Colleges with edge

Illustration of a business woman looking through a telescope standing on the graduation cap of a female student, set against a blue sky with clouds.

Des collèges à la fine pointe

Grâce au Fonds collège-industrie pour l’innovation, des collèges à la grandeur du pays jouent un rôle de premier plan pour assurer la compétitivité des entreprises canadiennes
7 septembre 2016

La plupart des Canadiens dépendent de grandes exploitations agricoles qui transportent les fruits et légumes sur de longues distances. On observe aujourd’hui un mouvement en faveur de la production locale de fruits et de légumes, mais les petites fermes des milieux urbains et périurbains n’ont généralement pas la capacité nécessaire pour approvisionner des systèmes alimentaires régionaux viables. Pour soutenir ce virage, la Kwantlen Polytechnic University à Richmond, en Colombie-Britannique, construit actuellement un laboratoire de sciences végétales et d’essai de semences, une serre et une ferme expérimentale de 20 acres grâce à un financement de 670 000 dollars du Fonds collège-industrie pour l’innovation. Selon Rebecca Harbut, professeure d’agriculture durable, le projet vise à aider les petits exploitants à sélectionner les cultures appropriées et à mettre en place des systèmes de production durable – un domaine de recherche qui était jusqu’alors généralement réservé aux exploitations agricoles à grande échelle. « Le secteur évolue rapidement »,  précise Mme Harbut, qui collabore notamment avec une entreprise semencière et des agriculteurs biologiques, « mais nous ratons des occasions en raison de l’absence de données de recherche sur les cultivateurs qui possèdent de petites parcelles de terrain. » Le laboratoire, doté d’équipement de triage et d’analyse des semences, stimulera l’industrie naissante des semences biologiques de la province. La serre, les chambres de culture et le matériel de chromatographie serviront à des expériences sur des cultures à faibles intrants et à grande valeur ajoutée, y compris les verdures asiatiques en demande auprès de la population cosmopolite de la région. On peut mettre à l’essai des technologies novatrices telles que les robots pour les semences et les capteurs d’humidité du sol mis au point conjointement avec le département de physique de la Kwantlen Polytechnic University. Des rendements supérieurs et des coûts de main-d’œuvre plus bas pourraient ainsi aider les agriculteurs à cultiver des aliments plus sains à proximité de leurs marchés, en Colombie-Britannique et ailleurs.

Offrir de nouveaux débouchés pour les métaux et les fabricants

Les fabricants canadiens s’appuient sur des technologies novatrices et des produits à valeur ajoutée pour concurrencer les entreprises de pays où la main-d’œuvre et les matières premières sont moins chères. Depuis 1985, le Centre de métallurgie du Québec du Cégep de Trois-Rivières trouve des solutions aux problèmes du secteur métallurgique de la province. « Nous aidons les petites et grandes entreprises à améliorer leurs produits ou à en développer de nouveaux, à trouver des marchés de créneau et à garder des emplois manufacturiers ici », indique Nicolas Giguère, directeur des alliages avancés au centre. Afin de renforcer sa capacité à mener des analyses chimiques et des essais mécaniques et de corrosion précis pour ses clients industriels, le centre utilise le financement de la FCI pour acquérir cinq nouvelles pièces d’équipement : une paire de détecteurs pour microscope électronique à balayage qui permettront de mieux voir la microstructure, l’orientation des grains et la composition chimique des alliages dans la phase particulaire; un appareil d’essai de traction pour mesurer la résistance des métaux; un système Clemex Vision pour numériser les photographies microscopique; et un potentiostat électrochimique pour étudier la corrosion. Les recherches menées au Centre de métallurgie du Québec pourraient contribuer à accélérer certaines percées telles que des pièces d’avion imprimées en 3D pour les trains d’atterrissage et des soupapes en titane résistantes à la corrosion pour les raffineries et favoriser des avancées biomédicales comme des endoprothèses et prothèses de hanche améliorées. « Nous laissons la recherche fondamentale aux universités, précise M. Giguère. Nous faisons de la recherche appliquée pour mieux comprendre le comportement des métaux. » En plus d’aider plus de 150 clients à mettre au point des produits de grande qualité chaque année, le Centre contribue aussi à former « des gens de grande qualité » – des élèves de cégep qui travaillent en laboratoire et obtiennent des emplois d’été au centre.

Aider les petites entreprises d’aliments et de boissons à commercialiser plus rapidement leurs produits

Le Food Innovation and Research Studio du George Brown College ressemble à une cuisine commerciale extrêmement bien équipée, mais il n’est pas le domaine sur lequel règne un chef autoritaire. Les scientifiques des produits alimentaires et techniciens culinaires qui travaillent ici collaborent avec des partenaires du dynamique secteur de fabrication de produits alimentaires et de boissons du Grand Toronto – des petites et moyennes entreprises qui ont besoin d’expertise et d’équipement de recherche pour mettre au point et perfectionner leurs produits. Grâce au soutien de la FCI, le Food Innovation and Research Studio achètera plus de cinq douzaines de pièces d’équipement pour aider ses partenaires à s’occuper de questions telles que l’analyse sensorielle, les exigences d’étiquetage ainsi que l’expédition et l’entreposage. « Nous aidons les petites et moyennes entreprises à réduire le temps nécessaire pour mettre en marché leurs produits », explique Dawn Davidson, directeur de la recherche et de l’innovation au collège. « Quand elles le font seules, elles sont moins efficaces. » Les entrepreneurs ont souvent d’excellentes idées, mais ils ont besoin d’aide pour s’adapter à une distribution à grande échelle; il ne suffit pas de cuire une plus grosse quantité d’aliments. M. Davidson cite l’exemple de fabricants d’arepas (galettes d’origine latino-américaine) et d’eau infusée aux herbes et aux fruits qui ont pu profiter de ces partenariats avec l’atelier, qui vont de quelques jours pour une analyse nutritionnelle à plusieurs mois pour le développement d’un produit. Certaines entreprises possèdent parfois l’équipement nécessaire à la production, mais pas à la mise à l’essai, et sur le plan économique, il n’est pas rentable pour elles d’acheter ce matériel. Après avoir travaillé avec le Food Innovation and Research Studio, beaucoup d’entre elles comprennent toutefois mieux le processus de recherche et sont parfois plus enclines à investir dans la recherche et le développement à mesure qu’elles prennent de l’expansion.