Giving thanks

La gratitude d'une vedette

L'acteur Michael Douglas participe à la campagne de financement des médecins montréalais qui lui ont sauvé la vie
1 juin 2011
Michael Douglas prend la parole à la 17e soirée
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Michael Douglas prend la parole à la 17e soirée annuelle de financement du Fonds pour les cancers du cou et de la tête de l'Université McGill.
Howard Kay

À défaut de trouver un meilleur mot, on peut reprendre la fameuse réplique du personnage interprété par Michael Douglas dans le film Wall Street : « La cupidité, c’est bien ». C’est peu après la fin du tournage de la suite, Wall Street – L’argent ne dort jamais, que l’acteur a ressenti des douleurs au larynx et à la mâchoire. Ses médecins à New York se sont contentés de lui prescrire des antibiotiques.

Mais en août 2010, alors qu’il séjournait dans sa résidence secondaire du Mont-Tremblant, au Québec, avec sa conjointe Catherine Zeta-Jones, il a décidé de consulter le Dr Saul Frenkiel, un spécialiste à l’Hôpital général juif de Montréal, titulaire de la Chaire du département d’oto-rhino-laryngologie – chirurgie cervico-faciale de l’Université McGill. Après un examen et une biopsie, le médecin a détecté ce qui avait échappé à ses confrères américains : une tumeur de la taille d’une noix dans la gorge et un cancer de stade 4. La suite de Wall Street était à peine sortie sur les écrans que l’acteur suivait déjà des traitements intensifs de radiothérapie et de chimiothérapie.

Le Dr Frenkiel a examiné Michael Douglas au neuvième étage du Centre du cancer Segal, dans l’aide ouest de l’hôpital. Ouvert en 2005, le centre qui a aujourd’hui un effectif de quelque 300 personnes - médecins et personnel infirmier – reçoit environ 70 000 patients par année et accueille des programmes de recherche majeurs.

« Le financement de la FCI a permis de bâtir le Centre, indique son directeur Gerald Batist. Une première subvention d’infrastructure de 3 millions de dollars, reçue en 2000 pour la construction d’un espace réservé aux soins cliniques d’une superficie équivalente à deux patinoires de la LNH, a permis de mettre sur pied l’un des plus importants centres de cancérologie de pointe au pays.

En médecine, le lien entre la recherche fondamentale et le traitement des patients n’est pas toujours direct. « Nous mettons maintenant l’accent sur la médecine personnalisée », indique Batist. Il mentionne le groupe de pathologie moléculaire dont les travaux permettent aux chercheurs d’établir le profil des tumeurs et de déterminer des traitements spécifiques, non seulement pour un seul type de cancer, mais pour tous les types.

« Nous avons fait des progrès énormes dans le traitement des cancers de la tête et du cou », fait valoir le Dr Frenkiel. Bien que le nombre de cancers de la gorge ait chuté au cours des dernières années – vraisemblablement en raison de la diminution du tabagisme – les taux des cancers de la thyroïde et du col de l’utérus continuent de grimper. Les recherches menées par l’équipe du médecin se déploient dans les quatre hôpitaux d’enseignement de McGill tout en reposant directement sur l’expertise du Centre du cancer Segal. Son groupe de chercheurs utilise les laboratoires et fait appel aux adjoints à la recherche du Centre. « Il compte des chercheurs hautement qualifiés qui collaborent avec nos cliniciens et nos étudiants. »

Michael Douglas est revenu à Montréal en mai pour remercier Saul Frenkiel et ses collègues et pour participer à la campagne de financement du Fonds pour les cancers du cou et de la tête. Prenant la parole avant le gala tenu au Windsor, l’acteur a admis que le diagnostic ne l’avait surpris qu’à moitié.

« Je savais dans mon for intérieur que quelque chose ne tournait pas rond. Mais un stade 4… il m’aura fallu une bonne minute pour encaisser le coup! »

C’est grâce, en grande partie, à la reconnaissance de Douglas envers ceux qui lui avaient sauvé la vie que le gala du Fonds pour les cancers du cou et de la tête de McGill a permis de recueillir près de 2 millions de dollars. Comme on le constate, la générosité, c’est bien!