Spreading science

La science en partage

Au secondaire, James MacLeod a remporté plusieurs concours d'expo sciences grâce à ses recherches sur le VIH/sida. Aujourd'hui, il met cette expérience au service des étudiants de son université.
10 décembre 2008
Tableau iGEM

David Appleyard et iGEM

N’importe quel inventeur vous dira que l’innovation demande de la persévérance, de la patience ou de la chance et, idéalement, un peu des trois. Lorsque cet inventeur s’appelle James MacLeod, soyez assurés qu’il parle d’expérience… même s’il n’a que 19 ans.

Nous avons présenté James MacLeod pour la première fois en septembre 2006. Il fréquentait alors une école secondaire à Ottawa et venait d’obtenir une reconnaissance nationale pour des projets d’expo-sciences portant sur la réaction du corps humain au VIH, le virus qui cause le sida.

Le jeune homme venait tout juste de remporter le premier prix du Défi national biotech Sanofi-Aventis (maintenant le Défi BioTalent Sanofi-Aventis), l’un des concours de sciences les plus prestigieux pour les jeunes. Ses travaux étaient le fruit d’un apprentissage au laboratoire du Dr Jonathan Angel, à l’Institut de recherche en santé d’Ottawa, lequel s’intéresse aux thérapies du VIH et aux mécanismes à l’origine des dysfonctions immunitaires liées au VIH.

James MacLeod
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James MacLeod
James MacLeod

Maintenant étudiant de deuxième année en biologie et en psychologie à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario, James MacLeod s’emploie à permettre à certains étudiants de profiter d’une occasion semblable de participer à des recherches de haut niveau en laboratoire. Il a entrepris ces démarches peu après son arrivée à Kingston.

« Dès ma première année d’université, j’ai constaté le manque criant d’occasions, pour des étudiants qui, comme moi, s’intéressent à la recherche ou en ont déjà fait, de prendre part à des concours qui leur permettraient de se faire remarquer et de rencontrer des gens », souligne-t-il.

C’est alors qu’il a entendu parler de l’édition 2006 de la Queen’s National Undergraduate Conference on Medicine (conférence nationale sur la médecine s’adressant aux étudiants de premier cycle), qui tenait alors son tout premier concours de recherche. « J’ai cru que ce serait une excellente occasion de participer », précise MacLeod. Et c’est ce qu’il a fait.

Conférence iGEM
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Conférence iGEM
iGEM

Quelque 300 étudiants et professionnels de la médecine de partout au Canada se sont réunis à l’Université Queen’s afin de discuter de l’avenir des soins de santé au pays. MacLeod a été l’instigateur du Queen’s Health Sciences Research Competition (concours de recherche en sciences de la santé), dans le cadre duquel des étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs, et des étudiants en médecine, pouvaient soumettre des résumés de recherches liées au domaine de la santé au regard critique d’experts. Il faisait partie du comité organisateur de la conférence de cette année, qui s’est tenue en novembre.

Les efforts de James MacLeod pour promouvoir la recherche scientifique menée par des étudiants ne se limitent pas à cela. En collaboration avec Harry Zhou, un compagnon d’études qu’il a rencontré dans le cadre d’une expo‑sciences, MacLeod est en train de former une équipe, à l’Université Queen’s, en vue de participer à l’International Genetically Engineered Machine Competition (concours international de machines génétiquement conçues et programmées) ou iGEM, qui s’adresse aux étudiants de premier cycle dans le nouveau domaine de la biologie synthétique. Leur objectif consiste à aborder un problème d’un point de vue biologique ou structurel en concevant, dans une cellule mammifère ou procaryote, un nouveau système accomplissant une fonction biologique utile, comme cibler et détruire les cellules cancéreuses ou infectées par le VIH.

Jusqu’à maintenant, les deux jeunes chercheurs ont réussi à recruter plusieurs professeurs de biologie, de génie, d’informatique et de sciences biologiques qui accueilleront chacun un étudiant dans leur laboratoire l’été prochain. La prochaine étape consiste à trouver entre 8 et 10 participants et à recueillir les fonds nécessaires pour les appuyer. Une fois le projet terminé, l’équipe se rendra à Boston pour participer au concours iGEM, qui se déroulera en novembre 2009.

Participants de la conférence iGEM
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Participants de la conférence iGEM
iGEM

« Ce que je trouve intéressant dans le concours iGEM, c’est que, plutôt que de s’attarder à l’analyse d’un phénomène, il faut s’attaquer à un problème et concevoir une ou des solutions possibles, précise MacLeod. Il s’agit d’apporter une contribution à la société dans un avenir immédiat, alors que la recherche fondamentale peut exiger de 10 à 20 ans, selon l’objet de la recherche. »

Parions que la recherche fera partie intégrante de la future carrière de James MacLeod : lorsqu’il aura terminé ses études de premier cycle, il prévoit s’inscrire au doctorat en médecine.

« Je m’intéresse à la recherche, mais aussi à venir en aide aux gens, explique-t-il. Je crois que le doctorat en médecine me permettra de me concentrer sur la transposition des percées réalisées dans le domaine de la recherche à un niveau où les patients pourront en bénéficier. Car, comme on le dit souvent, il y a loin du laboratoire au chevet des malades. »