Advancing the fight against MS

Faire avancer la lutte contre la SP

En déployant des efforts sans précédent en matière de recherche, les scientifiques canadiens gagnent du terrain dans la lutte contre la « maladie du Canada »
2 juillet 2008
Au début, vous pensez que vous êtes en proie au stress – étourdissements, difficultés de concentration, picotements épisodiques dans les membres, et même quelques accès de fatigue extrême et de vision embrouillée. Vous vous raisonnez en vous disant qu’il est normal qu’une jeune mère essayant de concilier travail, famille et vie sociale ressente ce genre de malaises de temps à autre. Mais un jour, lorsqu’un collègue vous demande pourquoi vous avez de la difficulté à marcher, vous réalisez qu’il est temps de prendre rendez-vous chez le médecin.

Vous êtes complètement prise au dépourvu lorsqu’on vous dévoile le diagnostic dévastateur : il semble que vos symptômes ne soient pas causés par le stress, mais bien par l’apparition de la sclérose en plaques (SP). Et votre cas ne fait que s’ajouter à ceux des 75 000 personnes déjà atteintes de la sclérose en plaques au Canada.

Avec des statistiques comme celles-là, il n’est pas surprenant que la SP – une maladie chronique du système nerveux central, imprévisible et potentiellement invalidante – soit considérée par plusieurs comme étant la « maladie du Canada ».

La raison pour laquelle le Canada présente une incidence aussi élevée demeure un mystère. Une conséquence positive a quand même résulté de cette triste situation : les chercheurs canadiens ont réagi en créant l’un des réseaux de recherche sur la SP les plus actifs et les plus vastes du monde.

« Les chercheurs du monde entier travaillant sur la SP reconnaissent la force de ce phénomène unique au Canada et l’intérêt des travaux entrepris au pays sur cette maladie », affirme Jon Temme, vice-président à la recherche à la Société canadienne de la sclérose en plaques.

V. Wee Yong
V. Wee Yong
 

Le réseau de recherche sur la SP, d’une importance inégalée au Canada, joue un rôle de chef de file. Les spécialistes en imagerie par résonance magnétique (IRM) du Canada ont d’ailleurs été parmi les premiers à montrer des images détaillées de l’activité lésionnelle dans le cerveau des personnes atteintes. Cette percée a non seulement permis aux médecins de poser des diagnostics plus rapides et plus précis, mais elle a aussi révélé que la SP est beaucoup plus répandue qu’on le croyait, et que son incidence est à la hausse. Le Canada est également à l’avant-garde dans le domaine des greffes de moelle osseuse, qui visent à ralentir l’évolution de la SP, et même à tenter de la faire régresser, chez les patients qui sont à un stade avancé de la maladie.

Ces progrès, qui concernent de multiples facettes de la recherche, sont bien sûr accueillis avec enthousiasme par Wee Yong (Ph. D.), l’un des plus éminents chercheurs canadiens en matière de sclérose en plaques. « La recherche sur la SP est en pleine effervescence », affirme Yong, président du Conseil médical consultatif de la Société canadienne de la sclérose en plaques et professeur en neurosciences à l’Université de Calgary. « Les personnes atteintes de sclérose en plaques n’ont jamais eu autant de raisons d’espérer. »

Dans le cadre du programme sur la SP du Hotchkiss Brain Institute, fondé par l’université, Wee Yong et sa collègue, Luanne Metz (Ph. D.), sont à l’avant-garde de l’un des axes de recherche les plus prometteurs sur le traitement de la maladie. Leurs travaux portent sur les effets de la minocycline, un médicament couramment utilisé contre l’acné qui réduit le nombre et la taille des lésions causées par le SP. Offert sur le marché depuis 50 ans, ce médicament en est maintenant au stade des derniers essais avant que Santé Canada en approuve l’utilisation pour le traitement de la SP.

« Comme la SP est une maladie inflammatoire chronique du système nerveux, nous nous sommes intéressés aux médicaments qui limitent les réactions inflammatoires du système immunitaire, explique Yong. De plus, nous nous sommes penchés sur les médicaments d’utilisation courante, pouvant être rapidement approuvés dans le cadre du traitement de la SP. »

La minocycline répond à ces deux critères. D’une part, son effet anti‑inflammatoire pourrait s’avérer utile pour lutter contre l’inflammation du cerveau et de la moelle épinière provoquée par la SP et, d’autre part, le médicament est déjà offert en comprimé. Comme, à l’heure actuelle, tous les médicaments contre la SP sont injectés, la minocycline pourrait représenter une véritable innovation en rendant le traitement beaucoup plus pratique et moins douloureux. À un coût d’environ 800 $ par année par personne, la minocycline est bien moins chère que les autres médicaments contre la SP, dont les coûts annuels peuvent s’élever à plus de 30 000 $.

 

« Il est évident que nous avons accompli de grands progrès pour pouvoir offrir des médicaments immunomodulateurs plus efficaces pour la SP, comme la minocycline », indique Wee Yong, dont la détermination à concrétiser les résultats de la recherche en laboratoire lui a valu en 2003 une médaille d’or du Jubilé de la Reine pour ses travaux au profit de la Société canadienne de la sclérose en plaques.

« Et nous devenons meilleurs de jour en jour. Je pense que nous pourrons bientôt commencer à envisager de façon réaliste la possibilité de réparer certains des dommages causés par la SP. »

Il y a un peu plus de 10 ans, il n’existait aucun traitement connu pour aider à modifier l’évolution de cette maladie encore incurable et mystérieuse (le déclencheur initial de la SP demeure inconnu). Aujourd’hui, bon nombre de traitements sont étudiés dans le monde entier.

Avec des percées aussi significatives sur plusieurs fronts de la lutte contre la SP – nouveaux médicaments, médications nouvelles ou améliorées et la possibilité éventuelle d’une véritable réparation des cellules nerveuses – Wee Yong est persuadé que les chercheurs canadiens et du monde entier ont remporté une importante bataille contre cette maladie.

« On ne connaît pas l’avenir, mais pour les personnes atteintes de la SP, le futur n’aura jamais été aussi prometteur que maintenant. »

Mai est le Mois de la sensibilisation à la SP au Canada.

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