Dynamiser l’exploitation des mines de diamants dans le nord canadien

Dynamiser l’exploitation des mines de diamants dans le nord canadien

Graham Pearson, géochimiste, dévoile les aspects scientifiques qui sous-tendent la prospection de cette précieuse ressource
3 juin 2014

Texte de Malorie Bertrand
Vidéo de Sabrina Daniel

Le Canada n’a fait son entrée dans l’industrie du diamant qu’au milieu de l’an 2000, mais il est vite devenu le troisième plus important producteur au monde pour ce qui est de la valeur, extrayant plus de un milliard de dollars de diamants annuellement. Et aujourd’hui, ces pierres reconnues pour leur beauté et leur qualité représentent 15 pour cent de l’offre mondiale. Toutefois, la découverte d’importants gisements de ce minéral exceptionnel est essentielle au maintien de l’industrie et de la renommée du Canada à titre de producteur principal.

Graham Pearson, géochimiste, et son équipe du Arctic Resources Laboratory de la University of Alberta – l’un des principaux laboratoires de recherche sur le diamant au monde – collaborent avec certaines des plus grandes sociétés de diamants telles que De Beers, pour les aider à trouver de riches gisements dans le Nord du Canada.

M. Pearson explique l’importance de l’exploitation des mines de diamants dans le Nord canadien :

Comme les diamants sont une denrée rare, les prospecteurs se fient à des « minéraux indicateurs », comme le grenat, qui sont associés au type de formation rocheuse qui recèle des diamants. Des teneurs élevées de ces types de minéraux dans un secteur signifient la présence possible d’un important gisement de diamants à proximité. En perfectionnant les méthodes de prospection du diamant, l’équipe du chercheur permet aux sociétés d’économiser des millions de dollars qui serviraient autrement à parcourir le Nord à la recherche de nouveaux gisements.

M. Pearson explique comment les prospecteurs de diamants utilisent les minéraux indicateurs pour découvrir de nouveaux gisements :

M. Pearson s’emploie également à établir une empreinte du diamant canadien afin que celui-ci soit facilement reconnaissable et certifié comme ne provenant pas d’une zone de conflit. Grâce à ces mesures, le secteur canadien du diamant profiterait d’un avantage concurrentiel puisque les consommateurs sont soucieux de se procurer des diamants qui ne sont pas le fruit du travail forcé et qui ne financent pas indirectement des armes et des conflits dans des pays en développement. Ainsi, M. Pearson analyse les diamants issus de gisements canadiens pour établir l’empreinte d’un élément trace qui permettrait de distinguer ces diamants de ceux d’une autre provenance.

Cependant, les diamants ne sont pas uniquement une marchandise de valeur; ils constituent aussi une vitrine sur les profondeurs de la Terre, donnant aux chercheurs des indices sur la formation de la planète. En 2009, alors qu’il cherchait des minéraux pour dater un groupe de diamants particulier appelé « diamants de profondeur », un des étudiants de M. Pearson a remarqué une inclusion minérale inhabituelle qui s’est avérée être de la ringwoodite, un minéral auparavant jamais vu qui, s’il était décelé, indiquerait, selon les scientifiques, la présence possible d’eau dans le manteau terrestre. Cette découverte, qui confirme la présence d’une importante quantité d’eau emprisonnée dans les profondeurs de la Terre, a fait l’objet d’un article dans Nature Magazine.

M. Pearson explique ce que signifie la découverte de l’inclusion de ringwoodite :