Solving a molecular mystery

Résolution d'un mystère moléculaire

La compréhension du VIH-sida au plan moléculaire aide James MacLeod à répondre à de grandes questions
15 septembre 2006
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Des jeunes de partout au Canada en apprendront davantage sur le VIH-SIDA cette année dans leurs cours de sciences et de sciences de la santé. Ils découvriront notamment que plus de 40 millions de personnes vivent avec le VIH-SIDA. Cette prise de conscience a amené un étudiant à faire sa propre enquête afin de trouver un remède.

Après avoir appris comment le VIH affaiblissait le système immunitaire d’une personne dans un cours de sciences de la santé de 10e année, à l’école secondaire, James MacLeod a voulu en savoir plus et comprendre pourquoi le corps était incapable de combattre ce virus. Il a emprunté quelques manuels universitaires, qui n’ont pas suffi à assouvir sa curiosité. Il a eu tôt fait de s’apercevoir que pour trouver les réponses à ses questions, il allait devoir faire ses recherches lui-même.

Étudiant de la région d’Ottawa, James possédait de l’expérience en recherche, mais il savait qu’un projet de cette nature était plus complexe que tous ceux qu’il avait déjà réalisés. Il avait besoin d’équipement qui ne lui était accessible ni à l’école ni à la maison et, surtout, il avait besoin de conseils. Il a donc mis l’idée sur la glace.

Heureusement, cette situation n’a pas duré très longtemps. En 2005, il a assisté à l’Expo-sciences pancanadienne, où il a rencontré des personnes qui avaient réalisé leurs projets scientifiques dans des établissements de recherche grâce au Défi Biotech Sanofi-Aventis (DBSA). Il a immédiatement décidé d’y participer lui aussi.

Avec l’aide de son directeur, de son conseiller d’orientation et du coordonnateur pour la division Est de l’Ontario du DBSA, le garçon de 16 ans s’est retrouvé dans les locaux de l’Institut de recherche en santé d’Ottawa (IRSO), sous la supervision d’Angela Crawley.

Sa première mission consistait à mieux comprendre l’immunologie — un sujet qu’il n’avait pas étudié à l’école secondaire. « Il demandait des explications jusqu’à ce qu’il finisse par comprendre », se souvient le Dr Crawley. James a ensuite entrepris sa recherche sur une molécule nommée CD127.

Pour les chercheurs qui s’intéressent au VIH-sida, la molécule CD127 présente ceci d’intéressant qu’elle se trouve à la surface des lymphocytes T — les éléments constitutifs du système immunitaire. Le rôle de la molécule CD127 est de détecter l’interleukine 7, une hormone qui envoie des signaux de survie aux lymphocytes T afin d’encourager leur reproduction et leur croissance. Lorsque les niveaux d’interleukine 7 dans le corps sont trop élevés, le nombre de molécules CD127 diminue. Par conséquent, le corps ne sait pas qu’il doit produire plus de lymphocytes T et le système immunitaire est affaibli. Les chercheurs, dont James, essaient de comprendre pourquoi cela se produit afin de trouver un moyen de renverser le processus.

Pour résoudre ce mystère moléculaire, James s’est penché sur la composition génétique de la molécule CD127. Dans le cadre de ses travaux, il pourrait fort bien avoir découvert un indice qui contribuera à mieux comprendre la régulation du système immunitaire et, par conséquent, à trouver des moyens pour que le corps puisse combattre le VIH-sida. James a établi un lien entre les molécules CD127 et l’ARNm (une copie de l’ADN, qui transmet aux cellules de l’information sur la manière de produire des protéines précises); l’ARNm fait diminuer la production de molécules CD127 lorsque les niveaux d’interleukine 7 sont élevés. « Cette découverte, explique James, indique qu’il est peut-être possible de diminuer ou de prévenir la perte de molécules CD127 à la surface des lymphocytes T. »

Ses recherches lui ont valu divers prix, notamment une première position dans le cadre de l’édition 2006 du Défi Biotech Sanofi-Aventis national. Il a également reçu des éloges de Mme Crawley, qui estime que James possède les qualités dont a besoin un jeune chercheur pour réussir dans le monde quelque peu « intimidant » de la recherche : patience et persévérance.

Avec d’aussi nombreuses réalisations à son actif et l’intention de faire un doctorat, James est sur la bonne voie pour élucider plusieurs autres mystères qui pourraient mener à des découvertes déterminantes pour sauver des vies.

Pour en savoir plus

Pour plus d’information sur le VIH-sida, visitez le site du Global Health Council. (Site anglophone)