Community fuel

Du carburant pour la collectivité

Un chercheur albertain fait prendre un virage vert à sa collectivité en transformant les déchets des cultures en carburant
24 octobre 2012

Chaque année, partout au pays, des milliers de tonnes de canola et d’autres plantes oléagineuses sont expédiés aux déchets, endommagés par les chaleurs ou les froids extrêmes. Toutefois, adéquatement traitées, ces plantes pourraient se transformer en millions de litres de biodiesel, une solution de rechange prometteuse pour les véhicules au diesel.

Mais tout n’est pas perdu. Quand Abimbola Abiola, directeur de la recherche appliquée et scientifique en chef au Olds College Centre for Innovation, a compris qu’il pouvait donner une seconde vie aux déchets des cultures, il s’est penché sur le développement de mélanges renfermant du biodiesel à base de canola et les a mis à l’essai à titre de carburant de rechange.

M. Abiola et son équipe ont mis sur pied un laboratoire de biodiesel au Bioindustry Resource Centre du collège, ce qui a permis de faire passer de 40 000 à 250 000 litres sa capacité de production annuelle de biodiesel. Le mélange créé fonctionne sur les moteurs diesel ordinaires.

« Il n’a pas été nécessaire de concevoir des véhicules spéciaux pour rouler avec le biodiesel, dit le chercheur. De nos jours, la plupart des moteurs diesel peuvent fonctionner avec divers mélanges de biodiesel. » En fait, de nombreux camions sur le marché peuvent utiliser un mélange contenant jusqu’à 20 pour cent de biodiesel.

M. Abiola a engagé la collectivité dans ses recherches. Son équipe a non seulement utilisé un camion General Motors (GM) fourni par un concessionnaire local, Hildebrand Motors, mais au cours des dernières années, les véhicules du Olds College, du Town of Olds and Mountain View County, tout comme les autobus scolaires de la Chinook Edge School Division ont tous été alimentés au biodiesel créé. Des agriculteurs locaux, de petits entrepreneurs et des citoyens ont également participé aux essais.

Et on peut dire que les avantages sont vraiment intéressants. D’un point de vue environnemental, le biodiesel produit moins d’émissions de gaz à effet de serre et permet d’utiliser des matières qui seraient autrement jetées. Le carburant est aussi non toxique et biodégradable. Il est possible de produire et de vendre le biocarburant à 1 dollar le litre, c’est-à-dire moins cher que le prix du carburant ordinaire à la pompe. En outre, comme son pouvoir de lubrification est supérieur, il augmente l’efficacité des moteurs et diminue leurs frais d’entretien.

Malgré ces avantages, le chercheur estime que l’industrie du biodiesel au pays ne progresse pas comme elle le devrait. « C’est la sensibilisation qui fait défaut. Bien des gens ne savent pas que leur moteur diesel peut fonctionner avec des mélanges de biodiesel. »

Les récentes normes sur les carburants renouvelables (NCR) du gouvernement fédéral et des provinces rendent obligatoire l’ajout de biodiesel (deux pour cent) aux essences couramment offertes sur le marché. La plupart des sociétés d’énergie importent des biocarburants afin de se conformer aux nouvelles obligations. Par ses travaux, le chercheur tente de prouver que les biocarburants produits au Canada peuvent être économiquement rentables.

« Nous devons encourager le développement d’une industrie locale parce que ce n’est pas plus coûteux de produire du biodiesel ici au pays. » Il reste beaucoup de défis à relever pour que la collectivité emboîte le pas.

Commandité par l’un des plus importants fournisseurs d’énergie au Canada, l’ATCO Energy Sense Bus fait le plein régulièrement de carburant renouvelable à la pompe de biodiesel du collège Olds. Près de 20 partenaires de la collectivité utilisent également cette installation de biodiesel. (Mention de source : Amanda Farrant)