Tiny particles, big questions

Une photo de nanoparticules d’argent réunies en un bloc grossier bleu et vert à forme irrégulière saupoudré de petits points jaunes dispersés sur la surface.

Petites particules, grandes questions

La plus grande présence de nanoparticules dans les produits de consommation entraîne des chercheurs à comprendre ce qui se passe lorsqu’elles se diffusent dans l’eau
23 juin 2015
Un cliché aérien d’une demi-douzaine de lacs disséminés sur un territoire recouvert d’une forêt verte.
Le mouvement des nanoparticules d’argent dans l’eau, puis au fur et à mesure que celles-ci sont absorbées par les sédiments, le plancton, les insectes, les poissons et diverses créatures fait l’objet d’une étude au Lac 222 (au premier plan) de la région des lacs expérimentaux, en Ontario.
Mention de source : Marguerite Xenopoulos, Trent University

L’essor des particules de synthèse constitue l’une des plus grandes tendances technologiques des quinze dernières années. Habituellement plus petites qu’un virus, ces minuscules particules peuvent être programmées pour apporter directement des médicaments anticancéreux à une tumeur ou éliminer les polluants des lacs. Elles servent aussi à la mise au point des ordinateurs ultrarapides. Aujourd’hui, les nanoparticules sont présentes dans des milliers de produits de consommation. Les nanoparticules d’argent, par exemple, possèdent des propriétés antimicrobiennes et se retrouvent parfois dans les chaussettes, les chaussures, les planches à découper et les biberons.

Toutefois, même si les nanoparticules semblent offrir des avantages infinis à la société et que l’industrie consacre des milliards de dollars à leur fabrication, relativement peu de recherches se sont penchées sur leurs risques éventuels. À titre d’exemple, des nanoparticules d’argent contenues dans les chaussettes, les vêtements ou les biberons sont évacuées dans les égouts pendant le lavage et pénètrent ainsi le système d’approvisionnement en eau. Elles sont suffisamment petites pour traverser les membranes cellulaires, mais nul ne sait de quelle manière ces nanoparticules capables de tuer des bactéries touchent les réseaux alimentaires aquatiques, ni combien de temps elles persistent dans l’environnement.

Depuis trois ans, Marguerite Xenopoulos, professeure de biologie à la Trent University, tente de répondre à des questions de cette importance dans le Lake Ecosystem Nanosilver Project, mis sur pied dans la région des lacs expérimentaux, au nord de l’Ontario. Ce projet consiste à relâcher une quantité précise de nanoparticules d’argent dans un des lacs et de suivre leur mouvement dans l’eau, puis au fur et à mesure que celles-ci sont absorbées par les sédiments, le plancton, les insectes, les poissons et diverses créatures.

Il est essentiel de mieux comprendre le cycle de vie des nanoparticules dans les écosystèmes aquatiques afin d’aider les gouvernements dans l’élaboration de politiques sur la fabrication, l’utilisation et le rejet de ces matériaux. Il s’agit aussi d’un facteur crucial pour protéger l’environnement et la santé humaine.

« Si les nanoparticules s’avèrent potentiellement dangereuses pour le milieu aquatique, peut-être devrions-nous songer à en freiner l’utilisation, explique Mme Xenopoulos. En ce moment, la plus grande préoccupation concernant les nanoparticules est sa part d’inconnu. »

Légende de la photo principale : Les nanoparticules en argent apparaissent en jaune.

Mention de source : Investigación y Desarrollo

Cet article a été publié à l’origine en juin 2014