'UNO' you want it

Numéro 'UNO'

Le jeune Ben Gulak, qui aspire à fréquenter le MIT, met au point un véhicule à deux roues écologique, puissant et indéniablement génial!
24 juillet 2007
 

Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il n’existe pas, sur le marché, davantage de véhicules qui allient technologies haut de gamme, respect de l’environnement et allure d’enfer ? Eh bien, vous n’aurez plus à vous poser la question. Du haut de ses 18 printemps, le jeune Ben Gulak, de Milton, en Ontario, « met toute la gomme » pour créer exactement cela : un véhicule à deux roues écologique, puissant et au look si accrocheur qu’il donnera instantanément l’envie d’en posséder un.

Inspiré par un voyage en Chine qui, en 2006, lui a permis d’observer de près les répercussions que pouvait avoir une explosion du nombre de véhicules automobiles sur la qualité de l’air, Ben s’est attaqué à la mise au point d’un prototype de véhicule à deux roues novateur, l’Uno. « Pendant tout le temps que j’ai passé en Chine, je n’ai pas vu le soleil une seule fois, car le ciel était constamment obscurci par le smog », indique-t-il. Ben a alors réalisé l’urgence de mettre au point de petits véhicules personnels sans danger pour l’environnement, attrayants et plus puissants qu’une bicyclette ou un Segway.

Ben a compris que le succès de l’Uno comme véhicule écologique reposait sur son pouvoir de séduction : il fallait que chacun puisse s’imaginer au volant de cet engin. « Il était primordial que ce véhicule puisse s’intégrer tout naturellement au style de vie des gens », explique-t-il. C’est pourquoi la conception de l’Uno mise autant sur son style que sur sa fonction et c’est la raison pour laquelle le véhicule conjugue l’énergie propre qu’est l’électricité à la maniabilité d’une moto traditionnelle, bien qu’il s’en distingue par son style audacieux. En fait, le prototype motorisé ressemble moins à une moto qu’à un monocycle avec ses deux roues disposées côte à côte — plutôt que l’une derrière l’autre comme sur une moto traditionnelle. L’Uno pourra par ailleurs atteindre une vitesse de 60 kilomètres à l’heure.

L’une des expériences les plus gratifiantes que Ben ait vécues pendant la construction de l’Uno a été de pouvoir recycler, pour les fins de son propre projet, du métal provenant de la dernière invention mise au point par son grand-père, maintenant décédé. Ingénieur et inventeur-né, « Opa » Werner Poss a passé d’innombrables heures à se creuser les méninges et à travailler à des entreprises techniques complexes en compagnie de Ben. « Lorsque j’étais plus jeune, je travaillais constamment à divers projets avec mon grand-père, à fabriquer des petits trains en bois et des choses du même genre, se remémore Ben. Lorsque j’y songe, je crois bien que j’ai toujours éprouvé un intérêt pour les modes de transport écologiques. »

À sa mort, en 2004, Werner Poss a légué à Ben son atelier et tout ce qu’il contenait. « Sans sa générosité, je n’aurais pas eu les ressources nécessaires pour poursuivre mes travaux, explique Ben. Il m’a laissé un fabuleux héritage. »

Ben continue de faire honneur à son grand-père en s’attaquant à des défis plus complexes et plus novateurs, tels que la conception du véhicule Uno. Celle-ci met à profit une technologie de stabilisation dynamique comparable à celle exploitée par le Segway. « La façon dont l’Uno est conçu lui permet d’occuper peu d’espace sur la route, indique Ben. Et il se prête à une conduite plus intuitive que la motocyclette. »

L’Uno affiche un heureux équilibre entre prouesse technique et esthétique originale. La chose est difficile à croire, mais l’Uno, complètement électrique, est mû par des moteurs de fauteuil roulant. Le défi de Ben consistait à faire fonctionner des moteurs conçus pour une tension de 24 volts avec des piles de 36 volts. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pouvaient générer la puissance faisant de l’Uno un moyen de transport viable. La tâche n’a pas été simple. Lors des trois premiers essais, le moteur a pris feu.

Ben a ensuite fait appel à Veltronics Ltd, une entreprise de génie électrique de Brampton, en Ontario, qui a accepté de lui prêter main-forte. Avec son aide, Ben a mis au point la circuiterie nécessaire pour augmenter de 40 % la puissance des moteurs, un gain largement suffisant pour permettre à l’Uno d’atteindre des vitesses adaptées à la conduite en milieu urbain. Grâce au coup de main supplémentaire fourni par Motorcycle Enhancements de Oakville, en Ontario, qui a fabriqué pour l’engin un cadre en fibre de verre, et au soutien de son partenaire de recherche, Jason Morrow, un étudiant de douzième année de Hamilton, en Ontario, le premier prototype de l’Uno est maintenant prêt à prendre la route. Ben et Jason, lui aussi âgé de 18 ans, faisaient partie des 16 jeunes scientifiques du secondaire sélectionnés par la Fondation sciences jeunesse Canada pour représenter le pays en 2007 à la foire scientifique Intel ISEF (International Science and Engineering Fair), qui a eu lieu au Nouveau-Mexique en mai.

 

« L’Intel ISEF a toujours été une source d’inspiration pour moi, explique Ben. C’est ce qui m’a vraiment donné la piqûre de l’ingénierie. » Le jeune homme a participé pour la première fois à l’Intel ISEF alors qu’il était en neuvième année. Cette foire lui a fait réaliser que les notions apprises à l’école pouvaient réellement servir à solutionner des problèmes concrets et lui a aussi permis de donner libre cours à son génie créatif.

« Sa grande force à l’école a toujours été sa créativité, la persévérance venant tout de suite après », indique Brad Legault, le professeur de Ben en informatique et en mathématiques au Hillfield Strathallan College de Hamilton, en Ontario. « Pour Ben, il n’y avait jamais une seule façon de faire les choses, mais plusieurs avenues possibles pour atteindre son objectif. » Attiré par la philosophie du Massachusetts Institute of Technology (MIT), où théorie et pratique vont de pair, Ben a fait une demande d’admission auprès de cet établissement réputé. Il est maintenant sur la liste d’attente.

Dans l’éventualité peu probable où il ne pourrait intégrer le MIT à l’automne, Ben a déjà des solutions de remplacement. « Si je ne suis pas admis cette année, je poursuivrai simplement mes travaux sur l’Uno une année de plus et je referai une demande l’an prochain, affirme-t-il. Qui sait ce que nous réserve ce véhicule ? » On pourrait poser la même question au sujet de Ben.