La classe la plus chaleureuse sur terre

La classe la plus chaleureuse sur terre

26 novembre 2008
Une expédition dans l'Arctique canadien motive les jeunes à devenir des chefs de file en environnement

Au début du mois d’août 2008, Rohit Mehta, 18 ans, s’embarquait sur un navire en partance pour l’Arctique canadien. Il était convaincu qu’il passerait les deux semaines qui allaient suivre dans une région sauvage et glaciale. Il se trompait.

« J’en ai eu le souffle coupé », admet cet élève torontois de niveau secondaire à propos de son expérience de voyage avec Students on Ice. Depuis 1999, cette organisation invite des jeunes à participer à des expéditions en Arctique et en Antarctique. « Lorsque vous voyez des glaciers se transformer en rivières, que vous étudiez des plantes et des animaux parfois uniques ou que vous faites connaissance avec les communautés inuites, vous réalisez que l’Arctique, c’est beaucoup plus que de la glace et de la neige. »

Ce ne sont là que quelques-unes des expériences qu’ont vécues Rohit Mehta et 65 jeunes du Canada et d’autres pays du monde, tels que l'Afghanistan, le Mexique, la Norvège, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, lors de leur aventure en Arctique l’été dernier, une expédition axée sur l’Année polaire internationale – qui, en fait, s’étend de mars 2007 à mars 2009. Students on Ice vise à sensibiliser les jeunes aux questions environnementales, à éveiller leur curiosité pour l’Arctique et en faire des ambassadeurs, des chefs de file et des gardiens d’un avenir durable.

Tout au long de leur voyage d’exploration de l’île de Baffin orientale, au Nunavut, les jeunes participants étaient accompagnés par des éducateurs enthousiastes, des artistes, des musiciens et des scientifiques de renommée internationale. Des adultes qui étaient là pour les aider dans leurs travaux pratiques de recherche et leurs ateliers interactifs traitant de biologie marine, des sciences de la terre, de développement durable, de culture inuite et de questions environnementales.

« Nous ne devons pas oublier que nos communautés nordiques sont les premières à être affectées par nos actions ou par nos négligences. »
Zoom

Lee Narraway, Students on Ice

En faisant la cueillette sur le terrain de spécimens de plantes rares, en explorant la glace marine en zodiaque ou en échangeant avec les Inuits sur les menaces que les changements climatiques font peser sur leur mode de vie, ces jeunes ont eu la chance d’en apprendre davantage sur le fragile équilibre environnemental de l’Arctique.

« J’ai constaté à quel point les communautés dépendent de leur milieu et à quel point chaque petit changement a un effet important sur eux, dit Lena Silseth, une jeune Norvégienne. Nous ne devons pas oublier que nos communautés nordiques sont les premières à être affectées par nos actions ou par nos négligences. »

Delphine Rémillard Labrosse, une camarade de voyage de Montréal, ajoute que les Inuits ont un rôle vital à jouer dans la recherche scientifique sur le Nord. « Il est primordial que les scientifiques poursuivent leur travail avec les membres de nos communautés nordiques car ils ont une formidable connaissance du milieu et sont les premiers témoins des changements dans l’environnement arctique. Leur savoir n’est pas toujours scientifique, mais il peut souvent nous apprendre des choses. »

En voyant des gens vivre sur un territoire en train de se modifier radicalement, les jeunes peuvent mieux comprendre et mieux évaluer les difficultés auxquelles doivent faire face la population, les plantes et les animaux de l’Arctique, estime Geoff Green, fondateur et directeur général de Students on Ice, qui a guidé plus de 1 000 jeunes de 14 à 19 ans de niveau secondaire, collégial ou universitaire lors d’odyssées polaires. Il croit qu’ils ont énormément à apprendre des deux plus grandes régions sauvages de la planète, en science, en culture et en environnement.

« Les régions polaires sont les plus fabuleuses classes sur Terre, dit-il. Elles informent, elles inspirent et me donnent de grands espoirs lorsque je constate à quel point, au retour, les participants s’impliquent dans des initiatives jeunesse environnementales. »

À leur retour de voyage, à la mi-août, les explorateurs de Students on Ice 2008 ont partagé leurs expériences préférées et ce qu’ils avaient appris avec leurs amis, leur famille et les journalistes à l’occasion d’une rencontre à Ottawa, présentée par le Musée canadien de la nature. « Le programme que propose Students on Ice comporte plusieurs facettes et offre une foule de modes d’apprentissage sur les changements climatiques, témoignait Ophelia Snyder, une élève du secondaire de New York. C’est comme s’il fallait choisir quelle facette d’un diamant nous plaît le plus. » Ophelia compte tirer profit de son expérience en organisant des colloques et des ateliers sur des questions environnementales. « Je sais que je parle au nom de chacun des participants lorsque je dis que voir, c’est croire, dit-elle. Croyez-moi, l’Arctique a besoin de vous. »

Pour en apprendre davantage

Visionnez les vidéos de l’expédition Students on Ice 2008.

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