Educating Generation Z

Un enfant aux cheveux bouclés étire son bras pour compléter le dessin d’un objet sur un grand tableau vert. Toute la surface du tableau est remplie d’un assortiment de gribouillis : avion, poisson, ordinateur, plante, ampoule et autres objets.

Éduquer la génération Z

Les jeunes qui retournent à l’école cette semaine – des élèves de la maternelle aux nouveaux étudiants universitaires – constituent une nouvelle génération qui sera plus instruite, plus branchée et plus spécialisée que toutes les précédentes. Des chercheurs d’un bout à l’autre du Canada conçoivent les programmes et les salles de classe qui les prépareront à affronter le monde reçu en héritage.
25 août 2015

Au Canada, peu d’enfants d’âge scolaire se souviennent de l’époque où il était impensable de transporter une grande partie du savoir humain dans un téléphone de poche. Ils préfèrent communiquer avec des images, ont une faible capacité de concentration et font partie d’un réseau social mondial.

Cette cohorte, dont les aînés qui ont vu le jour en 1995 entrent maintenant à l’université, forme aujourd’hui la génération Z. Nous commençons tout juste à connaître cette génération – les plus jeunes sont encore aux couches – mais selon les premières impressions des spécialistes du marketing et des chercheurs, elle est très différente des précédentes.

Ces jeunes sont nés dans un monde numérique, comme la génération du Millénaire, mais en moins choyés. Ils ont connu les répercussions de la récession et n’ont jamais cru qu’ils étaient fondamentalement spéciaux ni qu’un diplôme universitaire serait garant de leur réussite.

D’ici à ce que les étudiants de la génération Z intègrent le marché du travail, les connaissances compteront moins que les renseignements qu’ils seront capables de trouver et l’usage qu’ils en feront.

En un sens, la génération Z combine le meilleur des générations précédentes : une grande autonomie, le sens de l’entrepreneuriat, l’ouverture d’esprit et la volonté de changer le monde.

Le défi des éducateurs consiste donc à trouver le moyen d’adapter leur salle de classe à ce nouveau type d’étudiants. En effet, les jeunes de la génération Z font preuve d’une grande agilité mentale, mais sont facilement distraits. Il peut donc être plus difficile d’interpeller ce groupe, de retenir son attention et d’optimiser son potentiel. Parallèlement, la prévalence de troubles d’apprentissage comme le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est à la hausse alors que les médias sociaux amplifient des problèmes tels que l’intimidation.

Rosemary Tannock, scientifique principale au Hospital for Sick Children de Toronto et professeure à la Institute for Studies in Education de la University of Toronto, explique comment ses recherches procurent aux enseignants des ressources et des renseignements fondés sur des données probantes dont ils peuvent se servir dans leur pratique quotidienne afin d’aider les élèves atteints de TDAH à réussir à l’école. (Cette vidéo est disponible uniquement en anglais.)

Et il n’y a pas que les étudiants qui changent. Les compétences dont ils auront besoin pour réussir évoluent aussi.

Et grâce à l’omniprésence d’Internet, d’ici à ce que les étudiants de la génération Z intègrent le marché du travail, les connaissances importeront moins que jamais, beaucoup moins que la recherche, l’analyse et la déduction. En d’autres termes, les connaissances compteront moins que les renseignements qu’ils seront capables de trouver et l’usage qu’ils en feront.

Il s’agit d’une période propice à l’innovation dans le secteur de l’éducation. Ce sont ces étudiants qui se retrouveront dans une salle de classe traditionnelle, assis en rang devant un enseignant chargé d’aborder les multiples aspects d’un programme bien établi.

Et comme si cela ne suffisait pas, les étudiants de la génération Z se préparent à affronter un marché du travail mal défini qui sera dominé par des emplois qui n’existent pas encore.

Dans des laboratoires financés par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), des chercheurs étudient l’adaptation possible des salles de classe à cette nouvelle réalité. Ils élaborent des techniques et des idées nouvelles qui auront une incidence non seulement sur la manière d’enseigner à cette génération, mais également sur les méthodes et les raisons qui sous-tendent l’apprentissage.

Il s’agit d’une période propice à l’innovation dans le secteur de l’éducation. Alors que certains affirment que le fonctionnement des salles de classe n’évolue pas assez rapidement, les besoins uniques de la génération Z sont sur le point d’imposer ce changement. Ce sont ces étudiants qui se retrouveront dans une salle de classe traditionnelle, assis en rang devant un enseignant chargé d’aborder les multiples aspects d’un programme bien établi.

Tout doit être revu, y compris les modèles d’enseignement, la disposition des bureaux, les documents didactiques et les barèmes de correction.

Cliquez sur les liens situés à droite pour découvrir certains des derniers concepts en éducation et la réorganisation des salles de classe.


Kate Hammer, journaliste en éducation, vit à Toronto. Ses articles ont été publiés dans The Globe and Mail et The New York Times.

Cet article a été publié à l’origine sur innovation.ca en août 2014.


 


 

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