Research makes sure you have a safe flight

La recherche contribue à la sécurité aérienne

Un important constructeur d’aéronefs canadien collabore avec des chercheurs de l’Université du Nouveau-Brunswick pour transformer l’industrie aéronautique
17 novembre 2014

Jamais John Spray n’aurait pensé que ses compétences en formation de cratères serviraient à des constructeurs d’avions tels que Bombardier. Directeur du Planetary and Space Science Centre de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), M. Spray a consacré la majeure partie de ses premières années comme géologue à mener des recherches sur les répercussions souterraines des impacts d’astéroïdes. Non seulement ces collisions détruisent-elles une large part de la flore et de la faune environnantes, mais elles modifient également la terre et les roches qui composent l’écorce terrestre. « Nous faisions un travail d’investigation. Nous voulions connaître les matières solides qui se forment après un impact et tirer parti de ces connaissances pour fabriques des matières. »

 

C’est pour comprendre comment les matières – roches, métaux ou matières de fabrication humaine – deviennent plus résistantes après une collision massive que John Spray a créé de l’Impact Research and Technology Facility de l’Université du Nouveau-Brunswick.

Dans le centre de balistique, M. Spray et son équipe vivent le rêve de tout garçon de huit ans : lancer des projectiles depuis des canons géants et observer ce qui se produit. L’un des principaux dispositifs employés par le chercheur est le Foreign Object Damage Gun, qui lance des objets de deux à quatre kilos (soit l’équivalent d’un poulet rôti dodu) à des vitesses subsoniques d’environ 250 mètres à la seconde vers une cible métallique. John Spray utilise ensuite des capteurs de haute précision et des technologies informatiques, financées en grande partie par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), pour mesurer les plus infimes modifications subies par les matières ciblées : les déformations, les défaillances et, quelquefois, les résistances accrues qui surviennent après l’impact.

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Des chercheurs de l’établissement testent les limites de matériaux de protection contre les lourds impacts.

Il n’en fallait pas plus pour éveiller l’intérêt de l’avionneur Bombardier. John Spray a établi un partenariat de recherche avec John Coll, ingénieur aéronautique chez Bombardier Aéronautique à Toronto et responsable, depuis plusieurs années, des opérations en vol et de la certification d’avions tels que le Q400, le Global Express et les Learjet 40 et 45. M. Coll et ses collègues ont fait appel aux connaissances en balistique et à l’équipement du chercheur pour perfectionner les simulations par ordinateur des collisions avec des oiseaux et utiliser ensuite cette information pour mettre à l’essai et développer des matériaux plus légers, plus résistants et plus efficaces pour le nez, les ailes, le pare-brise, la turbine et la queue de l’avion – les parties les plus susceptibles d’être frappées par des oiseaux.

Les données recueillies aident l’avionneur à concevoir des avions résistants à ces collisions avec un vol d’oiseaux au moment du décollage ou de l’atterrissage. « Selon moi, les gens n’ont pas à s’inquiéter » quand il évoque le vol 1549 d’US Airways qui, en 2009, après avoir percuté un vol de bernaches du Canada, avait dû amerrir d’urgence sur la rivière Hudson, à proximité de Midtown Manhattan. « Des pratiques d’ingénierie et de conceptions exemplaires feront de ces accidents, des exceptions. »

Il ajoute que son objectif à long terme est d’aider Bombardier à mettre au point des matériaux plus résistants, plus légers et plus sécuritaires pour la prochaine génération de pièces d’avion. « C’est la direction souhaitée. Je veux repousser les limites et proposer des idées et des matériaux révolutionnaires. »

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Des chercheurs canadiens, dont John Spray, tentent de déterminer la présence passée de vie sur la planète rouge.