‘Mean’ is not a girl thing

Une jeune fille, l’air sérieux, se tient près de l’objectif. En arrière-plan, un groupe de garçons est rassemblé, riant et échangeant des mimiques moqueuses derrière son dos.

La « méchanceté » n’est pas qu’une affaire de filles

Une chercheuse de la Mount Saint Vincent University veille à ce que les ressources sur l’intimidation à l’intention des enseignants et des parents ne perpétuent pas involontairement le phénomène des « filles méchantes ».
25 août 2015

Le phénomène de l’intimidation dans les écoles est plus inquiétant que jamais pour une génération férue de médias sociaux, au fur et à mesure que cette dynamique de classe se manifeste aussi à la maison par Twitter ou Facebook. Ces nouvelles préoccupations s’accompagnent d’une sensibilisation accrue au concept que les psychologues du comportement appellent les « agressions relationnelles », mieux connu comme le phénomène des « filles méchantes ».

La culture populaire et le film mettant en vedette Lindsay Lohan ont contribué à renforcer la notion selon laquelle les filles sont uniquement capables de commettre des agressions moins physiques caractérisées par la trahison, la manipulation et l’exclusion sociale.

À partir d’entrevues réalisées avec d’anciennes intimidatrices, Mme Gonick démythifie l’idée selon laquelle les agressions relationnelles constitueraient un phénomène uniquement féminin. En d’autres termes, elle affirme qu’il y a aussi des garçons méchants..

Titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur l’identité sexuelle et les pratiques sociales, Marnina Gonick de la Mount Saint Vincent University, à Halifax, conteste cette notion. À partir d’entrevues réalisées avec d’anciennes intimidatrices, elle démythifie l’idée selon laquelle les agressions relationnelles constitueraient un phénomène uniquement féminin. En d’autres termes, elle affirme qu’il y a aussi des garçons méchants.

« Je n’adhère pas à l’idée que les agressions relationnelles constituent un phénomène uniquement féminin, explique la chercheuse. Cette approche considère les filles comme des cas pathologiques et élève au rang de norme les agressions masculines. »

Par ailleurs, la chercheuse s’inquiète de la rapidité avec laquelle le système éducatif a adopté le concept de l’agression relationnelle. Elle porte un regard critique sur la manière dont les ressources visant à aider les enseignants et les parents à lutter contre l’intimidation ont repris cette idée au cours des vingt dernières années.

« Nous avons découvert que bon nombre de documents de référence à l’intention des enseignants, qui proposent des exercices et des activités à faire en classe, présentent souvent une féminité conventionnelle caractérisée par la passivité, la gentillesse et la douceur », affirme Mme Gonick. Alors que les ministères de l’Éducation et les commissions scolaires en sont à ébaucher des politiques visant à prévenir l’intimidation, les travaux de la chercheuse joueront un rôle déterminant pour éviter que les écoles définissent les élèves et leurs besoins en fonction de stéréotypes.

Marnina Gonick est responsable de deux projets financés par le Fonds des leaders (devenu le Fonds des leaders John-R.-Evans)de la Fondation canadienne pour l’innovation. Elle présentera « The Blank Page: Literacy, Girlhood, and Neoliberalism à la séance “Neoliberalism and the Production of Childhood » de la conférence « Women’s and Gender Studies et Recherches Féministes (WGSRF) » qui se déroulera le dimanche 31 mai au Congrès 2015 des sciences humaines. Cet article a été publié à l’origine sur innovation.ca en août 2014.

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