux sciences. »