Voyage of discovery: How I learned to stop hating science and write about it

Ma découverte de la science et du goût d'en parler!

1 septembre 2007

Mes professeurs de sciences au secondaire seraient sans doute éberlués d’apprendre que j’ai gagné un prix national de rédaction scientifique. S’ils se souviennent de moi le moindrement, ils revoient cet élève assis en avant qui avait toujours l’air d’être ailleurs. À en croire les notes obtenues dans leurs cours, j’étais en effet parti très loin, en esprit du moins.

Mes passions scolaires à l’époque étaient plutôt la politique et la littérature. Et pendant trois années de spécialisation en anglais à l’Université de l’Alberta, je m’y suis livré presque entièrement. Puis une chose curieuse s’est produite : je suis devenu comme par hasard journaliste de presse écrite. J’en ai fait une carrière qui, au cours du dernier quart de siècle, m’a amené partout dans ce pays, de Bonavista (T.–N.–L.) à Victoria (C.–B.) et de l’île Ellesmere jusqu’au centre-ville de Toronto.

Durant tout ce temps, j’ai fait du travail de généraliste, touchant à tous les sujets imaginables, en politique, en affaires, en éducation, en religion, en arts, etc. Dès le début aussi, j’ai dû écrire des reportages sur les sciences, la technologie, la recherche médicale. C’était l’aspect le plus difficile de tous, mais aussi le plus enrichissant.

Difficile, parce que je n’avais pas la même compréhension intuitive de la science que j’ai par exemple d’un politicien en campagne électorale ou d’une écrivaine en tournée de promotion. Enrichissant, parce que chaque fois j’apprenais quelque chose et j’éprouvais toujours plus de respect pour ces hommes et ces femmes qui, dans nos laboratoires ou ailleurs, font avancer la science pure et appliquée.

Avec le temps, j’ai appris bien plus que je n’aurais cru au sujet des innovations logicielles sur mesure, des accélérateurs géants de particules et d’une foule de découvertes médicales susceptibles de sauver des vies, dont les précieuses contributions canadiennes à l’étude des cellules souches (le sujet de l’article qui m’a valu l’an dernier le prix d’écriture « Les étoiles de l’innovation »).

J’en suis venu à éprouver une profonde estime pour les scientifiques, des gens sérieux et réfléchis qui se passionnent pour ce qu’ils font et qui travaillent extrêmement fort, souvent dans l’indifférence générale. Et beaucoup d’entre eux (je crois qu’ils seraient les premiers à l’admettre) ne sont pas doués pour communiquer en termes accessibles à un public non averti. C’est précisément ici qu’intervient le rédacteur scientifique.

Les journalistes sont là essentiellement pour raconter de bonnes histoires. Or, la science et la technologie en fournissent sans arrêt. Le truc est d’expliquer simplement des sujets complexes sans banaliser les faits ni succomber au sensationnalisme. Rien n’interdit cependant de divertir en même temps qu’on informe, bien au contraire.

La bonne rédaction scientifique montre au grand jour comment la recherche et la science appliquée améliorent notre vie quotidienne et la qualité de notre avenir collectif. Elle alimente aussi un débat public sur les enjeux sociaux et moraux des choix de la science et de ceux qui l’appuient. Elle ne tombe jamais dans le piège de la propagande aveugle, sous peine de trahir la rigueur intellectuelle de ceux-là mêmes qu’elle cherche à louanger.

En fin de compte, elle ne se fait pas au profit des hommes et des femmes de science : s’ils sont les seuls à lire, c’est que le rédacteur a échoué. Elle doit plutôt viser à faire connaître du grand public les merveilles de la science, et aussi ses embûches. Le journaliste qui n’y parvient pas mérite le genre de notes d’échec que mes professeurs de sciences au secondaire avaient parfois envie de me donner.

Les idées et les points de vue exprimés dans cette chronique ne sont pas nécessairement ceux de la Fondation canadienne pour l’innovation, de son conseil d’administration ni de ses membres.