Family vacation

Les Suzuki en vacances

Sarika Cullis-Suzuki a parcouru l'Europe avec son célèbre père à la recherche de solutions écologiques pour le Canada
15 avril 2009
Sarika Cullis-Suzuki
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Sarika Cullis-Suzuki
Sarika Cullis-Suzuki

Quand David Suzuki a demandé à la plus jeune de ses filles, Sarika Cullis-Suzuki, de l’accompagner en Europe pour le tournage d’épisodes spéciaux de son émission The Nature of Things, diffusée à CBC, elle a hésité. La jeune femme de 25 ans n’était pas certaine de pouvoir se débrouiller aussi bien que son célèbre père devant la caméra. Il s’agissait cependant d’une occasion rêvée de passer du temps avec lui, alors elle a accepté. Pendant trois semaines de juillet, elle a donc parcouru avec lui le Danemark, l’Allemagne, la France et l’Espagne pour le tournage du premier épisode des « Suzuki Diaries », qui traite des avantages sociaux et économiques des pratiques durables.

L’émission, diffusée pour la première fois en janvier, suit le tandem père-fille se déplaçant à travers l’Europe pour visiter des organismes ou des personnes ayant implanté des solutions durables efficaces. « Nous voulions communiquer deux choses aux téléspectateurs, explique Cullis-Suzuki : l’espoir ainsi que la nécessaire collaboration entre les générations, illustrée par ma relation avec mon père. »

Cullis-Suzuki à vélo dans Copenhague.
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Cullis-Suzuki à vélo dans Copenhague.
Sarika Cullis-Suzuki

La vie de Sarika Cullis-Suzuki a toujours été liée de près à la nature et à la défense de l’environnement. Elle a été influencée par son père, sans doute l’environnementaliste le plus connu au Canada, mais aussi par sa mère, Tara Cullis, une ancienne professeure de littérature de Harvard qui a pris part au lancement de la Fondation David Suzuki en 1990. Une autre influence est venue de sa grande sœur Severn qui, depuis l’âge de 12 ans, donne des conférences sur les questions sociales et économiques partout dans le monde.

Sarika, qui a étudié la biologie marine à l’Université de Californie à Berkeley et poursuit actuellement une maîtrise en zoologie à l’Université de la Colombie-Britannique, s’inquiétait à l’idée de rater des cours pour prendre part au tournage. Elle a fini par découvrir que ce voyage était une expérience éducative des plus enrichissantes.

David Suzuki à la centrale solaire Abengoa à
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David Suzuki à la centrale solaire Abengoa à Séville, en Espagne.
Sarika Cullis-Suzuki

À Berlin, père et fille ont navigué sur la Spree dans un bateau alimenté par pile solaire et, en France, ils ont visité un établissement vinicole biodynamique. Parmi les pays visités, le plus avancé du point de vue environnemental était le Danemark : 36 % de la population s’y rend au travail en vélo, et le pays a pour objectif de produire 30 % de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici 2025. « Les efforts du Canada en matière environnementale sont négligeables par rapport à ceux du Danemark, explique Cullis-Suzuki. Ce qu’il y a de formidable là-bas, c’est que les gens vivent de manière plus durable sans sacrifier pour autant leur qualité de vie. »

Pendant le tournage, Cullis-Suzuki a appris que les mentalités ne changent pas du jour au lendemain et que quatre facteurs sont habituellement nécessaires à une révolution verte : une crise énergétique soudaine, la volonté politique de changer les choses, la participation locale et la compréhension du public.

Cullis-Suzuki à Thisted, Denmark.
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Cullis-Suzuki à Thisted, Denmark.
Visite du parc éolien de Thisted, au Danemark.

Au Danemark, c’est la crise pétrolière des années 1970, créée par les décisions de l’OPEP, qui a incité les décideurs à modifier les politiques environnementales. Sarika Cullis-Suzuki a notamment appris que les femmes politiques danoises ont joué un rôle important dans la mise en place de ces changements, car elles souhaitaient, en tant que mères, léguer un monde meilleur à leurs enfants.

Sarika espère que la série montrera aux Canadiens que nous accusons du retard par rapport aux Européens en matière d’efforts environnementaux : « Le Canada doit absolument se fixer des normes environnementales plus élevées, et les Canadiens doivent se rendre compte qu’un mode de vie respectueux de l’environnement ne devrait plus être un choix, mais la norme. J’espère que nous agirons avant qu’une crise ne survienne et qu’il soit trop tard. »

Sarika Cullis-Suzuki, qui avait laissé la défense de l’environnement aux autres membres de sa famille, s’est rendu compte que l’on n’échappe pas facilement à sa descendance. Elle constate que la sensibilisation joue un rôle primordial dans la promotion des questions environnementales. Ce rôle, elle l’assume désormais, elle qui s’apprête à tourner cet été un nouvel épisode des « Suzuki Diaries », celui-là consacré aux grands enjeux qui concernent les océans canadiens.