Family tree

De l'origine des familles

En quelques clics, une base de données démographiques unique en son genre permet de remonter aux sources de la société québécoise
1 septembre 2004
Savez-vous où est né votre arrière-arrière-grand-père? Quel métier exerçait-il? Sa situation économique était-elle meilleure que la vôtre? Combien de ses descendants — votre parenté — vivent encore dans la région?
 

Voilà le genre de questions que se posent les Québécois en fouillant leur arbre généalogique. Mais pour les généalogistes qui en font la passion d'une vie, elles peuvent devenir une source de pur enchantement.

Convenablement colligées et structurées, ces informations permettent aux généalogistes du Québec d'obtenir une image précise de la composition et de l'évolution démographique, génétique, sociale, économique et géographique de la population de la province, et même d'en analyser le bagage génétique.

Mais comment les chercheurs peuvent-ils passer au crible une telle masse d'informations? C'est ici qu'intervient le fichier informatique BALSAC, une base de données ultramoderne établie à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui sert à recueillir et classifier des renseignements démographiques sur la population québécoise à partir des registres civils. C'est grâce à la Fondation canadienne pour l'innovation que l'UQAC a pu renouveler son puissant système informatique capable de conserver, de classer et d'interroger selon des critères scientifiques normalisés cette base de données considérée comme le plus important fichier de population au monde.

« BALSAC nous aide à comprendre l'évolution socio-économique du Québec et même à suivre l'évolution géographique de certaines formes de cancer héréditaires, explique l'historien et sociologue Gérard Bouchard, directeur du projet à l'UQAC. Il nous est précieux pour la recherche pure autant que pour la recherche appliquée dans de nombreuses disciplines scientifiques. »

Si le fichier BALSAC est réputé pour sa facilité d'exploitation, on craint dans certains milieux qu'il devienne un peu trop aisé d'accéder à des renseignements de nature privée. C'est pourquoi son usage est réservé aux chercheurs qui s'engagent à respecter les directives d'un comité d'éthique formé exprès pour protéger les renseignements personnels.

« Ce fichier est particulièrement utile pour étudier le patrimoine et les mutations génétiques à l'origine de certaines maladies, indique le Dr Bernard Brais, neurogénéticien au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Montréal. Avant, on devait mettre des mois pour repérer ces mutations, tandis qu'avec BALSAC on y a accès en quelques secondes. »

Depuis 1989, le fichier inclut des données sur l'ensemble de la population du Québec et devrait, à terme, permettre de retracer l'évolution démographique de la population de la Nouvelle-France au Québec depuis quatre siècles, puis ses migrations vers l'Ontario, l'Ouest canadien et la Nouvelle-Angleterre.

Retombées

Ignorer l'histoire, c'est se condamner à la répéter, dit-on, mais c'est aussi se priver d'une importante source de renseignements qui aident à mieux comprendre le présent et à éviter les erreurs passées. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne l'occupation du territoire québécois et l'historique de son urbanisation.

C'est un désir d'étudier les origines de la population du Saguenay qui a poussé M. Bouchard à entreprendre, en 1971, le dépouillement des registres de naissance, de mariage et de décès de ses concitoyens pour en extraire des données socio-économiques qu'il pourrait alors classer et organiser dans une base de données. Depuis ces débuts modestes, le fichier BALSAC est devenu un précieux outil de recherche scientifique. Sociologues, historiens, géographes et généticiens s'en servent pour obtenir rapidement un portrait précis de l'évolution historique et de la composition de la société québécoise et pour étudier la structure sociale, la situation économique, l'identité culturelle, l'urbanisation et la prévalence de certaines maladies au Québec.

Les informations du fichier aident à mieux comprendre comment les besoins socio-culturels d'une population s'expriment dans l'aménagement du territoire et, surtout, comment s'est élaboré le tissu urbain qui influence tant les habitudes des citadins modernes. Selon Marc St-Hilaire, géographe de l'Université Laval, l'histoire de l'occupation des sols telle que recensée dans BALSAC pourrait nous éclairer dans l'aménagement de notre milieu de vie.

Les retombées du fichier BALSAC dépassent largement nos frontières. Les données du Fichier BALSAC sont utilisées présentement par des chercheurs de la France, des Pays-Bas, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande). En France et en Suisse, des groupes de chercheurs comptent s'en inspirer pour mettre sur pied leurs propres fichiers de population.

Partenaires

Financé à la fois par les secteurs public et privé, le projet BALSAC a pu compter sur l'aide des organismes suivants :

  • Université du Québec à Chicoutimi
  • Université Laval
  • Université McGill
  • Université de Montréal
  • Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi
  • Fonds de recherche en santé du Québec/Réseau de médecine génétique appliquée
  • Valorisation-Recherche Québec
  • Hydro-Québec
  • Fonds NATEQ
  • Conseil de recherches en sciences humaines du Canada
  • Ministère de l’éducation du Québec
  • Succession J. A. DeSève
  • Fondation Jean-Louis Levesque

L'infrastructure informatique à laquelle a contribué la FCI est sous la responsabilité de quatre universités québécoises : l'UQAC, l'Université McGill, l'Université Laval et l'Université de Montréal.

Pour en savoir plus

Visitez les sites Web du Centre de généalogie francophone d'Amérique et du Centre canadien de généalogie