Mercury rising

Deux poissons rayés d’un vert iridescent nagent à proximité dans les eaux sombres.

Le mercure est à la hausse

Lorsque le mercure atmosphérique retombe sur terre sous forme de précipitation, il remonte la chaîne alimentaire, et des poissons en présentent aujourd’hui des concentrations de plus en plus élevées
23 juin 2015
Un poisson vert et jaune muni de nageoires rouges est déposé sur une large règle.
Les taux de mercure dans les perchaudes, ou
Perca flavescens, ont augmenté dans certains
lacs de la Nouvelle-Écosse.
Mention de source : Jennifer Thera, Université du
Nouveau-Brunswick

Le mercure était autrefois le liquide argenté inoffensif contenu dans les thermomètres. Puis, les scientifiques ont découvert que ce métal entraînait des déformations chez les poissons et les oiseaux, et pouvait causer des dommages irréversibles chez les fœtus humains, les bébés, les enfants et les femmes en âge de procréer.

De nos jours, les scientifiques estiment que le taux de mercure atmosphérique est trois fois plus élevé que ce qu’il devrait être. Cet excédent provient des effluents industriels, des centrales thermiques alimentées au charbon, de l’exploitation aurifère artisanale et de l’élimination inappropriée des produits de consommation comme les batteries et les ampoules. Le mercure ainsi libéré retombe sur terre sous le forme de précipitations et se diffuse dans les plans d’eau de la planète.

Ce problème concerne les lacs d’eau douce du parc national Kejimkujik, en Nouvelle-Écosse, qui en 1990 hébergeaient les poissons et les huards présentant certaines des concentrations en mercure les plus élevées en Amérique du Nord. De récentes études complémentaires réalisées par Karen Kidd, biologiste à l’Université du Nouveau-Brunswick, ont révélé que le taux de mercure contenu dans les tissus des perchaudes, une espèce commune dans les eaux du parc, avait augmenté dans certains lacs. Cependant, il est intéressant de noter que si le mercure a des effets néfastes à l’échelle cellulaire, en particulier sur les reins et la rate, les poissons semblent continuer à se reproduire et à croître normalement.

Un lac marécageux bordé d’arbres. Le soleil brille et le ciel est bleu.
Le lac Hilchemakaar figure parmi plusieurs lacs du parc
national Kejimikujik de la Nouvelle-Écosse où des
concentrations de méthylmercure ont été mesurées
chez des poissons l’été dernier.
Mention de source : Jennifer Thera, Université du
Nouveau-Brunswick

Mme Kidd a aussi démontré que ce n’est pas un mouvement anormalement rapide du mercure dans le réseau alimentaire qui serait à l’origine de ces taux de mercure élevés chez les poissons. De fait, le passage d’une plus grande quantité de mercure à la base de la chaîne alimentaire expliquerait plutôt la hausse de ces concentrations chez les perchaudes.

Grâce aux données recueillies, il sera possible de réaliser une évaluation nationale du mercure financée par Environnement Canada et de participer aux efforts de la communauté internationale en vue de réduire les rejets de mercure dans l’atmosphère, qui est d’ailleurs une priorité du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

« Nous devons nous concentrer sur la quantité de particules qui retombent de l’atmosphère et tenter de la réduire. C’est ainsi que nous pourrons aider les poissons, les animaux piscivores et les humains. », affirme la chercheuse.

Mention de source principale : United States Department of Agriculture

Cet article a été publié à l’origine en juin 2014