Reducing noise pollution

Réduire la pollution par le bruit

Un ingénieur rend le monde un peu plus silencieux
11 octobre 2012

L’exposition constante à des bruits industriels peut engendrer une myriade de problèmes de santé – les difficultés de concentration, les maux de tête, l’hypertension et les pertes auditives ont tous été liés à la pollution par le bruit.

Grâce aux travaux du chercheur Alain Berry, il devient possible de réduire la surcharge auditive produite par notre société industrielle, particulièrement les bruits de la circulation aérienne et automobile.

« Les transports constituent la principale source de bruit à l’échelle mondiale et le phénomène prend de l’ampleur année après année – la puissance sonore augmenterait de l’ordre d’un décibel par année selon certains auteurs », indique l’ingénieur en mécanique de l’Université de Sherbrooke. M. Berry recherche l’origine et la cause du bruit et la façon de le réduire à l’aide d’ondes sonores qui en s’opposant au son irritant ont pour effet de l’annuler.


Série de microphones Préamplificateurs

Dans une maquette d’un jet de Bombardier, 80 microphones conçus à l’Université de Sherbrooke enregistrent les sons provenant des vibrations du fuselage.

Le « contrôle actif » est une technique d’intervention relativement nouvelle pour créer le silence.

« Comparons le bruit à des vagues à la surface de l’eau, dit l’ingénieur. Si nous voulons réduire les vagues, nous produisons d’autres vagues exactement à l’opposé et nous les mettons en contact. Nous arrivons ainsi à créer une surface très calme. »

Une des principales sources de bruit interne dans les avions provient des vibrations du fuselage qui se transmettent dans la cabine et le poste de pilotage. En plaçant stratégiquement une série de vibreurs (petits haut-parleurs vibrants), le chercheur arrive à créer des ondes sonores superposées qui ont pour effet de neutraliser le bruit.

Bombardier inc., dont le siège social est situé à Montréal, s’est intéressé à ses travaux après une visite au Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie (CIRMMT) à l’Université McGill où le chercheur a mené certaines de ses études. Financées en partie par la Fondation canadienne pour l’innovation, les installations équipées de microphones très sensibles ainsi que de matériel et de logiciels de pointe permettent à l’ingénieur de simuler des bruits industriels, d’analyser les ondes sonores et de tester des systèmes de contrôle actif.

Au cours des quatre dernières années, le chercheur et son équipe ont travaillé en collaboration avec Bombardier afin de reproduire l’expérience acoustique réelle d’un passager d’un jet privé conçu pour réduire au maximum l’impact sonore.

Pour ce faire, ils ont d’abord enregistré les sons produits dans la cabine d’un véritable jet CRJ de Bombardier au moment de la circulation au sol, du décollage, du vol et de l’atterrissage. Ils ont ensuite simulé ces mêmes sons dans la maquette d’une cabine de CRJ au CIRMMT et ont utilisé de petits vibreurs pour annuler les sons.

Bombardier a l’intention d’intégrer la simulation acoustique à sa stratégie de vente.

« Dans ce marché, le confort représente un élément vraiment important, explique le chercheur. Les gens sont prêts à payer cher pour avoir du confort. Et de plus en plus, une cabine silencieuse fait partie des exigences. »