The promise of innovation: better health and quality life

L'innovation, gage de santé et de qualité de vie

16 janvier 2006

La première fois que j’ai eu affaire personnellement au réseau de santé, c’est en 1973 lorsque j’ai subi une lésion de la moelle épinière. J’ai sûrement reçu les meilleurs soins qu’on pouvait obtenir alors, mais il reste qu’à cette époque-là on n’était guère avancé dans le traitement de ce genre de blessure. Les choses ont bien changé depuis. L’innovation a fleuri dans le domaine de la santé au Canada et je suis encouragé par les progrès incroyables que nous avons accomplis. Par exemple, 90 pour cent de ce que nous connaissons sur les lésions de la moelle épinière a été découvert au cours des 10 dernières années. Il va sans dire que les progrès ne se limitent pas là. Ils touchent tous les aspects des soins de santé et, soyons fiers de le dire, le Canada mène le bal dans nombre d’entre eux.

Bien sûr, aucun système n’est parfait. Nous pourrions faire mieux à certains égards, comme investir davantage dans la recherche, les essais cliniques, la science d’exploration, et nouer des collaborations avec des spécialistes d’autres pays afin de partager le savoir à l’échelle planétaire. De plus, nous devons miser sur l’excellence qui fait notre marque, en mettant au point des innovations et de nouveaux modes d’intervention qui donnent de meilleurs résultats chez nous et dans le reste du monde.

L’innovation consiste à trouver des solutions créatives à des problèmes ou des besoins; souvent, elle réunit les meilleurs atouts et les meilleures circonstances pour amener des percées qui améliorent notre qualité de vie. Je sais que le Canada a fait des pas de géant en innovation, mais il lui faut encore donner plus de temps et de moyens à ses élites, les libérer de leurs obligations quotidiennes pour qu’elles aient le temps de réfléchir et de s’engager, puis le temps de s’adonner à la création et à l’exécution qui mettent au monde de passionnantes innovations.

Nous sommes bons pour faire l’éloge d’une foule d’idées et d’initiatives, puis débattre longuement de multiples choix de situations hautement souhaitables, mais souvent nous ne savons pas donner à nos élites le temps, les moyens ou les occasions de s’engager. Nous avons tort d’agir de la sorte parce que beaucoup de bonnes idées se trouvent ainsi bloquées au seuil de la création et n’ont pas la possibilité de germer et de donner des fruits. Chaque fois que j’ai été témoin d’une réussite dans une discipline ou une autre au Canada, et dans mon propre cas de blessé de la moelle épinière, les décideurs avaient les coudées franches pour passer de la planification à l’exécution, car c’est seulement ainsi qu’on peut apporter des améliorations à la qualité de vie.

Tel devrait être l’objet premier de l’innovation : améliorer la qualité de vie. Dans cette optique, nous devons élargir nos horizons mentaux pour viser des innovations d’ordre systémique, favoriser des conditions où se prennent de plus grands risques et se font davantage de choses comme des essais cliniques. Et si nous prenons ce parti d’un engagement plus profond dans la recherche et les essais cliniques, alors nous devons être prêts à travailler plus fort pour rendre des comptes à ceux-là mêmes qu’on veut servir en fin de compte, les bénéficiaires ultimes des soins ou de la recherche. Si nous voulons progresser dans le traitement du cancer, des maladies du coeur, des lésions de la moelle épinière ou de la maladie de Parkinson, nous devons établir un lien véritable avec les gens qui en sont atteints, nous informer de leurs vrais besoins et mesurer nos résultats à l’aune de leurs progrès. Nous devons les mobiliser non seulement comme bénéficiaires de nos bons soins, mais aussi comme références ultimes pour mesurer l’efficacité de nos actions.

L’exemple de la moelle épinière illustre bien mon propos. À tous les stades, on dispose d’un excellent étalon pour évaluer tout ce qui doit l’être, depuis l’intervention d’urgence jusqu’à la réhabilitation, en passant par les pratiques d’excellence, la mesure des résultats, les registres nationaux et internationaux, les essais cliniques, etc. Des victimes de lésions, engagées dans le processus dès le départ, donnent aux chercheurs une idée exacte des priorités à cerner, de l’équilibre à trouver entre guérison et qualité de vie, et de l’efficacité du traitement constatée par la personne même au lieu d’être mesurée en fonction d’hypothèses extérieures sur ce qui est important ou non.

Cette mobilisation des patients, avec le savoir-faire déployé par nos élites, constitue le lien crucial entre diagnostic, traitement et guérison. Au plan national, nous avons contribué à de nombreuses percées en ralliant les intéressés et en cernant le savoir collectif susceptible d’améliorer la santé chez nous. À mesure que le monde se transforme, je pense que le Canada peut jouer un rôle encore plus grand, consolider sa position d’avant-garde en réunissant des chercheurs, des cliniciens et des intervenants du monde entier autour de consortiums de recherche, d’essais cliniques, de réseaux, de cellules de réflexion, que sais-je encore. Il est absolument capital d’investir dans le savoir et dans les compétences. Continuer de reconnaître le talent pour son potentiel planétaire et admettre la nécessité de recruter, d’attirer et de garder des éléments d’élite venus de partout, voilà les clés de nos réalisations futures, ainsi que de la santé et du bien-être des gens qui profiteront du savoir-faire dispensé en cours de route.

Le Canada a tous les atouts pour innover dans la santé et il devrait être fier du leadership qu’il exerce et de l’excellence dont il fait preuve dans ce domaine. Nous avons tous profité des progrès accomplis et je suis constamment encouragé par ceux qui s’accomplissent chaque jour. Pourtant, nous devons continuer d’investir dans les ressources humaines et le savoir, pas seulement dans l’infrastructure. Nous devons valoriser davantage la science fondamentale, bien sûr, mais aussi la curiosité et les recherches qu’elle entraîne. Car l’innovation n’est pas toujours une affaire de solutions directes à des problèmes posés; parfois, elle est le fruit tout à fait inattendu de la curiosité et du hasard. Par-dessus tout, nous devons garder en tête d’offrir à tous les Canadiens les meilleurs soins possibles, les plus avancés qui soient. Pour ce faire, nous devons soutenir nos investissements dans le savoir et l’exploration et mettre à profit notre savoir-faire en conjuguant les efforts de spécialistes du monde entier qui vont non seulement imaginer de nouvelles possibilités pour notre pays, mais aussi en jeter les bases concrètes.

Je crois à l’avenir de l’innovation en santé au Canada. J’ai vu des progrès incroyables s’accomplir au fil des années et, comme je l’ai dit, je suis encouragé par ceux qui se produisent aujourd’hui. Quant à l’avenir, j’ai confiance que de grandes choses nous attendent et que les investissements actuels dans les soins de santé profiteront aux femmes, aux hommes et aux enfants de notre pays et du monde entier.

Rick Hansen est Président-directeur général de la Fondation Man in Motion.

Les idées et les points de vue exprimés dans cette chronique ne sont pas nécessairement ceux de la Fondation canadienne pour l'innovation, de son conseil d'administration ni de ses membres.

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