Unravelling ancient climates? It’s as clear as mud

Le Bosmina est une espèce de daphnie. Ici, une seule daphnie, semi-transparente, est photographiée devant un arrière-plan bleu uniforme.

Érosion des climats d’antan? C’est clair comme de la boue

Des chercheurs utilisent l’information archivée dans les sédiments de fond de lac pour combler les lacunes relatives aux données climatiques datant de plusieurs millénaires
29 novembre 2015

Les sédiments près de la surface renferment des
renseignements sur les changements environnementaux
des dernières décennies. On recueille ces matériaux
au moyen d’un dispositif de carottage conçu précisément
pour ramasser la vase du lac meuble.

Mention de source : Jason Briner, University of Buffalo

Dans les années 1970, personne n’aurait pu nier que certains lacs de l’Ontario étaient acides. Mais en avait-il toujours été ainsi? L’acidité avait-elle plutôt été engendrée par l’activité humaine? La seule façon de le savoir serait d’avoir en main des mesures fiables de l’acidité des lacs datant de l’ère préindustrielle, soit des années 1800, et de comparer celles-ci aux résultats actuels.

Cependant, à cette époque, personne ne se souciait de mesurer l’acidité des lacs. Tout comme nul ne consignait les conditions climatiques il y a dix mille ans. Certaines données dont nous disposons remontent à un siècle, mais nombreuses sont celles qui n’ont qu’une trentaine d’années – ce qui est loin d’être suffisant pour établir des comparaisons valables qui permettraient aux scientifiques du climat de déterminer si les conditions météorologiques contemporaines diffèrent réellement de ce qu’elles étaient autrefois.

Dans ce balado, John Smol explique pourquoi les lacs sont les plus fidèles témoins du passé. Ce balado est disponible uniquement en anglais.


Image de microscopie à balayage
électronique d’une diatomée, ou
Aulacoseira, préservée dans les
sédiments d’un lac de l’île de
Baffin Island
Mention de source :
Cheryl Wilson,
Queen’s University et Alexander
Wolfe, University of Alberta

Heureusement, il est possible de remonter le temps afin de créer l’historique des modifications environnementales survenues au fil des ans. John Smol, biologiste à la Queen’s University, y parvient en étudiant la boue qui recouvre le fond des lacs. En analysant les renseignements préservés dans les sédiments et les fossiles qui y sont enfouis – un champ d’étude appelé la paléolimnologie – M. Smol et ses collègues du Paleoecological Environmental Assessment and Research Laboratory de la Queen’s University peuvent retracer, avec une précision remarquable, les données de surveillance manquantes. Grâce à celles-ci, les scientifiques peuvent répondre à des questions cruciales telles que le moment où les pluies acides ou les produits chimiques industriels ont commencé à avoir une incidence sur l’eau et l’écologie des lacs.

Légende de la photo principale : Bosmina, une espèce de daphnia, est bien préservée dans les sédiments du lac.

Mention de source : Jennifer Korosi, Queen’s University

Cet article a été publié à l’origine en juin 2014