This is not your grandma’s mammogram

Pas tout à fait la mammographie de votre grand-mère!

Grâce aux progrès réalisés en matière de mammographie au cours des trente dernières années, les patientes atteintes du cancer du sein bénéficient d’un pronostic plus favorable
27 janvier 2014

Des décennies avant que la pellicule photographique ne soit remplacée par les appareils photo numériques, Martin Yaffe et son équipe de chercheurs du Sunnybrook Research Institute, à Toronto, en Ontario, s’attardaient déjà à mettre au point une technique de mammographie numérique afin de concevoir un outil de dépistage du cancer du sein plus exact et efficace que le film radiographique traditionnel. Un dépistage précoce de la maladie signifie souvent pour les femmes souffrant du cancer du sein ‒ le type de cancer le plus répandu chez les Canadiennes ‒ un pronostic plus favorable. Cependant, la mammographie sur film radiographique en usage jusqu’en 2005 n’était pas assez sensible pour dépister tous les cancers du sein chez toutes les patientes. À titre d’exemple, les femmes ayant un tissu mammaire dense pouvaient souffrir d’un petit cancer qui n’était pas visible lors de ces examens.

À l’instar de la photographie numérique, la mammographie numérique produit des images à haute résolution que les médecins peuvent manipuler et analyser en vue d’assurer le dépistage précoce du cancer du sein ou d’une tumeur maligne qui autrement passerait inaperçu. Aujourd’hui, en partie grâce aux travaux réalisés par M. Yaffe et son équipe, plus de 80 pour cent des mammographies subies par les Canadiennes sont numériques.

À l’heure actuelle, l’équipe de l’institut Sunnybrook se penche sur la tomosynthèse mammaire numérique, une technique de la prochaine génération qui permettra de poser un diagnostic précoce en cas de cancer du sein. Cette technique de mammographie en 3D produit des tranches d’image du tissu mammaire, semblable à un tomodensitogramme. « En étant en mesure d’observer chacune des couches de tissu, les médecins et les chercheurs pourront détecter les cancers cachés par les tissus environnants. », affirme M. Yaffe. Le chercheur et son équipe vont bientôt entreprendre des essais cliniques afin de démontrer que la tomosynthèse permet de poser des diagnostics plus justes que la mammographie numérique.

Afin de mettre ensemble tous les résultats de ces travaux révolutionnaires, M. Yaffe a bénéficié d’une contribution de la Fondation canadienne pour l’innovation en vue de créer une base de données, appelée biomatrix, qui contient de l’information sur le cancer du sein. Depuis plus de cinq ans, celle-ci héberge toutes les données relatives aux anciennes et aux nouvelles patientes, des mammographies aux échantillons de tissus mammaires en passant par leurs antécédents pharmacothérapeutiques. Une telle collecte de renseignements est essentielle pour aider les chercheurs à établir des corrélations entre les caractéristiques physiques des images et les échantillons de tissus analysés et les divers types de cancer. « Cette base de données doit dorénavant servir à orienter la prestation des soins de santé et la recherche médicale, pense M. Yaffe. Il y a une telle quantité de renseignements sur le parcours d’une patiente, depuis la pose du diagnostic jusqu’au traitement. Nous voulons utiliser cette information pour cerner les marqueurs biologiques en cause, et ainsi nous assurer que le traitement convient bien à la maladie afin que la patiente puisse bénéficier d’un traitement approprié qui présente les meilleures chances de réussite. » Cette innovation a une incidence sur la santé et son économie, car elle permet d’économiser temps et argent qui auraient autrement été consacrés à traiter des patients.

Le modèle de la base de données est maintenant appliqué à d’autres types de cancer, comme celui des ovaires et de la prostate, et pourra possiblement être utilisé dans diverses disciplines. Éventuellement, il serait aussi possible de collaborer avec l’industrie afin de mettre au point des médicaments. En effet, à partir de l’information de la biomatrix, on pourra déterminer les cancers qui répondent favorablement à certains médicaments en particulier. En fin de compte, grâce à un diagnostic précoce et à un traitement approprié, les patientes atteintes du cancer du sein seront moins anxieuses, auront droit à des soins améliorés et la chance de jouir d’une meilleure santé.

Mention de source : Barco

VOUS POURRIEZ ÉGALEMENT ÊTRE INTÉRESSÉ PAR :