Disease fighter

Le traqueur de virus

15 septembre 2007
Une nouvelle maladie grave se déclare pratiquement tous les 18 mois quelque part sur notre planète et, comme nous vivons dans un monde sans frontières, une pandémie n’est peut-être qu’à quelques heures d’avion. Dans bien des cas, ces menaces pour la santé apparaissent d’abord chez les animaux.
 

« Développer des vaccins pour les animaux et les humains est la meilleure solution afin de protéger les gens et d’empêcher la propagation des maladies au 21e siècle », indique Lorne Babiuk, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en vaccinologie et en biotechnologie. L’élaboration de vaccins pour animaux en vue de protéger les humains est logique si on considère la menace que représentent, pour l’homme, les maladies transmises par les animaux comme la grippe aviaire, le virus du Nil occidental et la maladie de la vache folle.

Le fait qu’il ait grandi dans une ferme en Saskatchewan pourrait fort bien expliquer l’intérêt de Lorne Babiuk pour les rapports entre les animaux et les humains. Mais ce sont ses recherches qui l’ont propulsé au sommet de sa profession. En 1984, il a joint les rangs de la Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO) de l’Université de la Saskatchewan à titre de directeur de la recherche. En quelques années, les scientifiques de la VIDO – en partie grâce à l’infrastructure financée par la FCI – ont mis au point le premier vaccin au monde génétiquement élaboré pour les animaux.

Toutefois, les progrès n’allaient pas s’arrêter là. Au début de 2007, un vaccin visant à protéger les bovins contre l’E. coli a été produit dans le cadre du programme de salubrité des aliments de la VIDO. « Le Canada est devenu le premier pays au monde à avoir un vaccin contre la bactérie E. coli », fait valoir le chercheur. En réduisant considérablement la fréquence de la maladie chez le bétail, nous diminuons les risques de contamination de notre eau et de nos aliments.

Aujourd’hui, Lorne Babiuk est vice-président, Recherche, à l’Université de l’Alberta. Mais avant de quitter la VIDO, à l’été de 2007, il a assuré le financement nécessaire et a encadré l’achèvement d’un laboratoire capable de prendre en charge le niveau de biosécurité 3 et de mener des travaux sur le SRAS et sur d’autres virus mortels. Au cours du mandat de Lorne Babiuk, la VIDO a élargi son champ de recherche pour s’intéresser à la santé humaine. En 2005, elle a obtenu des fonds de 5,6 millions de dollars US de la Bill and Melinda Gates Foundation afin de développer un vaccin unidose qui protégera les nouveau-nés de la coqueluche, une maladie respiratoire qui tue 400 000 bébés chaque année.

« Si vous m’aviez dit, il y a 30 ans, que je m’attaquerais à des projets d’une telle envergure, j’aurais ri, affirme le chercheur. Mais mon cheminement démontre qu’il faut rêver en technicolor. »

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