The people's museum

Le musée du peuple

La transformation du Musée d'anthropologie de l'UBC
18 mai 2011
Dans la salle de recherche en ethnologie, des
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Dans la salle de recherche en ethnologie, des familles peuvent se familiariser avec l'histoire des artéfacts du musée en les examinant de près.

Si les rénovations majeures apportées récemment au Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique (MOA) ont permis d’agrandir et de moderniser l’infrastructure de l’établissement, la véritable transformation réside dans l’utilisation que peut maintenant faire la population de cet espace.

Quand le MOA a quitté le sous-sol de la bibliothèque de l’UBC pour emménager dans ses propres locaux en 1976, Harry Hawthorn, alors directeur du musée, et sa femme Audrey Hawthorn, conservatrice, souhaitaient rendre les collections aussi accessibles que possible. Ensemble, ils ont participé à la conception de nouvelles vitrines d’exposition et de nouvelles activités à l’intention des visiteurs. Il n’est donc pas étonnant que cette notion d’accessibilité préconisée par les Hawthorn ait été retenue lorsqu’est venu le temps pour le musée de procéder aux premiers grands travaux d’agrandissement et de rénovation depuis son ouverture. Avec ses salles de recherche vitrées, ses espaces communautaires confortables et son mobilier d’entreposage moderne qui permet aux visiteurs de voir les objets qui y sont conservés, le projet de réfection de 55,5 millions de dollars, financé en partie par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), a permis de créer l’un des musées les plus accessibles et les plus accueillants du monde.

Depuis la fin des travaux de rénovation en janvier 2010, la fréquentation de l’établissement est en hausse de 10 pour cent. Près de 142 000 personnes ont visité le musée en 2010-2011, soit le plus haut taux de fréquentation depuis 2004.

Les salles multidiverses (CI-DESSUS) renferment
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Les salles multidiverses (CI-DESSUS) renferment plus de 10 000 objets rendus plus accessibles aux visiteurs.
Ema Peter Photography

« Le MOA a toujours été reconnu comme un musée-école novateur et créatif, indique Moya Waters, directrice adjointe du musée. Grâce à ces rénovations et à ce qu’elles permettent et permettront d’accomplir ici, le musée jouera un rôle précurseur au XXIe siècle. »

Par exemple, les nouvelles salles multidiverses hébergent en permanence plus de 10 000 objets. Dans le cadre de cette refonte du concept initial de mobilier d’entreposage visuel, on a revu le montage de nombreux objets afin de faciliter leur manipulation et leur présentation. En outre, on a numérisé toute la collection du musée et on l’a transférée dans de nombreux terminaux à écran tactile disséminés à la grandeur de l’établissement afin de permettre aux visiteurs de voir les pièces qui ne sont pas exposées.

Les archives numérisées du MOA sont également primordiales pour le Reciprocal Research Network (RRN), une base de données en ligne qui offre aux communautés autochtones une nouvelle façon d’entrer en contact avec leur patrimoine. Beaucoup d’objets patrimoniaux ont été enlevés aux communautés autochtones et dispersés un peu partout – d’abord par les explorateurs européens, puis par les Américains, précise Susan Rowley, la conservatrice responsable du RRN. « Comment ces gens peuvent-ils retrouver leur patrimoine? Comment peuvent-ils y avoir accès?

Des enfants s
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Des enfants s'initient à d'anciennes techniques de poterie dans la salle de recherche de la céramique.
Chris Borchert photo

Pour s’attaquer à ce problème, le MOA a établi un partenariat avec la Première nation Musqueam, le Conseil tribal et la nation Sto:lo et la Société culturelle U'mista afin de créer une base de données en ligne des artéfacts des Premières nations ainsi qu’un site Web de réseautage social où il est possible de voir, d’étudier et d’analyser ces objets. Des musées canadiens, britanniques et américains ont contribué à la mise sur pied du réseau et y ont versé des données. D’autres musées continuent de s’ajouter. En constante progression, le réseau compte actuellement 1000 membres – élèves, chercheurs, conservateurs et Premières nations – qui ont maintenant accès à plus de 225 000 objets en ligne. Si le RRN est aujourd’hui axé sur les Premières nations de la Colombie-Britannique, des projets d’expansion sont prévus. Par exemple, un groupe d’Inuvialuit de la région du delta du Mackenzie utilise le RRN pour accéder à une importante collection de pièces de sa culture matérielle conservées à la Smithsonian Institution.

Pour faciliter l’étude matérielle des artéfacts du musée, on a construit sept laboratoires en partenariat avec le département d’anthropologie de l’Université. Ces locaux de pointe attirent déjà des talents de calibre mondial, précise Susan Rowley.

« Ces salles sont complètement adaptables, dit-elle. De nombreux étudiants et chercheurs souhaitent maintenant venir faire des recherches ici. » En outre, une nouvelle aile, le Centre de recherche culturelle, a été construite. Cinq salles de recherche vitrées abritent des espaces où classes, groupes, artistes et chercheurs peuvent mener des expériences et des études – tandis que les visiteurs du musée peuvent observer le déroulement de leurs travaux.

Au cSur des salles multidiverses se trouve un
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Au cœur des salles multidiverses se trouve un cercle de présentation multimédia, où les visiteurs peuvent assister à des conférences et visionner des vidéos traitant de divers sujets associés à la culture et aux traditions autochtones.
Ema Peter Photography

L’aile comprend aussi un salon communautaire où des sages et des groupes des Premières nations peuvent discuter des artéfacts et de l’art dans un lieu convivial. « Beaucoup de gens sont intimidés par les musées, poursuit Mova Waters. Cet espace est plus décontracté. Les gens peuvent se détendre ici. »

Le MOA accueille aussi une collection de restes ancestraux des Premières nations qui sont maintenant traités et conservés dans une nouvelle salle du Laboratoire d’archéologie. Avec son revêtement de cèdre, l’espace permet une conservation plus respectueuse de ces restes qu’un laboratoire scientifique. « Les gens qui viennent rendre visite à leurs ancêtres nous disent que cette expérience est totalement unique, poursuit Susan Rowley. Cette initiative a transformé notre relation avec ces communautés. »

Susan Rowley travaille actuellement de concert avec la nation Sto:lo pour rapatrier ses vestiges ancestraux. « Comme leur expérience a été positive au musée, les membres de la nation veulent maintenant savoir quelle analyse nous pourrions effectuer sur ses restes avant de leur remettre. Ils se sentent plus respectés parce que nous ne traitons pas leurs ancêtres comme des objets. »

Le rôle de la FCI

Le financement versé par la CFI a été utilisé à la grandeur du MOA. Il a servi à la mise en œuvre du Centre de recherche culturelle, un espace ouvert au public qui accueille des réserves et des bureaux de personnel, la bibliothèque et les archives Audrey et Harry Hawthorn, plusieurs laboratoires, l’espace de recherche communautaire et des salles multidiverses. De plus, les fonds de la FCI ont aidé le MOA à numériser et à stocker les pièces qui font partie du Reciprocal Research Network. « Le financement de la FCI a été un catalyseur pour l’ensemble du projet, conclut Mova Waters. Cette initiative n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien de la FCI. »