Probing the marketplace

Les traceurs du marché

Le Canada fonde le premier centre pour la commercialisation des traceurs moléculaires au monde
20 août 2008
Ériger une passerelle entre la recherche et la commercialisation a toujours représenté un défi. Mais ce défi est d’autant plus pressant lorsque la recherche a la possibilité d’améliorer nettement le diagnostic et le traitement des maladies.
 

C’est ce qui explique que le projet du nouveau Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs (CDCT) va bon train; le Centre veut réunir des intérêts commerciaux et des chercheurs œuvrant dans le développement de traceurs d’imagerie moléculaire. L’imagerie moléculaire, en permettant aux médecins de voir le fonctionnement des cellules dans le corps humain, conduit à des diagnostics plus précis et à de meilleurs traitements de maladies telles que le cancer, l’épilepsie et la cardiopathie.

Le CDTC, qui ouvrira ses portes à Hamilton, en Ontario, vise à encourager des partenariats innovateurs entre le milieu universitaire et les secteurs privé et public. « Notre Centre va permettre de resserrer les liens entre la science fondamentale et les besoins de la médecine », indique le DrJohn Valliant, son tout nouveau directeur scientifique.

« La détection précoce et plus précise du cancer du sein ou de la prostate figure parmi les principaux avantages des traceurs. »

Selon le Dr Valliant, l’établissement, qui sera le premier du genre dans le monde, aidera les chercheurs canadiens à faire passer les travaux très prometteurs sur les nouveaux traceurs de l’imagerie moléculaire de l’étape de la découverte à celle de la commercialisation. Les sociétés pharmaceutiques pourront par ailleurs y faire analyser les futurs médicaments aux premières phases de leur mise au point, et collaborer avec des chercheurs universitaires au développement de leurs essais cliniques.

Comment fonctionne en fait l’imagerie moléculaire? Les médecins injectent à un patient une infime quantité de traceurs ou de biomarqueurs. Les traceurs se déplacent ensuite jusqu’à la région malade et envoient des images visuelles des processus moléculaires, par exemple la vitesse de la diminution d’une tumeur après un traitement contre le cancer. Les traceurs peuvent également déceler de petites tumeurs bien avant qu’elles soient visibles à la radiographie ou à la tomodensitométrie (TACO). « La détection précoce et plus précise du cancer du sein ou de la prostate figure parmi les principaux avantages des traceurs », fait valoir le Dr Valliant. Les traceurs moléculaires peuvent aussi servir à administrer des pharmacothérapies et suivre la condition de patients souffrant du diabète ou de la maladie d’Alzheimer.

La technologie a également des incidences économiques. « Les tests qui ont un caractère plus particulier et qui sont ponctuels pourraient contribuer à faire diminuer les coûts des soins de santé », affirme le Dr Tom Ruth, un des membres du Conseil du CDTC.

Le Centre tirera également parti de l’expertise médicale canadienne dans certains domaines. « Le Canada produit 70 p. 100 des isotopes médicaux dans le monde, indique le Dr Valliant. Chaque fois que nous réussirons à faire passer de nouveaux traceurs d’imagerie médicale à l’étape des essais cliniques et de la commercialisation, nous contribuerons à la croissance du secteur des isotopes médicaux. »

Il est confiant que les produits générés par la rémunération à l’acte, tirée des clients de l’industrie, assureront la viabilité économique à long terme du Centre. Les brevets et la protection de la propriété intellectuelle devraient également engendrer des investissements, des produits d’exploitation, des entreprises dérivées et des emplois.

En outre, le caractère unique du Centre contribue à renverser la vapeur en ce qui touche l’exode des cerveaux. « Nous ramenons au pays des Canadiens qualifiés qui étaient allés travailler aux États-Unis et en Europe », affirme le Dr Valliant, qui espère avoir complété son équipe au printemps 2009.

Pour en savoir plus :

Ontario Institute for Cancer Research (site anglophone)

GE Healthcare Canada

Pfizer Inc.

VWR International

McMaster Nuclear Reactor (site anglophone)

McMaster University (site anglophone)

Action Cancer Ontario