Getting to the root of water quality

À la racine du problème: les contaminants dans l'eau

1 mars 2006
Les longs voyages en voiture en famille sont beaucoup plus agréables quand on a une activité pour nous occuper tout le long du trajet, comme prélever des échantillons d’eau des différentes villes que l’on visite! C’est l’activité qu’a choisie Nashila Addetia, 16 ans, pour passer le temps pendant un voyage en voiture avec sa famille entre Saint-Jean (Terre-Neuve) et Boston (Massachusetts).
 

À la fin du voyage de deux semaines, la voiture était remplie d’échantillons d’eau du robinet d’une vingtaine de villes, conservés dans des contenants hermétiques. Voyant que les échantillons prenaient de plus en plus de place dans le coffre de la voiture, le père de Nashila s’est mis à se demander à quoi servirait toute cette eau. Il ne savait pas que sa fille avait l’intention de mettre une graine de laitue beurre dans chaque échantillon et d’observer ce qui se produirait.

« C’était vraiment une expérience amusante, déclare Nashila. Les graines de laitue sont de bons indicateurs de la qualité de l’eau. Il suffit d’un seul polluant dans l’eau pour que les racines soient moins longues. »

Cette expérience a permis à la jeune fille de participer au concours de l’Expo-sciences pancanadienne 2005, qui se tenait à Vancouver au printemps dernier. Elle y a obtenu la mention honorable dans la catégorie Sciences de la terre et de l’environnement et a gagné le Prix du concours canadien junior au sujet de l’eau, à Stockholm.

Dans son projet, Nashila Addetia présentait la croissance des graines de laitue comme une épreuve biologique efficace. Elle avançait l’hypothèse que l’eau des villes proches de zones très industrialisées limitait la croissance des racines, ce qui indiquait des niveaux élevés de pollution. Sans déceler ni mesurer aucun polluant particulier, son travail permettait une comparaison relative des échantillons.

La jeune fille a prélevé l’eau du robinet de chez elle pour son échantillon de contrôle afin d’y comparer les autres; la germination des graines de laitue de cet échantillon a été meilleure que celle des autres échantillons. Mais les cinq prélevés dans d’autres régions de sa province ont également obtenu de bons résultats. « Tous les échantillons provenant de Terre-Neuve ont présenté une bonne croissance des racines, précise-t-elle. Ils se classaient tous parmi mes 10 meilleurs prélèvements. »

Les échantillons qui ont obtenu de moins bons résultats ont été prélevés autour et à l’est des Grands Lacs. La recherche qu’elle a ensuite menée indique que les lieux de ces prélèvements se situent sur le parcours de la pollution atmosphérique portée par les vents qui soufflent du sud-ouest de l’Ontario vers la Nouvelle-Écosse. Il est intéressant de noter que les racines classées en deuxième position pour leur croissance se trouvaient dans un échantillon provenant de Buffalo (New York), ce qui a mené Nashila à étudier la possibilité que certaines villes en font plus que d’autres pour nettoyer leur eau potable.

« À la fin de mon expérience, indique Nashila Addetia, j’ai approfondi la possibilité que certaines villes puissent avoir de meilleurs systèmes de filtration. » Bien qu’elle n’ait pas été en mesure de déterminer avec précision les différences qui existent entre les techniques utilisées par les villes pour traiter leur eau, elle a trouvé une quantité significative de phosphate dans l’échantillon qui a produit le pire résultat et n’a trouvé aucun phosphate dans celui qui a produit le meilleur résultat.

Nashila, qui obtiendra son diplôme d’études secondaires cette année, participe à des expo-sciences depuis le secondaire II : l’expérience sur la croissance des racines de laitue n’était pas son premier projet. Toutes les excursions scientifiques sur le terrain qu’elle a faites lors de ses vacances en famille lui ont appris que la meilleure approche en recherche est souvent la plus simple.

« La plupart des gens compliquent les choses, affirme-t-elle. Ils aboutissent à un projet qu’ils ne peuvent pas réaliser ou ils le terminent en retard. »

Son point de vue se résume dans la graine de laitue beurre : un organisme simple qui a démontré son potentiel dans des épreuves biologiques partout dans le monde. Après avoir lu sur certaines applications de ces graines, Nashila Addetia a compris qu’elles seraient de bons indicateurs de la qualité de l’eau pour son projet.

« Il n’était pas très difficile de comprendre ce que je faisais, explique-t-elle. N’importe quel élève du secondaire aurait pu y parvenir sans l’aide d’un mentor ou de ses parents. »

Quand Nashila pense à l’université, son plan est tout aussi simple : « Je veux apprendre le plus de langues possible. » Elle parle déjà anglais et un peu français et elle a étudié l’allemand et l’espagnol à l’école. Elle aimerait un jour utiliser ses connaissances scientifiques pour transcender les barrières linguistiques.

« Je veux faire quelque chose de nouveau, que personne n’a jamais fait avant moi », déclare-t-elle en mentionnant l’importance du langage dans la résolution de la plupart des problèmes scientifiques les plus pressants de notre époque. Selon elle, si on peut se parler, on peut alors résoudre beaucoup de problèmes.

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