Mission to Mars

Mission sur Mars

Des chercheurs canadiens tentent de déterminer la présence passée de vie sur la planète rouge
27 août 2012

Le plus récent astromobile de la NASA à s’être posé sur Mars début août, Curiosity, recueille des données susceptibles de démontrer la présence passée de vie sur la planète rouge. Et le Canada participe activement à cette mission.

Une équipe de chercheurs canadiens a conçu et fabriqué le spectromètre à particules alpha et rayons X (APXS) fixé au bras robotisé de l’astromobile qui sondera les roches et le sol martiens. De la taille d’une petite boîte de haricots, l’APXS est muni d’un petit fragment de roche terrienne qui servira de point de comparaison aux échantillons analysés par les chercheurs.

John Spray, directeur du Planetary and Space Science Centre à l’Université du Nouveau-Brunswick, soutient que cet éclat rocheux d’apparence anodine sera déterminant dans la mission scientifique. L’équipe a employé un microscope électronique à balayage financé par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) afin d’établir les constituants de la roche et mieux comprendre les conditions de sa formation. Les chercheurs s’en serviront pendant les deux années de la mission pour comparer le fragment aux échantillons martiens.

La mission étudiera l’évolution géologique de Mars puisque les roches et le sol contiennent des indices sur les environnements passés. Sur Terre, les scientifiques recherchent des composés carbonés, tels que des gisements houillers et des fossiles, pour découvrir la présence de vie. Or ces composés ne sont pas présents sur Mars. « Il est difficile de connaître les preuves de vie laissées sur Mars », ajoute-t-il.

La NASA a posé son robot Curiosity au fond du cratère Gale, une dépression de 155 kilomètres de diamètre d’où s’élève un mont de cinq kilomètres. Les couches sédimentaires successives qui ont formé la montagne constituent un véritable livre d’histoire. Les chercheurs espèrent que l’analyse de ces couches par Curiosity démontrera l’existence d’environnements propices à la vie il y a des milliards d’années, quand Mars jouissait d’un climat plus chaud, plus humide et plus hospitalier. « Le robot est en quelque sorte un géologue robotisé », affirme-t-il.

Lorsque s’amorcera le volet scientifique de la mission, John Spray et ses collègues examineront des compositions rocheuses transmises par Curiosity vers la Terre pour mieux comprendre l’environnement du cratère et peut-être même voir comment des formes de vie passées ont modifié les minéraux.

John Spray croit que ces missions spatiales transformeront la conscience humaine en soulignant que nous faisons partie d’un système naturel beaucoup plus vaste. « Je pense que nous finirons par trouver de la vie, conclut-il, sur Mars ou ailleurs. »