The skinny on exercise

L'exercice, même à petite dose

Un chercheur de l'Université McMaster démontre que l'exercice, même à petite dose, apporte des résultats, peu importe notre condition physique préalable
1 janvier 2008
Pendant les fêtes, les bûches de Noël sont bien tentantes… Mais, le Nouvel An venu, bon nombre d’entre nous rêvent plutôt de cuisses plus fermes et d’abdominaux d’acier... des résolutions qui fondent comme neige au soleil dès qu’arrivent les chocolats de la Saint-Valentin !
 

Selon Stuart Phillips, nous ne devrions pas nous décourager si vite. Chercheur au sein du groupe de recherche sur le métabolisme et l’exercice de l’Université McMaster, Phillips est emballé par l’étendue des bienfaits de l’exercice, même pratiqué de façon modérée, et par la facilité avec laquelle quiconque peut maintenir une bonne forme physique tout au long de sa vie.

« Les muscles conservent la capacité de tirer profit de l’exercice », explique-t-il, précisant que cette capacité transcende les effets du vieillissement ou les blessures. « Les changements ne se produisent pas après des semaines, des mois ou des années, mais en quelques jours seulement. »

Pour en arriver à cette conclusion, Stuart Phillips a réuni des preuves remarquables dans un laboratoire que lui et ses collègues perfectionnent depuis les huit dernières années. En combinant expertise et technologie, les chercheurs ont été en mesure de se pencher sur la dynamique de l’exercice en insistant sur l’aspect physiologique comme jamais auparavant.

De façon plus précise, Stuart Phillips a étudié les effets de l’exercice sur les personnes souffrant d’une lésion invalidante de la moelle épinière. Les participants, suspendus au-dessus d’un tapis roulant, étaient en mesure de s’exercer malgré leurs membres paralysés. Grâce à l’équipement dont ils disposaient, tels que de puissants spectromètres de masse, les chercheurs ont pu évaluer différents facteurs comme la formation osseuse, le taux de lipides sanguins et la tolérance au glucose.

Ces données ont révélé que la masse maigre des participants avait significativement augmenté. Or, plus la masse maigre est importante, plus l’organisme brûle efficacement les calories. Malgré leur paralysie, les sujets ont également développé les muscles de leurs jambes, qui ont réagi favorablement à l’activité.

Des résultats tout aussi frappants ont émergé d’une autre étude, au cours de laquelle de jeunes hommes qui n’étaient pas physiquement actifs sur une base régulière ont suivi un programme de musculation complet, à raison de cinq jours par semaine pendant trois mois. Les participants ont accru de 50 % la charge qu’ils pouvaient soulever en plus d’augmenter leur masse maigre.

Par ailleurs, l’âge ne constitue pas un obstacle à l’amélioration de la condition physique. Un autre membre du laboratoire, Maureen MacDonald, a utilisé des appareils à ultrasons Doppler pour évaluer les principaux vaisseaux sanguins pendant l’entraînement. Elle a observé un groupe d’hommes dans la soixantaine auquel elle a demandé d’effectuer de simples exercices de préhension pendant quelques jours.

« Nous avons démontré qu’après huit semaines d’entraînement, leur tension artérielle au repos avait diminué de façon spectaculaire », indique-t-elle, précisant que l’effet est le même chez les personnes qui prennent des médicaments contre l’hypertension.

Ces conclusions sont plus que positives : elles démontrent que nous pouvons tous constater rapidement les résultats de l’exercice physique, peu importe notre âge ou notre condition physique préalable. Phillips ajoute qu’en fait les résultats se manifestent pendant les périodes de repos et de récupération, quand le corps se reconstruit et s’adapte au travail réalisé.

La plus récente étude menée par le chercheur a par ailleurs révélé que l’un des aliments les mieux connus de notre alimentation, le simple verre de lait, pourrait également être l’un des plus bénéfiques. Dans le cadre de cette étude, Phillips a comparé les effets du lait à ceux de produits à base de soya ou riches en glucides auprès de sujets qui avaient consommé ces boissons après des séances d’entraînement intenses.

Les résultats ont été extraordinaires : en 12 semaines, les personnes qui avaient bu du lait avaient perdu, en moyenne, près de deux fois plus de gras que celles qui avaient bu des boissons riches en glucides. Celles qui avaient bu des boissons de soya n’avaient pour leur part pas perdu de gras. La masse musculaire des buveurs de lait avait en outre beaucoup plus augmenté que celle des autres sujets.

Stuart Phillips étudie toujours les processus métaboliques qui font du lait la boisson postentraînement idéale, et il se propose d’analyser plus en profondeur les composantes essentielles du lait, notamment le calcium, les vitamines et les protéines que l’on trouve dans le lactosérum et la caséine. Il est par contre ravi d’avoir découvert que l’une des denrées les plus appréciées qui soient se défend admirablement bien contre les produits synthétiques fortement commercialisés. « Parfois, il suffit de revenir à la base, tout simplement, affirme-t-il. Il n’y a absolument rien de révolutionnaire dans l’exercice. Et rien de révolutionnaire dans l’alimentation. »

Retombées

Zoom

Comme l’explique Stuart Phillips, son laboratoire bien équipé est le tout premier à disposer des installations voulues pour mesurer les subtils facteurs métaboliques qui indiquent comment l’alimentation et l’exercice influent sur notre organisme. Grâce à ces installations, lui et ses collègues de l’Université McMaster atteignent des niveaux de compréhension inégalés en ce qui a trait à la façon optimale de demeurer actif et en santé.

Phillips soutient qu’il suffit de s’adonner à quelques séances d’exercice hebdomadaires pour améliorer sa condition physique. Et sa propre expérience l’amène à conclure qu’il n’est pas nécessaire de se tuer à la tâche. Il se souvient en effet que, plus jeune, il se dépassait jusqu’à l’épuisement. Aujourd’hui, il obtient les mêmes résultats grâce à un programme beaucoup moins rigoureux combinant la course et la musculation. Selon lui, la quantité d’exercice requise est relativement faible. « Je mets l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité », dit-il.

Maureen MacDonald, sa collègue chercheuse, recommande pour sa part de choisir une activité qui concorde avec son style de vie. « Plus le changement est radical, plus il sera difficile de l’intégrer à son quotidien », soutient-elle, ajoutant que nous sommes tous plus susceptibles d’adopter un changement à long terme s’il cadre avec notre personnalité et notre mode de vie.

Quand viendra le temps de prendre vos résolutions du Nouvel An, retenez donc les conseils de ces deux chercheurs : choisissez des aliments et des activités qui vous plaisent plutôt que de vous lancer dans une routine exigeante que vous laisserez tomber à la première occasion.

Les travaux avant-gardistes de ces scientifiques renforcent en outre l’idée qu’il est plus simple et moins coûteux de prévenir les problèmes de santé que d’investir d’importantes sommes pour traiter les maladies. Cela est particulièrement vrai dans le cas des affections chroniques telles que le diabète ou les problèmes cardiaques qui, souvent, peuvent être prévenues ou maîtrisées grâce à l’activité physique.

En fait, leurs conclusions sont en contradiction avec la dure philosophie selon laquelle « il faut souffrir ». Les heures épuisantes passées à s’entraîner sont non seulement inutiles, mais désavantageuses puisque l’aspect le plus ardu de tout programme d’exercice est d’y rester fidèle.

MacDonald résume le tout en ces termes : « Il est plus bénéfique d’en faire un peu toute sa vie que de décider par un beau dimanche après-midi de courir 10 kilomètres, de se blesser puis de se dire “C’est fini, on ne m’y reprendra plus.” »

Partenaires

Les travaux de Stuart Phillips et de ses collègues ont attiré l’attention de nombreux acteurs de l’industrie alimentaire, qu’il s’agisse de petites entreprises universitaires essaimées ou de géants multinationaux comme General Mills, qui s’intéresse depuis longtemps aux bienfaits de divers produits sur la santé. Par exemple, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le National Dairy Council des États-Unis ont commandité l’étude portant sur les avantages de la consommation de lait.

Le laboratoire du groupe de recherche sur le métabolisme et l’exercice a lui-même été mis sur pied pour favoriser un niveau de collaboration interdisciplinaire inégalé. Les travaux de Stuart Phillips s’appuient sur la contribution de professeurs et d’étudiants des cycles supérieurs issus de disciplines telles que la biochimie, les sciences vétérinaires et le génie biomédical. « La kinésiologie et les sciences de l’activité physique commencent vraiment à prendre de la maturité », affirme le chercheur. Grâce à la collaboration d’autres facultés, son groupe de recherche multiplie les découvertes sur le plan physiologique.

Pour en savoir plus

Le lien qui existe entre le lait et la musculation. (Site anglophone)

Calculez votre masse maigre. (Site anglophone)

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