Prescribing safety

Mieux prescrire les médicaments d'ordonnance

2 mai 2007
Chaque année, près de trois quarts de million de Canadiens sont hospitalisés après avoir pris des médicaments d’ordonnance. En fait, au pays, la moitié des décès évitables serait attribuable aux effets secondaires de médicaments d’ordonnance.
 

Surdoses, réactions allergiques et interactions médicamenteuses indésirables, voilà quelques-uns des problèmes qui intéressent la Dre Robyn Tamblyn, épidémiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

Tamblyn a mis au point un système qui permet aux médecins d’établir et de transmettre leurs ordonnances vers une base de données centrale à l’aide d’un ordinateur de poche. Les patients présentent ensuite un numéro de code à leur pharmacien qui n’a plus qu’à télécharger l’ordonnance électronique. Cette façon de faire permet non seulement d’éviter les erreurs dues aux écritures indéchiffrables mais, surtout, de conserver toutes les ordonnances d’un patient dans une base de données centrale et d’y accéder au besoin — ce qui élimine les possibilités de surdoses ou d’ordonnances contradictoires. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

En tant que professionnelle de la santé ayant à coeur la qualité des soins, Robyn Tamblyn veut également changer la façon dont la recherche médicale est mise en œuvre. Elle travaille actuellement à mettre au point un concept qui réduirait les délais d’application des résultats de la recherche. Aujourd’hui, les médecins doivent attendre les travaux des chercheurs pour connaître la réaction des patients aux médicaments. Grâce à un système automatisé, les réactions médicamenteuses pourraient être suivies en temps réel. Cette innovation permettrait aux médecins d’adapter sur-le-champ leur gestion des médicaments. Le même système pourrait aussi servir à déceler les épidémies émergentes et à alerter les professionnels de la santé avant toute propagation.

La Dre Tamblyn indique que cette technologie aurait été difficile à imaginer il y a 10 ans. C’est grâce à la disponibilité d’un vaste entrepôt de données et aux réseaux informatiques haute vitesse qu’elle a pu attirer une équipe de spécialistes multidisciplinaires qui l’a aidée à concrétiser ses idées avant-gardistes. « En fin de compte, ce que je veux c’est redonner le contrôle à l’équipe de soins et aux patients. Plus nous avons d’information et plus nous l’avons rapidement, plus nous pouvons améliorer nos soins de santé », fait valoir la scientifique.