Ship to shore

Du pont au travail sur le terrain

10 juin 2009
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ArcticNet

L’idée peut sembler progressiste, inspirée… et presque impossible : réunir un groupe hétérogène de scientifiques étrangers sur une plateforme de recherche flottante dans l’Arctique et s’assurer qu’ils collaborent pour recueillir des données permettant une meilleure compréhension de l’évolution de l’environnement. Pourtant, le brise-glace NGCC Amundsen, basé à Québec sous la supervision de l’Université Laval, témoigne de ce qui est réalisable lorsqu’on associe financement, volonté et opinion publique.

« L’Amundsen est un exemple d’infrastructure qui a vraiment transformé tout un domaine de recherche au Canada », de dire Louis Fortier, responsable scientifique à bord de l’Amundsen.

Depuis l’importante refonte dont il a fait l’objet avant sa mise à l’eau en 2003 à titre de brise-glace canadien consacré à la recherche scientifique, l’Amundsen a passé 1 008 jours en mer, favorisant des recherches innovatrices et multidisciplinaires sur les changements climatiques, les glaces marines, les glaciers, la répartition des poissons, le transport des contaminants et les répercussions du réchauffement de la planète sur les mammifères marins. L’Amundsen a recueilli des données de base essentielles à la documentation des changements draconiens observés dans l’environnement.

Plus de 200 scientifiques issus de 15 pays ont participé à l’Étude sur le chenal de séparation circumpolaire, une zone de glace mince ou exempte de glaces marines située entre la banquise et les glaces côtières. L’étude a permis de découvrir que cette zone regorge de mammifères marins et de plancton, que sa superficie augmente d’année en année et qu’elle est sensible aux forces atmosphériques et océaniques. « Il s’agit d’une représentation embryonnaire de ce que deviendra l’océan Arctique », déclare Louis Fortier.