Saving the seaside

À la rescousse des berges

Une chercheuse d'Halifax veut s'assurer que les projets de construction côtière ne se réalisent pas au détriment des écosystèmes vulnérables
3 juin 2009
Dr. van Proosdij avec des images de satellites
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Dr. van Proosdij avec des images de satellites d'Ikonos et Landsat de la Baie de Fundy et l'estuaire de la Rivière Avon.
Saint Mary's University

Partout au pays, on entreprend de grands travaux d’infrastructure en vue de stimuler l’économie. Une chercheuse de la Nouvelle-Écosse veut s’assurer que cette profusion de chantiers de construction le long de la côte néo-écossaise n’entraînera pas une profusion… de problèmes.

Danika van Proosdij, professeure agrégée de géographie et directrice de l’unité de recherche Intertidal Coastal Sediment Transport (In_CoaST) à l’Université Saint Mary’s, à Halifax, s’applique à démontrer comment les ponts et les routes peuvent être conçus de manière à protéger la baie de Fundy.

L’unité In_CoaST, créée l’année dernière, bénéficie d’un éventail d’instruments grâce auxquels l’équipe de la chercheuse étudie les interactions entre les marées et les sédiments ainsi que la réaction des milieux intertidaux au développement et aux changements climatiques. À l’image du secteur de la construction, les activités de Danika van Proosdij connaissent un véritable boom.

Dr. van Proosdij et étudiant Casey
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Dr. van Proosdij et étudiant Casey O'Laughlin essaient le célérimètre acoustique Doppler (CAD) dans leur caisse d'eau dans l'unité In_CoaST.
Saint Mary's University

« Les demandes de collaboration se sont multipliées, indique celle-ci. Je ne serais pas en mesure de mener mes recherches actuelles sans cette nouvelle infrastructure. En fait, je ne pourrais pas faire mon travail du tout. »

On a récemment consulté Danika van Proosdij concernant un projet de 17,5 M$ visant à élargir l’autoroute 101 en Nouvelle-Écosse. Il s’agit du tronçon de la Transcanadienne reliant Halifax à Yarmouth et passant par la vallée d’Annapolis, connu jadis comme étant la route la plus meurtrière de la province. Ses recommandations ont tenu compte de la vulnérabilité du secteur aux changements climatiques. Grâce aux modèles d’In_CoaST et à l’analyse SIG, la chercheuse a pu prévoir, en fonction des marées, de l’augmentation du niveau de la mer et des précipitations, quelles seraient les zones d’inondation et l’étendue de celles-ci. En outre, l’imagerie satellitaire et les sondages d’élévation LIDAR ont permis de déterminer l’élévation idéale requise pour prévenir toute inondation de la route.

Le ministère des Transports et du Renouvellement des infrastructures de la Nouvelle-Écosse a également fait appel à l’équipe de Danika van Proosdij. Son mandat : l’aider à restaurer plusieurs marais salants et des habitats du poisson en amont. Le travail de l’unité In_CoaST a permis de placer la science au cœur des plans d’aménagement.

Essayant équipement de levé.
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Essayant équipement de levé.
Saint Mary's University

« Danika van Proosdij est, de loin, la personne la plus qualifiée pour évaluer les enjeux propres aux changements océaniques et climatiques », fait valoir Bob Pett, un analyste de l’environnement attaché au ministère qui recourt au savoir-faire de l’experte depuis cinq ans. « Maintenant, nous savons où nous nous en allons avec les routes et il est essentiel que nous comprenions les incidences possibles de l’élévation du niveau de la mer, de l’érosion et de la sédimentation. »

Le ministère de l’Agriculture de la province a conclu une convention de recherche avec Danika van Proosdij : on veut stimuler la croissance de nouveaux marais bordant les champs cultivés dans le but de prévenir l’érosion. Une solution plus rentable que l’érection de murs de roches. La chercheuse étudie aussi les répercussions des systèmes à énergie marémotrice dans la baie de Fundy pour le compte d’organisations privées qui s’intéressent à cette source d’énergie renouvelable.

« De plus en plus sensibilisées aux conséquences des changements climatiques et aux énergies de substitution, les gens construisent davantage le long de la côte. Ils devront donc prendre des décisions qui assurent la viabilité à long terme de l’écosystème, estime Danika van Proosdij. Plus les gens seront conscients des risques, plus le type de travail que je fais sera en demande. »