Studying human bias

Étudier les préjugés

Des chercheurs de la Colombie-Britannique étudient des milliers de sujets issus du grand public
16 octobre 2012

Dans les heures précédant son entrevue d’emploi à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), Andrew Baron n’a pas arpenté les corridors de l’établissement, ni passé en revue son curriculum vitae. Le doctorant en psychologie a plutôt parcouru Vancouver en taxi à la recherche d’un lieu où il pourrait, l’espérait-il, installer son nouveau laboratoire.

Alors étudiant à l’Université Harvard, Andrew Baron souhaitait rencontrer des sujets de recherche représentatifs du grand public afin d’examiner la façon dont les enfants pensent et utilisent leur mémoire.    

Il a obtenu le poste en janvier 2010. Dès juin, il avait mis sur pied le premier laboratoire public de pédopsychologie du Canada à Science World, un centre des sciences très prisé à Vancouver.

Le Living Lab, comme on l’appelle, recrute ses sujets parmi les 500 000 visiteurs annuels du Science World. Depuis l’ouverture du laboratoire, les chercheurs ont mené des expériences auprès de 18 000 enfants pour approfondir le principal intérêt de recherche d’Andrew Baron : le développement des partis pris et des préjugés chez les enfants.

« Nous essayons de comprendre ce qui, dans la psychologie humaine, conduit les enfants à acquérir des préjugés à l’égard de personnes semblables ou différentes, indique Andrew Baron, et comment les rendre plus tolérants. »

Les chercheurs de l’UBC circulent dans le centre à la recherche d’enfants dont l’âge varie entre 1 et 18 ans – accompagnés de leurs parents consentants – dans le but de les faire participer à de courtes expériences menées au laboratoire.

Dans l’une de ces expériences, on assigne des enfants de deux et trois ans à des équipes de marionnettes commandées par des chercheurs. On examine ensuite comment les enfants se comportent envers d’autres équipes de marionnettes, avec lesquelles ils sont appelés à rivaliser ou à coopérer. À ce jour, Andrew Baron a été surpris de constater que déjà tout petits, les enfants affichent souvent des préjugés à l’égard de ceux qui sont différents, alors qu’il croyait que cette attitude se manifestait plus tard dans la vie.

Ces travaux permettront de déterminer les facteurs qui poussent les enfants à devenir plus ou moins tolérants à l’endroit des gens qui les entourent. Leurs conclusions seront plus tard présentées aux parents, aux décideurs et enseignants.

Andrew Baron a transporté le concept de « laboratoire vivant » au sein même de sa collectivité. L’année dernière, il a lancé un programme de recherche dans plusieurs écoles primaires de la région de Vancouver visant à explorer des façons de modifier le stéréotype selon lequel les garçons seraient meilleurs que les filles en science. Il espère ainsi contrer cet obstacle à la réussite scolaire des filles. Le programme se poursuivra cette année.

« Voilà une excellente occasion pour le public de découvrir comment s’exerce ce type d’activité scientifique », conclut-il.

(Mention de source : Science world)