Defining religious freedom

Définir la liberté religieuse

Une chercheure de l'Université d'Ottawa se penche sur les croyances religieuses
27 avril 2011

Pour certains, il est capital de pouvoir pratiquer sa religion en toute liberté, alors que pour d’autres, ce qui compte, c’est la liberté de n’en pratiquer aucune. Comment le Canada arrive-t-il à protéger les droits et libertés de sa population multiculturelle dans les limites imposées à la liberté religieuse par les tribunaux canadiens? Lori Beaman, professeure à l’Université d’Ottawa, tente de répondre à cette question et, ce faisant, aide les responsables de politiques à délimiter les frontières de la liberté religieuse au Canada et ailleurs dans le monde.

Beaman, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude de la religion dans le contexte multiculturel canadien, fait partie d’une équipe internationale dont le mandat est de déterminer la façon dont les gens définissent la liberté religieuse; cette équipe se compose de 36 chercheurs provenant de 24 universités et de cinq pays, de même que de décideurs des quatre coins du monde. « Comprendre le rôle complexe de la religion et son influence dans la société canadienne en particulier aide les décideurs à composer avec les diverses interprétations de la liberté religieuse, indique la chercheure. L’exercice est essentiel au maintien de la justice et de la liberté dans tous les pays. »

En sa qualité de responsable du Projet religion et diversité visant à interpréter les profils de la diversité religieuse en vue de créer une société juste et pacifique, elle veut clarifier les grandes questions de l’heure d’ordre religieux et social, comme l’application de la charia – ou loi islamique – dans un État laïque, la légalité de la polygamie et le rôle de la religion dans les débats publics au sujet du mariage entre conjoints de même sexe. En ouvrant un dialogue avec le grand public, les décideurs et les universitaires, ses recherches contribueront à l’adoption de lois et de politiques propres à protéger les libertés religieuses.

Beaman et ses collègues mènent la majeure partie de leurs recherches dans un centre financé par la FCI. Ce centre offre aux étudiants un espace privilégié pour constituer des groupes de discussion et mener des entrevues individuelles sur des questions liées à la liberté religieuse. Le centre accueille également divers événements, dont une nouvelle série de conférences animée par Lori Beaman et intitulée « Building Bridges ». En réunissant des universitaires de diverses disciplines, les conférences ouvrent la voie à de futures collaborations par les discussions continues qu’elles permettent entre des étudiants diplômés et le corps professoral.

Les recherches de Lori Beaman traduisent particulièrement bien la réalité canadienne. Ses plus récents travaux ont notamment mis l’accent sur le Projet de loi 94 du Québec, qui bannit le port du niqab en public, l’actuelle bataille constitutionnelle concernant la polygamie en Colombie-Britannique et les expériences religieuses des jeunes immigrants.

« Ce que j’espère, dit-elle, c’est que l’étude de ces questions contribuera à définir la nation canadienne – et ce qu’elle devrait aspirer à être. »